Étude sur la sécurité alimentaire dans un estuaire brésilien
Des chercheurs se sont penchés sur l’impact des déchets miniers de fer sur les cultures cultivées dans les sols contaminés et leur capacité à absorber des éléments potentiellement toxiques. Cette étude se concentre sur le risque sanitaire des denrées alimentaires, en particulier dans l’estuaire du fleuve Doce au Brésil. Ils ont observé la transmission de ces contaminants du sol aux parties comestibles des plantes, une situation préoccupante pour la santé des jeunes enfants, notamment à cause des risques d’exposition prolongée.
Contexte de l’étude
Cette recherche a été menée dans la municipalité de Linhares, encore touchée par l’effondrement du barrage de Fundão survenu il y a dix ans dans l’État voisin de Minas Gerais. Des groupes de scientifiques en géochimie des sols, ingénierie environnementale, et santé de l’Université de São Paulo (USP) et d’autres institutions ont exploré les dangers sanitaires des bananes, maniocs et cacaos produits dans des sols affectés par ces déchets miniers.
Les sols de cette région présentent des concentrations élevées de cadmium, chrome, cuivre, nickel et plomb, liés aux oxydes de fer provenant des résidus miniers. Les résultats préliminaires suggèrent que les bananes cultivées dans ces sols pourraient poser un risque pour la santé des enfants de moins de six ans.
Destruction environnementale et sécurité alimentaire
Tiago Osório, agronome à l’USP, souligne l’urgence des recherches après l’accident. Dès la première semaine, il était clair que la contamination des sols, de l’eau et des poissons était une réalité préoccupante. L’étude publiée dans la revue Environmental Geochemistry and Health traite de la manière dont les cultures intègrent ces éléments toxiques et les transportent le long de la chaîne alimentaire.
Ce travail s’inscrit dans le cadre de la thèse de Amanda Duim, qui a déjà produit plusieurs publications reconnues et reçu des prix pour ses contributions à la recherche en durabilité. Cette recherche a été facilitée grâce à un bourse de doctorat financée par la FAPESP.
Le mécanisme de transfert des métaux dans l’environnement
Duim explique que l’étude est précieuse car elle établit un lien direct entre la contamination des sols et les risques pour la santé humaine. Par une analyse approfondie, ils ont démontré comment les contaminants transitent depuis le sol vers l’eau, puis vers les plantes, ce qui implique une forte corrélation entre la présence de métaux en sol et leur accumulation dans les végétaux.
Osório insiste sur l’importance de connaître la composition chimique des sols pour comprendre les dynamiques d’accumulation de ces éléments toxiques. Cela constitue un facteur essentiel pour évaluer les risques sanitaires.
Des implications alarmantes pour la consommation alimentaire
Une analyse des données montre que des risques importants sont associés à la consommation de produits cultivés dans ce sol contaminé. Les chercheurs ont découvert que tous les éléments, sauf le chrome, étaient plus concentrés dans les racines et tubercules des bananes et maniocs que dans les parties aériennes. À l’inverse, le cacao accumule davantage de métaux dans ses parties visibles, comme les fruits.
Des enfants en situation de vulnérabilité
L’équipe a ainsi produit une analyse des risques liés à la consommation de ces aliments. En évaluant les quotients de risque pour différents groupes d’âge, notamment pour les enfants de moins de six ans, ils ont mis en évidence que les bananes présentent un TRI (indice de risque total) supérieur à un, ce qui pourrait entraîner des effets néfastes sur la santé.
Les concentrations élevées de plomb et de cadmium dans les fruits sont préoccupantes, car même des doses faibles peuvent entrainer des effets neurologiques à long terme chez les enfants, y compris des troubles du comportement et un développement intellectuel compromis.
Risque carcinogène à long terme
Les chercheurs alertent sur le fait que la consommation continue de nourriture cultivée dans ces sols contaminés pourrait augmenter le risque de cancer à long terme. Cherubin, également impliquée dans l’étude, observe que des mutations ADN potentiellement induites par l’exposition à ces métaux pourraient mener à divers types de cancer au fur et à mesure que les années passent.
La situation reste critique, car l’absorption et la métabolisation de ces éléments toxiques varient d’un individu à l’autre, influençant le degré de risque encouru.
FAQ
Quelle est l’origine de la contamination des sols à Linhares ?
La contamination provient de l’effondrement du barrage de Fundão, qui a libéré d’énormes quantités de déchets miniers dans l’environnement.
Quels sont les principaux dangers pour la santé identifiés par l’étude ?
Les principales menaces incluent la contamination par le plomb et le cadmium, qui peuvent nuire au développement neurologique des jeunes enfants et augmenter les risques de maladies graves à long terme.
Comment les recherches ont-elles été financées ?
La recherche a reçu un soutien significatif de la FAPESP et d’autres organismes brésiliens à travers des bourses et des subventions.
Quelles cultes sont les plus touchées par cette contamination ?
L’étude révèle que les bananes, maniocs, et cacaos cultivés dans les sols contaminés présentent des niveaux élevés de métaux toxiques.
Quelles sont les recommandations pour les populations locales ?
Il est conseillé de limiter la consommation de produits cultivés sur ces sols contaminés, surtout pour les enfants, afin de réduire les risques pour la santé.
