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<em>Image : Gumuskaya et al. 2023/Advanced Science, CC BY-SA</em>
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L’émergence des biobots : une nouvelle frontière de la biologie
Au cours des dernières années, des* chercheurs ont réalisé d’importantes avancées en transforme des cellules d’organismes variés en robots biologiques. Cette recherche innovante fait progresser de manière significative le domaine de la biologie synthétique.
Les anthrobots et les xenobots
Certains de ces robots, appelés anthrobots, sont constitués de cellules humaines capables de s’assembler pour créer de petites structures poilues, capables de se déplacer par elles-mêmes. D’autres, les xenobots, sont issus de cellules de grenouilles déjà mortes, affichant des comportements étonnants tels que la capacité d’exécuter des tâches simples et même de se répliquer.
Une nouvelle réflexion sur la vie et la mort
Récemment, des scientifiques ont publié une revue dans la revue Physiology, examinant les implications de l’utilisation de cellules de ces organismes – qu’ils soient vivants ou morts – pour les transformer en machines aux fonctionnalités inédites. Cette approche suggère l’existence d’un “troisième état” biologique, qui défie les notions traditionnelles de vie et de mort.
Défis conceptuels
Les biologistes Peter Noble et Alex Pozhitkov, qui sont les co-auteurs de cette étude, expliquent que ce troisième état remet en question la compréhension habituelle du comportement cellulaire. Selon eux, il existe peu d’exemples d’organismes qui évoluent de manière non prédéterminée. Bien que la métamorphose des chenilles en papillons soit un changement radical, cela fait encore partie d’un parcours biologique préétabli. Les cellules cancéreuses, en revanche, ne sont pas considérées comme un exemple de transformation fonctionnelle.
Les capacités surprenantes des biobots
La distinction majeure des biobots réside dans le fait qu’ils acquièrent de nouvelles fonctions : par exemple, les anthrobots, dérivés de cellules pulmonaires humaines, ont démontré leur capacité à réparer des cellules neuronales endommagées à proximité dans une boîte de pétri, se déplaçant autonomement à l’aide de structures appelées cils. Ces anthrobots n’ont pas été programmés, ils ont simplement agi par eux-mêmes.
D’autre part, les xenobots affichent également une mobilité basée sur les cils, une novation dans cette recherche, car dans les cellules de grenouilles d’où ils proviennent, les cils servaient à déplacer le mucus, pas les cellules. De plus, ces xenobots peuvent se répliquer sans se développer, ce qui leur permet de se réparer, en quelque sorte.
Implications pour la biologie et la médecine
Ces découvertes soulignent la plasticité des systèmes cellulaires et interrogent l’idée selon laquelle les cellules et les organismes évoluent uniquement de manière prévisible. Noble et Pozhitkov soulignent que le décès des organismes pourrait influencer de manière significative la transformation de la vie au fil du temps.
En général, les biobots ne vivent pas plus de 60 jours et se biodégradent après leur mort. Toutefois, les chercheurs s’interrogent sur la raison pour laquelle ces cellules transformées peuvent survivre aussi longtemps après la mort de l’organisme d’origine. La portée de leur capacité à développer des nouvelles fonctions après la mort reste également floue.
Perspectives prometteuses pour la médecine
Bien que ces recherches puissent sembler effrayantes, elles ouvrent la voie à de nouvelles possibilités médicales et thérapeutiques. Par exemple, des anthrobots fabriqués à partir des cellules d’un patient pourraient être conçus pour réparer des cellules endommagées, délivrer des médicaments ou éliminer des cellules cancéreuses.
Les chercheurs concluent que mieux comprendre les processus par lesquels certaines cellules continuent à fonctionner après la mort d’un organisme pourrait conduire à des avancées majeures en matière de médecine personnalisée et préventive.
FAQ
Comment les biobots se déplacent-ils ?
Les biobots peuvent se déplacer grâce à des structures appelées cils, qui leur permettent d’interagir avec leur environnement.
Que se passe-t-il lorsque les biobots meurent ?
Après leur mort, les biobots se biodégradent en toute sécurité dans l’environnement, ne laissant pas de résidus nuisibles.
Les biobots peuvent-ils être utilisés pour des applications médicales ?
Oui, les biobots ont le potentiel d’être utilisés dans la réparation des cellules, la distribution de médicaments et l’élimination de tumeurs.
Quelle est la durée de vie typique d’un biobot ?
Un biobot a une durée de vie d’environ 60 jours avant de mourir et de se décomposer naturellement.
Quelle est la différence entre les anthrobots et les xenobots ?
Les anthrobots utilisent des cellules humaines, tandis que les xenobots proviennent de cellules de grenouilles mortes, offrant ainsi des capacités distinctes.
