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Washington s’apprête à abolir une règle de radiation vieille de 50 ans pour favoriser l’essor de l’IA sous l’impulsion de Trump.

Washington s'apprête à abolir une règle de radiation vieille de 50 ans pour favoriser l'essor de l'IA sous l'impulsion de Trump.

Crédit photo : Seth Wenig / AP

Comprendre la proposition de modification des règles fédérales

Un changement potentiel dans les règles des autorités fédérales pourrait modifier un des principes de sécurité les plus anciens concernant la surveillance nucléaire aux États-Unis. En effet, la demande croissante d’électricité, amplifiée par l’expansion des centres de données pour l’intelligence artificielle, pousse l’administration Trump à accélérer la croissance nucléaire.

Détails de la proposition

D’après un rapport d’OPB, la Commission de réglementation nucléaire (NRC) envisage de supprimer la norme de sécurité en matière de radiations connue sous le nom de “As Low As Reasonably Achievable” (ALARA), utilisée pendant des décennies pour établir des pratiques de protection. Cette modification ne toucherait pas les plafonds d’exposition légaux, mais éliminerait l’attente selon laquelle les entreprises doivent maintenir les doses en dessous de ces limites chaque fois que cela est possible.

Les plafonds annuels d’exposition resteraient à 5 rem pour les travailleurs et 0,1 rem pour le public. Toutefois, la NRC pourrait introduire une extension de limite de dose professionnelle planifiée, permettant à certains travailleurs d’être exposés à un maximum de 10 rem en une seule année, tant que l’exposition totale sur cinq ans ne dépasse pas 25 rem. Bien que cette modification puisse faciliter la construction et l’exploitation de nouveaux réacteurs, notamment des modèles plus petits considérés comme fiables pour une énergie à faible émission de carbone, elle pourrait diminuer les protections qui ont jusqu’à présent limité l’exposition des travailleurs et des résidents.

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Contexte et implications

Le débat autour de cette proposition tourne autour des risques liés à la radiation à des doses plus faibles. David Brenner, directeur du Centre de recherche radiologique à l’Université de Columbia, a mentionné qu’à des doses élevées, il y a un consensus sur le fait que la radiation peut provoquer le cancer. Cependant, à des doses plus faibles, on a du mal à mesurer tout danger supplémentaire puisque le cancer est déjà répandu dans la population générale.

La politique ALARA a émergé devant cette incertitude pour non seulement établir une limite stricte, mais aussi pour encourager les expositions à rester sous ces seuils autant que possible. Edwin Lyman, expert en sécurité nucléaire à l’Union des scientifiques avertis, a averti que la suppression d’ALARA affaiblirait la pression sur les entreprises pour maintenir des pratiques de sécurité solides.

Emily Caffrey, physicienne en santé radiationnelle à l’Université de l’Alabama à Birmingham, a ajouté que cette norme avait créé une certaine confusion, puisque ce qui est jugé ‘‘raisonnable’’ peut varier d’une personne à l’autre. Même si l’énergie nucléaire permet de produire d’importantes quantités d’électricité sans les pollutions atmosphériques liées à la combustion de charbon, de gaz et de pétrole, elle pose aussi des questions sur les déchets radioactifs, la sécurité des installations, les coûts initiaux élevés et les relations avec la prolifération des armes.

Quelles actions sont envisagées ?

La NRC affirme que les modifications proposées visent à moderniser ses régulations sans contredire la science qui sous-tend leur décision. Cela signifie que l’agence planifie de supprimer ALARA tout en maintenant le modèle “Linear No Threshold” pour évaluer le risque de radiation. Ho Nieh, président de la NRC, a signalé que l’ambiguïté d’ALARA compliquait la tâche des concepteurs de réacteurs, surtout à un moment où le gouvernement fédéral cherche à avancer plus rapidement sur de nouveaux projets nucléaires.

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Les travailleurs, les résidents à proximité, ainsi que les experts médicaux et les organisations industrielles disposent jusqu’au 31 août pour faire part à l’agence de leur point de vue sur la suffisance des limites d’exposition fixes, ou si l’obligation de réduire les expositions lorsque cela est possible devrait perdurer. Ce débat est probable de se prolonger, alors que les États-Unis s’efforcent de répondre aux besoins en électricité croissants des technologies énergivores comme les centres de données, tout en jonglant avec la santé publique, les objectifs climatiques et la croissance économique.

Caffrey a souligné la nécessité d’établir une norme précise, car les notions de “raisonnable” varient trop. Lyman, de son côté, a mis en garde contre le risque que cette décision minimise l’impact des expositions à la radiation ionisante.

Pour en savoir plus

La hausse de la demande en électricité rend nécessaires de nouvelles options de production et une infrastructure appropriée. La proposition de nouveaux réacteurs nucléaires et une activité accrue dans ce domaine font partie des solutions envisagées, mais cela ne doit pas se faire au détriment de la santé des travailleurs.

  • Dans le Michigan : L’État a envisagé la réactivation de la centrale de Palisades face à l’augmentation de la demande électrique.

  • À Washington : Les experts ont discuté des défis critiques liés aux petits réacteurs alors que les développeurs cherchent à les déployer.

  • À l’échelle nationale : Des chercheurs ont suggéré que d’anciens sites de centrales à charbon pourraient être reconvertis en sites nucléaires grâce à leurs connexions existantes au réseau électrique.

  • L’énergie nucléaire offre des avantages considérables, mais elle est également associée à des préoccupations concernant les déchets et la sécurité.

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Les responsables fédéraux souhaitent accélérer le développement nucléaire, mais ils devraient prêter attention aux préoccupations des experts lorsqu’ils envisagent d’augmenter l’approvisionnement énergétique.

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FAQ

Qu’est-ce qu’ALARA ?

ALARA, qui signifie “As Low As Reasonably Achievable”, est un principe de réglementation qui vise à minimiser l’exposition des travailleurs et du public aux radiations en maintenant les doses aussi basses que raisonnablement possible.

Pourquoi est-il important de maintenir la norme ALARA ?

La norme ALARA a été mise en place pour protéger non seulement les travailleurs, mais aussi les communautés environnantes contre les effets potentiellement nocifs des expositions à la radiation.

Quels sont les risques associés à l’augmentation de l’exposition à la radiation ?

Une exposition accrue à la radiation peut augmenter le risque de cancers et d’autres problèmes de santé à long terme, particulièrement à des niveaux faibles qui sont souvent difficiles à quantifier.

Comment la suppression d’ALARA affecte-t-elle la sécurité des travailleurs ?

La suppression de la norme ALARA pourrait réduire les incitations pour les entreprises à établir des pratiques de sécurité strictes, ce qui pourrait mettre en danger la santé des travailleurs.

Quel impact la demande croissante d’électricité a-t-elle sur le débat nucléaire ?

L’accroissement des besoins énergétiques, notamment lié aux nouvelles technologies, pousse les décideurs à envisager rapidement l’infrastructure nucléaire et les ajustements réglementaires, ce qui pourrait compromettre la sécurité si des mesures adéquates ne sont pas maintenues.