Des chercheurs ont récemment identifié une nouvelle espèce de vipère à pitons, précédemment inconnue, habitant dans des grottes au Laos. Cette espèce se distingue par son museau jaune-orangé. Les scientifiques l’ont découverte sur les parois des cavernes et dans des formations de calcaire, dans un paysage karstique de la province de Vientiane.
Faits essentiels à retenir
Une étude publiée dans la revue *Herpetozoa* a révélé qu’un travail de terrain dans le district de Vang Vieng, en octobre 2024, a conduit à la classification de cet animal sous le nom de **Protobothrops flavirostris**. Cette découverte a été rapportée par Bioengineer.org. L’identification repose sur un spécimen femelle adulte recueilli près de la grotte de Khan Kham, ainsi que sur des photos de trois autres serpents observés dans des grottes environnantes.
Avec cette nouvelle espèce, le Laos possède désormais trois espèces de **Protobothrops** documentées, alors que le genre compte un total de 16 espèces à travers le monde. Les vipères à pitons **Protobothrops**, appartenant au groupe des vipères à tête de lance d’Asie, sont extrêmement venimeuses et peuvent représenter un danger pour les humains.
Pour établir que ce serpent était vraiment une nouvelle espèce, les chercheurs se sont appuyés sur des données ADN. Ils ont analysé 6 092 paires de bases alignées sur cinq gènes mitochondriaux et deux gènes nucléaires, puis ont utilisé des méthodes de Maximum Likelihood et d’Inference Bayésienne pour déterminer son positionnement au sein du genre.
Les analyses ont montré que le spécimen laotien représentait une lignée très distincte, avec pour proche cousin connu le **P. kelomohy**, observé pour la première fois dans le nord-ouest de la Thaïlande en 2020.
Contexte et observations
Les quatre individus enregistrés ont été aperçus se déplaçant sur les surfaces des grottes, que ce soit sur les murs, les stalactites ou les roches de calcaire à découvert.
Il est de plus en plus fréquent que des rencontres entre humains et animaux sauvages se multiplient, notamment à mesure que les gens passent plus de temps dans les habitats des animaux ou modifient ces espaces. Ce phénomène a été examiné dans des analyses concernant les raisons pour lesquelles les animaux sauvages attaquent les humains.
Les recherches menées dans ces grottes suggèrent que cette espèce était restée méconnue malgré sa proximité immédiate avec les êtres humains.
Il semble que les communautés locales n’étaient pas totalement ignorantes de la présence du serpent. Les observations de ce serpent se concentraient principalement au début et à la fin de la saison des pluies, corroborant les dires des villageois Hmong de la région.
L’identification précise des serpents venimeux possède également une valeur pratique : dans les régions où plusieurs vipères à pitons cohabitent, il devient essentiel pour les médecins et les secouristes de ne pas confondre les espèces après un accident de morsure.
Que fait-on à ce sujet ?
Pour capturer l’échantillon type, l’équipe a utilisé des crochets spécialisés. Ils l’ont photographié pendant qu’il était vivant et l’ont ensuite déposé dans la collection de l’Université nationale du Laos à Vientiane.
Avant de conserver ce spécimen, les chercheurs ont prélevé des échantillons de foie et de cœur qu’ils ont immergés dans de l’éthanol à 96 %, fournissant ainsi le matériel génétique nécessaire pour évaluer son caractère distinctif.
Cette analyse ADN a montré que la population laotienne avait ses propres haplotypes nucléaires, absents des autres espèces de *Protobothrops* échantillonnées ayant des données de séquence comparables.
La morphologie des spécimens soutenait également les résultats des laboratoires. La femelle adulte mesurait 82,5 cm et possédait des caractéristiques spécifiques telles qu’un pelage brun foncé à noir, des taches en forme de croix d’un rouge-brun prononcé, et un museau et une extrémité de la queue d’un jaune vif.
Les chercheurs ont ensuite comparé le spécimen à chacune des 15 espèces déjà reconnues dans le genre. En raison de son isolement géographique dans les karsts de calcaire du Laos et des différences observées, ils ont justifié la reconnaissance d’une nouvelle espèce plutôt qu’une variante locale d’une espèce déjà connue.
Où puis-je en apprendre davantage ?
Les découvertes de serpents en Asie illustrent combien les enquêtes sur le terrain et les travaux ADN continuent de bouleverser la compréhension des reptiles venimeux. Voici quelques exemples de découvertes récentes :
- Au Myanmar, une vipère à pitons qui semblait être deux serpents s’est avérée être une espèce distincte.
- Dans les montagnes du Pakistan, l’analyse ADN a révélé trois nouvelles espèces au sein d’une énigme de 160 ans.
- Dans une forêt en Inde, les chercheurs ont découvert un serpent bizarre possédant des dents pointues.
- Dans la steppe d’Ouzbékistan, un cobra caspien sauvage offrait un venin mortel avec des promesses de traitement contre le cancer.
- Dans la province du Fujian, les scientifiques se sont aventurés dans une forêt montagneuse et ont réalisé une découverte rare d’un serpent rarement observé.
Inscrivez-vous à la newsletter gratuite de TCD pour des conseils pratiques et avoir une chance de gagner 5 000 $ pour vos améliorations domiciliaires. Pour voir d’autres récits similaires, modifiez vos préférences Google ici.
FAQ
Quelle est l’importance de l’identification des serpents venimeux ?
L’identification précise des serpents venimeux est cruciale pour gérer les morsures et pour que les professionnels de la santé puissent administrer le traitement approprié rapidement.
Où trouve-t-on la vipère à pitons récemment découverte ?
Cette vipère se trouve principalement dans les formations de calcaire et sur les parois des grottes de la province de Vientiane, au Laos.
Pourquoi les rencontres entre humains et serpents venimeux augmentent-elles ?
Avec l’expansion des zones urbaines et l’exploration accrue des habitats naturels, les occasions de rencontre entre humains et animaux sauvages, y compris les serpents venimeux, deviennent plus fréquentes.
Que peuvent faire les communautés locales pour mieux cohabiter avec ces serpents ?
Les communautés peuvent être éduquées sur la biologie de ces serpents, leur comportement et les mesures de sécurité à prendre en cas de morsures pour vivre en harmonie avec leur environnement.
Quel rôle jouent les études ADN dans la classification des espèces ?
Les études ADN permettent de comparer les gènes des espèces et d’établir des différences génétiques significatives, contribuant ainsi à une classification plus précise des espèces, souvent invisibles par le simple examen morphologique.
