Après avoir constaté que certaines régions d’Osaka, au Japon, avaient chuté de près de 3 mètres à cause d’une exploitation excessive des eaux souterraines, de nouvelles recherches révèlent que la ville commence à se relever. Ce phénomène, autrefois considéré comme improbable par les scientifiques, pose des questions cruciales pour les communautés côtières qui doivent faire face à la fois à la subsidence des terres et à la montée du niveau des mers.
Comprendre la situation
Des chercheurs de Radio Nouvelle-Zélande ont voulu savoir si les terres qui s’enfoncent à cause de l’extraction d’eau souterraine peuvent effectivement remonter lorsque les niveaux d’eau souterraine sont rétablis. À Osaka, après plusieurs décennies de réglementation sur l’eau, il semblerait que le sol soit en train de se relever. Il est important de noter qu’après avoir dragué trop d’eau en profondeur, la ville s’était affaissée de presque 3 mètres dans certains secteurs.
Le scientifique néo-zélandais Jesse Kearse, co-auteur de l’étude, a souligné qu’Osaka était un exemple pertinent auquel on peut se référer. Les chercheurs ont pu croiser plusieurs années d’extraction d’eau avec des enregistrements sur le mouvement vertical du sol dans la ville.
“Dans les années 1900, la ville a réalisé qu’elle pompait trop d’eau, ce qui a entraîné une sédimentation extrême. Cela a donc conduit à un effondrement du sol,” explique Kearse.
À l’aide de mesures satellites répétées et du suivi à long terme via des puits pouvant aller jusqu’à 500 mètres de profondeur, les scientifiques ont observé un lent rétablissement des niveaux de l’eau souterraine. Les données récoltées montrent un processus de remplissage comparable aux 50 ou 60 ans qui ont suivi l’instauration de réglementations strictes dans les années 1960.
Une ressource en voie de rétablissement
“Osaka est en pleine remontée,” mentionne Kearse. Il compare le phénomène sous la ville à un énorme ballon de baudruche. Lorsque l’eau est pompée, le ballon se dégonfle, provoquant ainsi une baisse du niveau du sol. Mais lorsque l’eau souterraine se régénère, le ballon se regonfle, faisant ainsi remonter la ville.
Implications pour les villes côtières
Les résultats de cette étude revêtent une importance particulière pour les villes côtières. Kearse souligne que la subsidence des terres peut aggraver les risques d’inondation liés à l’élévation du niveau de la mer. Il souligne également que cette recherche a des ramifications pour des endroits comme la Nouvelle-Zélande, où environ 80 % de la côte est en train de s’affaisser, tout en anticipant une augmentation de la demande en eau douce à cause du réchauffement climatique.
Pour l’instant, il n’existe pas d’exemple clair en Nouvelle-Zélande d’une ville dont l’affaissement puisse être directement attribué à une exploitation excessive des eaux souterraines. Kearse précise que le pays n’en est pas encore au même stade que d’autres régions du monde en matière de subsidence.
L’affaissement inégal du sol peut également créer des stress sur les infrastructures essentielles. “Lorsque des canalisations se retrouvent sous le sol et que certaines parties s’affaissent différemment, cela engendre des contraintes sur les infrastructures,” a-t-il ajouté. “Des routes se fissurent et des bâtiments penchent, ce qui n’est pas souhaitable.”
De plus, l’étude a mis en évidence que les zones de soulèvement et d’affaissement suivent souvent des failles géologiques connues. Ces fissures souterraines peuvent agir comme des barrages, modifiant le flux d’eau souterraine et provoquant des dommages concentrés dans certains corridors urbains.
Quelles actions ont été entreprises ?
Face à ce phénomène, Osaka a instauré des règles strictes concernant l’eau souterraine, permettant aux réserves d’eau de se redresser petit à petit. Selon Kearse, il est désormais possible pour les scientifiques de prédire avec une grande précision où les dommages sont les plus probables, ce qui donne aux villes une meilleure chance de protéger leurs infrastructures avant que la subsidence ne cause des problèmes.
Conclusion
La subsidence des terres modifie les paysages urbains et les infrastructures à travers le monde. Des cas similaires peuvent être observés dans plusieurs régions :
- En Arizona, certaines villes s’enfoncent de 7,5 centimètres par an en raison de l’épuisement des eaux souterraines.
- À Mexico, le métro subit de fortes pressions à cause de l’affaissement des quartiers, atteignant 50 centimètres chaque année.
- En Chine, plusieurs grandes villes continuent de s’enfoncer, et la subsidence est devenue un problème national, surtout dans les zones côtières vulnérables.
- À La Nouvelle-Orléans, le phénomène de sinking exacerbe l’élévation du niveau de la mer et complique les enjeux d’infrastructure.
FAQ
Quelles sont les conséquences de la subsidence sur les infrastructures urbaines ?
La subsidence inégale peut causer des fissures dans les routes, des dommages sur les structures et un stress accru sur les canalisations, rendant les infrastructures moins sûres.
Comment les villes peuvent-elles se préparer à la montée du niveau de la mer ?
Plutôt que d’attendre une montée inévitable, les villes peuvent mettre en place des réglementations sur l’utilisation des ressources en eau et investir dans des infrastructures adaptées pour contrer les effets de la montée des eaux.
Y a-t-il des villes dans le monde qui réussissent à gérer la subsidence ?
Certaines villes adoptent des politiques strictes sur l’extraction de l’eau, comme Osaka, ce qui leur permet de récupérer des terres autrefois affaissées.
Quels pays sont les plus touchés par la subsidence ?
Les pays en développement et avec de fortes populations côtières, comme le Mexique et certaines régions de la Chine, sont particulièrement touchés par la subsidence en raison de l’exploitation excessive de l’eau et d’autres facteurs environnementaux.
Quelle est l’importance de la recherche sur la subsidence ?
Ces études aident à mieux comprendre les défis liés au changement climatique et à élaborer des stratégies efficaces pour protéger les villes contre les risques associés.
