Pression accrue sur les émissions de méthane
Les Nations Unies intensifient leur lutte contre les émissions de méthane provenant de l’industrie pétrolière et gazière, reconnues pour leur rôle dans le réchauffement climatique. Bien que le méthane soit produit par divers secteurs comme l’agriculture, les déchets et la production d’énergie, un rapport récent met en avant que les activités liées aux hydrocarbures offrent les possibilités les plus rapides et significatives pour un changement positif.
État des lieux
D’après un rapport publié par le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, les émissions de méthane sont analysées de manière sectorielle. En termes de contribution, l’agriculture est responsable de près de 42% des émissions humaines de méthane dans le monde, tandis que les combustibles fossiles représentent environ 38% et les déchets 20%. Bien que l’industrie des combustibles fossiles ne soit pas la principale source des émissions, elle dispose d’un potentiel considérable pour réduire ces émissions grâce à des technologies déjà disponibles.
Les mesures envisageables incluent l’utilisation de caméras infrarouges et de capteurs à distance pour détecter les fuites, le remplacement de l’équipement émetteur de méthane en grande quantité, ainsi que la capture du gaz qui serait autrement évacué ou brûlé. Un fait marquant est qu’en 2024, environ 5,3 trillions de pieds cubes de gaz naturel ont été brûlés dans le monde, ce qui équivaut à la consommation annuelle totale de gaz de l’Afrique.
Importance de la situation
Le méthane est un gaz à effet de serre particulièrement puissant, et sa réduction pourrait ralentir le réchauffement climatique plus rapidement que d’autres stratégies. Les fuites de combustibles fossiles sont aussi en grande partie évitables. En parallèle, l’industrie pétrolière et gazière a des conséquences néfastes sur les communautés, allant au-delà des simples chiffres d’émissions. Les processus d’extraction, de production et de combustion exacerbent les catastrophes climatiques, affectant les habitations, les emplois et les économies locales. De plus, la pollution de l’air et de l’eau, souvent liée à ces activités, contribue à des problèmes de santé comme l’asthme, les maladies cardiaques et le cancer. Par ailleurs, les ménages continuent de subir de fortes dépenses énergétiques malgré des profits élevés pour les entreprises.
L’intervention des lobbys industriels peut freiner la transition vers des solutions énergétiques plus propres et plus abordables, contribuant ainsi à des coûts élevés pour les familles.
Avec l’amélioration des technologies de suivi du méthane, la responsabilité des émissions évolue. Plutôt que de se fier uniquement aux auto-évaluations des entreprises, de nouveaux systèmes satellitaires permettent de repérer des émissions majeures dans un délai de quelques jours. Au début de l’année 2026, le Système d’Alerte et de Réponse à la Méthane des Nations Unies avait émis plus de 5,000 alertes dans 33 pays, mais seulement 12% de ces alertes ont reçu une réponse documentée l’année précédente.
Actions mises en place
Pour renforcer l’efficacité de ces mesures, l’ONU exhorte les pays et les opérateurs à adopter une démarche plus proactive. Les attentes sont claires : le Secrétaire général souhaite que le taux de réponse documentée atteigne au moins 80% d’ici 2030. Cela nécessitera des efforts pour localiser et réparer les fuites.
Le rapport prône également des mesures de mesure et de divulgation du méthane plus strictes, comprenant un suivi au niveau des actifs, une vérification par des tiers et la création d’une référence mondialement reconnue pour l’intensité du méthane. Ces pratiques de documentation pourraient influencer significativement le financement, les achats et l’accès aux marchés internationaux.
La Norvège est citée en exemple, ayant interdit les brûlages habituels dès 1971, introduit des taxes sur le méthane et les émissions de carbone issues de la production pétrolière en 1991, et les a augmentées en 2017. Aujourd’hui, ce pays affiche l’une des plus faibles intensités de méthane dans le secteur pétrolier et gazier. Si le reste du monde atteignait ce niveau, on pourrait envisager une réduction de plus de 90% des émissions de méthane du secteur.
FAQ
Qu’est-ce que le méthane et pourquoi est-il important ?
Le méthane est un gaz à effet de serre potentiellement plus nocif que le dioxyde de carbone pour le climat. Il est crucial de le réduire rapidement pour limiter le réchauffement climatique.
Comment les nouvelles technologies aident-elles à suivre les émissions de méthane ?
Les satellites et autres technologies avancées permettent de détecter les fuites de méthane rapidement, ce qui facilite la réaction des entreprises et des gouvernements.
Quels sont les effets du méthane sur la santé publique ?
En contribuant à la pollution de l’air, le méthane peut aggraver des conditions de santé telles que l’asthme, les maladies cardiovasculaires et d’autres problèmes respiratoires.
Peut-on réduire les émissions de méthane par des actions individuelles ?
Oui, les choix de consommation, comme l’utilisation d’énergies renouvelables et des pratiques agricoles durables, peuvent contribuer à diminuer les émissions de méthane.
Quel est l’impact économique de la transition vers des énergies plus propres ?
Bien que la transition puisse nécessiter des investissements initiaux, elle peut offrir des économies à long terme grâce à la réduction des coûts énergétiques et à la création d’emplois dans le secteur des énergies renouvelables.
