Un appel à l’action face à la pollution de l’air intérieur
Un chercheur s’intéressant à la pollution de l’air intérieur présente cette problématique comme une urgence sanitaire mondiale et exhorte les acteurs concernés à agir.
Quel est le contexte ?
Vikram Niranjan, un épidémiologiste, a participé à une étude analysant l’évolution de l’exposition à la pollution de l’air domestique entre 1990 et 2021 dans 204 pays. Lors d’une publication pour The Conversation à la fin de 2025, il a souligné le caractère alarmant de cette menace pour la santé, largement liée à l’utilisation de combustibles polluants comme les cuisinières à bois.
Bien que l’usage de combustibles solides comme le bois et le charbon ait diminué dans certaines régions, l’exposition à la pollution d’intérieur reste une réalité prévalente, avec des conséquences sanitaires graves. Niranjan précise que les pays à revenu élevé ont observé une réduction des cas d’exposition grâce à une transition vers des options de cuisson moins polluantes, tandis que de nombreuses régions en Afrique et en Asie du Sud manquent encore d’accès à des combustibles plus propres.
Pourquoi cette situation est-elle préoccupante ?
La publication de cette étude en avril dernier met en lumière les inégalités mondiales en matière d’accès à des combustibles plus propres et à une qualité de l’air intérieur acceptable.
Cette situation est inquiétante car la pollution de l’air intérieur est associée à divers risques pour la santé. Niranjan cite des recherches qui établissent un lien entre l’exposition des enfants à la pollution et des problèmes de développement cognitif, ainsi qu’une vulnérabilité respiratoire accrue. De plus, des données de l’Programme des Nations Unies pour l’environnement indiquent qu’environ 4 millions de personnes décèdent prématurément chaque année en raison de cette pollution.
L’étude révèle également des différences marquées entre les pays à faible et à haut revenu. Par exemple, les cuisinières à gaz, bien que plus courantes dans les pays développés, émettent des substances nocives telles que le benzène et le dioxyde d’azote dans les foyers. Une étude récente a même estimé qu’une enfant sur huit souffrant d’asthme aux États-Unis doit sa condition à ces appareils.
Quelles sont les actions entreprises concernant la qualité de l’air intérieur ?
Niranjan souligne que les résultats de son équipe pourraient influencer les investissements dans les énergies renouvelables, orienter les politiques de santé et sensibiliser le public aux risques. Il appelle également les gouvernements et les partenaires au développement à affronter la transition vers des combustibles moins polluants en améliorant les infrastructures nécessaires.
Il souligne clairement que des subventions pourraient aider les familles à adopter des alternatives plus propres. Les cuisinières à induction, par exemple, offrent une méthode de cuisson plus sûre, car elles utilisent l’électricité pour chauffer directement les ustensiles, sans émettre les polluants toxiques associés aux cuisinières à gaz. Certaines familles aux États-Unis en bénéficient déjà grâce à des remises qui facilitent l’accès à ces appareils. Un plaidoyer pour une accessibilité élargie dans les zones les plus affectées par les combustibles polluants pourrait faire une différence significative.
De plus, Niranjan plaide pour une amélioration des systèmes de diagnostic et de traitement des maladies chroniques liées à la pollution de l’air domestique.
Il conclut en affirmant que réduire la fumée dans les habitations peut entraîner moins de maladies chroniques, moins de décès prématurés et un renforcement des bases de la santé mondiale. Si les progrès se heurtent à des obstacles, ce sont principalement les régions les moins préparées qui en supporteront le poids le plus lourd.
FAQ
Quels sont les principaux risques liés à la pollution de l’air intérieur ?
La pollution de l’air intérieur peut causer des problèmes respiratoires, des maladies cardiovasculaires et affecter le développement cognitif chez les enfants.
Quelles solutions peuvent être mises en place pour réduire la pollution de l’air domestique ?
Des alternatives comme les cuisinières à induction, l’accès à des combustibles renouvelables et des politiques de subvention peuvent aider à réduire la dépendance aux combustibles polluants.
Comment les gouvernements peuvent-ils aider à améliorer la qualité de l’air ?
Les gouvernements peuvent investir dans des infrastructures de cuisson propres, offrir des subventions pour des appareils moins polluants et promouvoir des campagnes de sensibilisation sur les dangers de la pollution de l’air intérieur.
Existe-t-il des données précises sur les décès dus à la pollution de l’air ?
Oui, des études internationales estiment que près de 4 millions de personnes meurent prématurément chaque année à cause de la pollution de l’air intérieur.
Quels pays sont les plus touchés par ce problème ?
Les pays à faible revenu en Afrique et en Asie du Sud sont particulièrement touchés, où l’accès à des combustibles plus propres et aux technologies de cuisson appropriées reste limité.
