Une organisation dédiée à l’environnement s’allie avec une administration canadienne pour s’attaquer aux plastiques issus de l’agriculture. L’objectif est simple : détourner une grande partie de ces déchets des décharges et montrer qu’un modèle de recyclage à grande échelle peut fonctionner dans une région agricole.
Un partenariat pour réduire les plastiques des fermes
Dans le sud de la Colombie-Britannique, le Thompson-Nicola Regional District collabore avec Cleanfarms autour d’un programme pilote de quatre ans. Ce projet cible en priorité les films agricoles utilisés au quotidien par les exploitations, comme les enrubannages de balles et les sacs et bâches d’ensilage. L’ambition est double : proposer des solutions concrètes de collecte et de recyclage, tout en mesurant précisément les volumes détournés des sites d’enfouissement afin d’orienter les politiques publiques à long terme.
Comment le dispositif peut fonctionner sur le terrain
- Des points de dépôt locaux permettent aux agriculteurs d’apporter leurs plastiques séparés par type.
- Des consignes simples (vider, secouer, éviter l’excès de terre) facilitent le recyclage et réduisent les coûts.
- Les matières collectées sont acheminées vers des filières spécialisées capables de transformer ces plastiques en nouvelles matières premières.
- Sur quatre ans, les partenaires testent la logistique rurale, évaluent les taux de participation et ajustent les procédures pour maximiser la récupération.
Les plastiques en agriculture : entre utilité et vigilance
Les plastiques ont apporté des gains importants dans les champs : meilleure protection des récoltes, hausse des rendements, économie d’eau, réduction de certains intrants. Mais ces avantages s’accompagnent d’un revers majeur : ces matériaux ne sont pas biodégradables. Mal gérés, ils s’accumulent, se fragmentent en microplastiques et finissent par contaminer les sols et les écosystèmes, tout en aggravant l’empreinte climatique.
Des chiffres qui donnent l’échelle
Selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), le secteur agricole a utilisé en 2019 environ 12,5 millions de tonnes de plastiques pour la production et 37,3 millions de tonnes pour l’emballage. En mettant pour la première fois ces volumes en perspective, la FAO a souligné l’urgence de réguler l’usage, d’organiser la fin de vie et de prévenir les risques liés aux microplastiques et à la multiplication des déchets.
Une dynamique déjà bien engagée au Canada
Au Canada, Cleanfarms œuvre depuis 2012 pour documenter, quantifier et réduire les plastiques agricoles. L’organisme a multiplié études, projets pilotes et outils pour aider les régions à bâtir des filières adaptées aux réalités locales. Cette nouvelle initiative s’inscrit dans la continuité : passer de l’expérimentation à des solutions réplicables et viables économiquement.
Un leadership né du terrain
À l’échelle locale, des élus et des professionnels poussent le mouvement. Doug Haughton, directeur de secteur au sein du district et ancien propriétaire de concessions John Deere pendant près de 40 ans, a constaté la masse de plastiques générée par les exploitations. Pour lui, il était essentiel que l’agriculture « prenne sa part » et ouvre la voie à des pratiques plus responsables. La fierté de lancer le processus est palpable : l’idée est de montrer que la transition est possible, concrète et bénéfique pour tout le territoire.
Pourquoi c’est important maintenant
- Les volumes de plastiques agricoles augmentent avec l’intensification et la modernisation des pratiques.
- Les filières de recyclage spécialisées restent encore inégales selon les régions.
- Les programmes pilotes permettent de prouver la faisabilité technique, d’impliquer les exploitants et de consolider des marchés pour la matière recyclée.
- À terme, ce type d’initiative peut devenir un standard et contribuer à une agriculture plus circulaire.
FAQ
Quels plastiques agricoles sont le plus souvent acceptés au recyclage ?
Généralement : films d’enrubannage, bâches et sacs d’ensilage. Selon les régions, d’autres flux (filets, ficelles, big bags) peuvent s’ajouter si des débouchés existent.
Que deviennent ces plastiques après collecte ?
Ils sont triés, nettoyés et transformés en granulés, puis réutilisés pour fabriquer des produits comme des tuyaux, des palettes, des films techniques ou des pièces pour l’industrie.
Comment un agriculteur peut-il se préparer pour participer efficacement ?
- Stocker les plastiques séparés par type.
- Les garder aussi propres et secs que possible.
- Se renseigner sur les points de dépôt et les consignes locales.
Ces gestes augmentent les taux de recyclage et diminuent les coûts.
Le modèle peut-il s’appliquer à d’autres régions ?
Oui. Il nécessite un partenariat entre collectivités, acteurs agricoles, recycleurs et transporteurs, un financement de démarrage et une bonne communication pour mobiliser les exploitants.
Et la réduction à la source ?
Elle reste essentielle : optimiser l’usage des films, privilégier des matériaux plus durables quand c’est possible, mutualiser certains équipements et planifier la fin de vie dès l’achat (programmes de reprise, contrats de collecte).
