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Le Vatican déclare que nuire à la nature est un péché contre la création et le Créateur

Le Vatican déclare que nuire à la nature est un péché contre la création et le Créateur

Crédit photo : Getty Images

Une commission théologique du Vatican appelle les catholiques à considérer les atteintes à l’environnement comme une véritable faute morale et spirituelle. Dans un document publié le 2 septembre, la commission suggère de qualifier ces actions de “péché contre la création et le Créateur”. Elle avance que toute création porte l’empreinte de la Trinité.

Ce qu’il faut retenir

Présenté au Pape Léon XIV, ce texte, qui compte plus de 29 000 mots et est intitulé Prendre soin de notre maison commune : une réponse responsable et fraternelle au Dieu trinitaire, a reçu l’approbation du Cardinal Víctor Manuel Fernández, à la tête du Dicastère pour la Doctrine de la Foi. Les membres de la commission l’avaient validé par un vote majoritaire en juillet.

S’appuyant sur l’expression “péché écologique” utilisée par le Pape François dans son encyclique Laudato Si’, le document plaide pour une formulation plus explicite. Il propose de concevoir ce péché en tant que “péché contre la création et le Créateur”, insistant sur le fait qu’il viole le sens de la création voulu par Dieu.

La commission souligne que l’impact écologique ne se limite pas aux écosystèmes détériorés. Ignorer notre responsabilité envers la planète ne se contente pas de défier le plan de Dieu, mais nuit aussi à autrui, notamment aux plus démunis et aux générations futures.

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Selon l’agence OSV News, le document, rédigé uniquement en italien, a été diffusé pendant la Saison de la Création, qui s’étend du 1er septembre jusqu’à la fête de Saint François d’Assise le 4 octobre.

Contexte supplémentaire

Le texte explore les racines de la crise écologique, remontant aux changements dans la perception humaine de la nature dès le 16ème siècle. Il évoque un déplacement de la vision de la nature en tant que création divine vers une perspective plus centrée sur l’humain et “prédateur”, conduisant à l’urgence environnementale actuelle.

Ce document allie théologie et science, en citant des figures comme Saint Augustin, Saint Thomas d’Aquin ou Sainte Hildegarde de Bingen, tout en affirmant que la foi peut coexister avec des concepts scientifiques tels que le Big Bang et la physique quantique.

Dans son deuxième chapitre, il aborde la place de l’humanité dans le monde, le devoir de dominer, de protéger et de cultiver la terre, tout en critiquant les abus tels que l’exploitation des terres, la pollution et la perte de biodiversité, ainsi que les ravages environnementaux causés par la guerre. Il met en lumière que les pays et communautés les plus pauvres, ayant contribué le moins à la crise, sont souvent les plus touchés.

Que peut-on faire ?

Le document s’oppose à deux extrêmes : considérer la nature comme une simple propriété à exploiter ou minimiser le rôle unique de l’humanité dans la création. Il rejette à la fois le “néo-anthropocentrisme prédateur” et un “biocentrisme radical”, et propose plutôt une vision appelée “anthropocentrisme situé”, où l’être humain est perçu comme à la fois “gardien” et “serviteur de la création”.

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Pour réaliser la conversion écologique demandée, le texte préconise des pratiques telles que la consommation consciente et un mode de vie favorisant des rythmes de travail et de repos équilibrés. Il insiste sur l’importance de prendre soin de la vie, d’adopter des pratiques ascétiques, d’avoir du respect pour la création, ainsi que d’écouter “le cri de la Terre et des pauvres”.

Le changement doit influencer les choix quotidiens, les normes communautaires et les priorités publiques. Une réponse durable nécessite une approche intégrant les dimensions culturelle, économique, politique, spirituelle et religieuse.

Le texte appelle également à une coopération interreligieuse : “Du point de vue de la foi chrétienne, la porte est ouverte à une collaboration interreligieuse pour la tâche commune de prendre soin de toute la création, au service de l’épanouissement de la vie et de la communion avec le Transcendant, qui est à l’origine et au fondement de toute vie.”

Dans une commentaire publiée par le Vatican, Msgr. Piero Coda, secrétaire général de la Commission théologique internationale, a souligné la gravité de ce “point de basculement écologique”, qui interpelle notre conscience et appelle à une conversion pour être pleinement efficace à différents niveaux, en commençant par le spirituel et le religieux.

Où en apprendre davantage ?

Les efforts de la commission visant à caractériser les atteintes à l’environnement comme des péchés s’inscrivent dans une démarche des dirigeants catholiques pour présenter le soin de la création comme une question de conscience, de culte, et d’action publique. Les évolutions mentionnées ici montrent comment ce débat influence également l’enseignement papal et la liturgie du Vatican.

  • Le Pape François a plaidé pour une fin de l’énergie polluante et de la “guerre contre la création”.

  • Il a également critiqué les climato-sceptiques et les modes de vie occidentaux irresponsables.

  • Le Pape Léon XIV a employé sa première “messe verte” pour promouvoir le soin de la création.

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Ces événements illustrent le message environnemental de l’Église, aidant à situer la nouvelle formulation de la commission dans l’effort catholique pour rendre la responsabilité écologique intégrante à la foi.

FAQ

Qu’est-ce que la Saison de la création ?

La Saison de la création est une période dédiée à la sensibilisation et à la prière pour l’environnement, s’étendant du 1er septembre au 4 octobre.

Pourquoi le terme “péché écologique” est-il utilisé ?

Ce terme souligne la gravité morale des actions qui nuisent à l’environnement, en les mettant sur le même plan que d’autres péchés spirituels.

Comment les catholiques peuvent-ils agir pour l’environnement ?

Les catholiques sont encouragés à adopter des choix de consommation responsables, à réduire leur empreinte écologique et à s’engager dans des actions communautaires pour préserver la création.

Quelles figures historiques sont citées dans le document ?

Des théologiens comme Saint Augustin, Saint Thomas d’Aquin, et Sainte Hildegarde de Bingen sont évoqués pour appuyer l’argumentation théologique.

Quel est l’impact attendu de ce document ?

Ce texte vise à transformer la conscience collective sur les questions environnementales en intégrant ces préoccupations dans les pratiques religieuses et les enseignements de l’Église.