Les scientifiques alertent sur la montée d’une nouvelle pandémie, qui pourrait d’ici 2050 causer plus de décès que le cancer. Ce problème est exacerbé par une perte de confiance du public envers les données et les recherches scientifiques, rendant les réponses face aux menaces sanitaires de plus en plus difficiles.
Situation actuelle
À Davos, en Suisse, Frontiers, un acteur majeur dans l’édition scientifique, a récemment réuni des leaders pour discuter de solutions favorisant des vies saines et un environnement prospère. Lors de cette rencontre, Vanina Laurent-Ledru, directrice de la santé publique à l’Institut Mérieux et bioMérieux, a mis en lumière le danger imminent de la résistance aux antimicrobiens (AMR). Elle a souligné que peu de personnes semblent conscients de cette problématique, en disant que « personne n’en parle ».
De même, Adèle James, co-fondatrice et directrice technologique de la société de biotechnologie Phagos, a qualifié l’AMR de “pandémie silencieuse.”
Pourquoi la résistance aux antimicrobiens est-elle alarmante ?
Comme le personnage joué par Jeff Goldblum dans “Jurassic Park” l’a si bien dit : « La vie trouve toujours un moyen. » Les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) expliquent que cela s’applique à la résistance aux antimicrobiens. En effet, les microbes parviennent à développer des stratégies de défense face aux antibiotiques et antifongiques. Ces germes résilients peuvent ensuite transmettre leurs mécanismes de défense à d’autres microbes, y compris ceux qui n’ont encore jamais rencontré ces traitements.
C’est un souci majeur car la médecine moderne s’appuie sur ces traitements pour effectuer des interventions vitales et combattre des infections qui, sans eux, seraient mortelles. Les antibiotiques sont si efficaces qu’on estime qu’ils ont augmenté notre espérance de vie de plus de vingt ans.
Des experts présents à la réunion de Davos ont exprimé leurs préoccupations quant à la menace croissante que représente l’AMR. Ils soulignent que sans mesures urgentes, le monde pourrait à nouveau agir trop tard, en rapport avec un article de Newsweek sur cette question.
Quelles actions sont mises en place ?
Il existe des preuves que certaines activités humaines contribuent à la survie des germes. Des études révèlent que les microplastiques et la pollution de l’air jouent un rôle dans ce phénomène. En effet, les CDC et l’Organisation mondiale de la santé (OMS) indiquent que l’utilisation abusive et le mauvais usage des antibiotiques accélèrent l’évolution des germes. Bien que certains antibiotiques soient efficaces contre des infections bactériennes, ils ne savent lutter contre les infections virales, comme le rhume ou la grippe.
Cependant, aux États-Unis, des millions de prescriptions inutiles sont délivrées chaque année. Une recherche des CDC a révélé qu’environ un tiers de ces prescriptions ne sont pas nécessaires.
À Davos, plusieurs intervenants ont mis en avant des traitements novateurs, comme la médecine à base de phages. Cependant, ils ont tous insisté sur l’importance de réduire l’usage inapproprié des antibiotiques et promu des comportements sains, notamment une meilleure hygiène, comme se laver les mains.
Pour conclure, Frontiers précise que la mortalité future dépendra de la manière dont les systèmes de santé et les décideurs abordent les risques dès maintenant.
FAQ
Qu’est-ce que la résistance aux antimicrobiens (AMR) ?
La résistance aux antimicrobiens désigne la capacité des microbes à résister aux traitements qui leur sont destinés, rendant les infections plus difficiles à traiter.
Quels sont les principaux facteurs qui contribuent à l’AMR ?
Parmi les facteurs principaux, on trouve l’abus d’antibiotiques, la pollution environnementale, et les mauvaises pratiques d’hygiène.
Comment peut-on prévenir l’AMR ?
Promouvoir une prescription responsable des antibiotiques, améliorer les pratiques d’hygiène, et encourager la recherche sur des traitements alternatifs comme les thérapies à base de phages sont des actions importantes.
Les vaccins jouent-ils un rôle dans la lutte contre l’AMR ?
Oui, les vaccins peuvent prévenir certaines infections bactériennes, réduisant ainsi la nécessité de recourir aux antibiotiques.
Pourquoi est-il essentiel d’agir maintenant ?
Ne pas agir pourrait entraîner une augmentation significative des infections résistantes auxquelles la médecine moderne ne pourrait pas faire face, entraînant ainsi des conséquences graves sur la santé publique.
