Des inquiétudes croissantes concernant l’IA et l’emploi en 2025
Au cours de la seconde moitié de 2025, les craintes que l’intelligence artificielle puisse remplacer des travailleurs se sont intensifiées, au point de devenir un sujet de plaisanterie sur le fait que l’IA prétendait résoudre le “problème” des salaires. Cependant, des recherches intéressantes menées par METR, une organisation à but non lucratif qui étudie les risques et les impacts de l’IA, ont suggéré que ces préoccupations pourraient être largement exagérées.
Qui est METR ?
METR, acronyme de Model Evaluation & Threat Research, décrit précisément ses activités de recherche. Dans le cadre de cette étude, l’organisation a voulu évaluer l’impact de l’IA sur la productivité au travail. Alors que le débat autour de l’IA se concentre souvent sur ses effets potentiels sur les emplois ou la vie quotidienne, cette recherche s’est concentrée spécifiquement sur la productivité des développeurs de logiciels, un secteur extrêmement numérisé et donc bien adapté à l’intégration de l’IA.
Une étude révélatrice
Pour réaliser cette étude, METR a demandé à 16 développeurs expérimentés de compléter 246 tâches en utilisant des outils d’IA à la pointe de la technologie. Contrairement à la pratique du “vibe coding”, qui consiste à laisser des codeurs novices générer du code avec de grands modèles linguistiques, cette expérience a évalué l’utilisation d’outils IA par des professionnels.
Les résultats de l’analyse, rapportés par Fortune, ont choqué tant les chercheurs que les participants. Ils ont découvert que l’utilisation des outils d’IA entraînait un ralentissement de 19 % dans l’exécution des tâches par rapport à une situation sans IA. Autrement dit, plutôt que d’améliorer la Productivité, l’IA semblait avoir l’effet inverse.
Enjeux et implications des résultats
Bien que certaines personnes dans des secteurs menaçés par l’IA aient pu trouver ces résultats rassurants, ils soulèvent d’autres préoccupations. Avec l’avancée de 2025, l’enthousiasme initial pour l’IA s’est transformé en une inquiétude croissante concernant un potentiel “bulle de l’IA.” En économie, une bulle se forme lorsque les investissements dans un actif dépasse largement sa valeur réelle, rendant inévitable un effondrement ultérieur.
Un investisseur notoire, Michael Burry, connu pour avoir prédit avec précision la crise immobilière de 2008, a indiqué des signes indiquant la formation d’une bulle liée à l’IA. De nombreux géants technologiques avaient réalisé des investissements massifs dans le secteur de l’IA, souvent sans réelle stratégie de rentabilité. Parallèlement, un mouvement de protestation contre les centres de données liés à l’IA a pris de l’ampleur, les habitants s’opposant à la construction de ces installations gourmandes en ressources.
À mesure que cette “course à l’armement en IA” progressait, les conséquences se faisaient sentir sur les communautés, qui subissaient la pression liée à la consommation des ressources, en particulier de l’eau et de l’énergie. Les factures d’électricité aux États-Unis ont augmenté de manière significative, en grande partie à cause de la demande des centres de données, tandis que le département de l’énergie a tiré la sonnette d’alarme quant à une capacité de réseau électrique insuffisante, augmentant le risque de blackouts.
Réactions et mesures
Anders Humlum, un économiste se spécialisant dans l’IA et le monde du travail, a interprété ces résultats comme une mise en avant de l’importance de l’expertise humaine. Il a souligné que les spécialistes possédaient une expérience précieuse qu’il ne fallait pas ignorer. Il a ajouté que cette étude devait servir d’avertissement pour faire preuve de prudence dans l’utilisation de ces outils.
Dans son abstract, METR a exprimé son intention de continuer à mesurer la productivité réelle de l’IA. À un niveau plus personnel, il est recommandé de rester informé sur les problèmes climatiques clés et de contacter les législateurs au sujet des centres de données liés à l’IA pour atténuer leurs impacts.
FAQ
Quel est le but de METR ?
METR se concentre sur l’évaluation des modèles et la recherche sur les menaces posées par l’IA, avec un accent particulier sur ses impacts économiques et sociaux.
Pourquoi parle-t-on d’une bulle de l’IA ?
Une bulle de l’IA se forme lorsque les investissements dans des technologies ou des entreprises liées à l’IA dépassent leur valeur réelle, entraînant un risque élevé d’effondrement économique.
Comment l’IA influence-t-elle la productivité des travailleurs ?
Les recherches actuelles montrent que l’utilisation de l’IA peut parfois réduire la productivité, notamment dans le cas des développeurs de logiciels qui prennent plus de temps qu’ils ne le feraient sans ces outils.
Quelles sont les préoccupations relatives aux centres de données alimentés par l’IA ?
Les centres de données consomment d’énormes quantités de ressources, en particulier de l’eau et de l’énergie, suscitant des préoccupations environnementales et des répercussions sur les factures d’électricité des foyers.
Que peuvent faire les citoyens à ce sujet ?
Les citoyens peuvent se renseigner sur les enjeux climatiques, contacter leurs représentants pour plaider en faveur d’une régulation des centres de données et s’engager dans des initiatives visant à limiter les impacts environnementaux.
