Une montée de tensions à Salem
À Salem, en Oregon, une réunion du Conseil municipal a pris une tournure inattendue lors d’une discussion sur le projet de centre de données Oakline at Mill Creek, proposé par Verrus, dont le coût s’élève à 5,1 milliards de dollars. Une démonstration, filmée par un utilisateur de TikTok, a attiré l’attention des médias lorsque des manifestants ont tracté une guillotine à vélo devant le lieu de la réunion, signalant une colère publique manifeste.
Ce moment de protestation a coïncidé avec une audition du Conseil municipal de Salem, qui, selon NewsData, a duré plus de six heures. La présence de la guillotine a symbolisé le mécontentement croissant des citoyens.
La réaction des citoyens
Les habitants de Salem se sont exprimés avec force, demandant au Conseil de ne pas poursuivre le développement du vaste campus, qui pourrait avoir des conséquences sur l’utilisation des terres, les infrastructures et les ressources locales. Bien que des représentants de Verrus étaient présents pendant l’audition, ils ont quitté la salle avant la fin de la réunion, repoussés par la contestation des manifestants.
Face à cette pression, le 3 août, la ville de Salem a décidé de mettre en pause tous les projets de centres de données pour un an, afin de réexaminer ses réglementations de zonage. Cette décision aligne Salem avec d’autres villes comme Seattle et l’État de New York, qui ont également suspendu des projets similaires.
Néanmoins, cette moratoire ne garantit pas l’abandon complet du projet. En effet, le dépôt de demande de Verrus, effectué avant cette pause, continue d’être examiné, ce qui implique une série de démarches de permis longues et complexes avant tout avancement.
Les enjeux du projet
L’opposition au projet a été renforcée par la déclaration de la gouverneure de l’Oregon, Tina Kotek, qui a annoncé l’annulation de la vente d’un terrain de 32 acres, lié à l’implantation prévue. Cela a contraint Verrus à réexaminer certaines de ses stratégies.
Les centres de données suscitent des inquiétudes croissantes au sein des communautés américaines. Avec le boom de l’intelligence artificielle, ces projets nécessitent de grandes quantités d’électricité, de terrain et souvent d’eau, soulevant des craintes concernant la hausse des factures d’énergie, une pression accrue sur les réseaux électriques, ainsi que des compromis environnementaux. Les promesses de création d’emplois et d’investissements ne compensent pas les préoccupations de populations qui craignent que les désavantages l’emportent sur les bénéfices.
Impacts corollaires
La connexion entre l’IA et la demande énergétique est particulièrement préoccupante dans ce contexte. Si l’informatique avancée peut aider à mieux gérer la consommation énergétique, l’expansion des centres de données engendre une demande accrue en électricité, nécessitant d’importants travaux d’infrastructure et soulevant des questions sur la sécurité, l’usage de l’eau ainsi que les impacts sociaux des projets qui avancent plus rapidement que la régulation publique ne peut suivre.
L’Oregon a déjà mis en place des mesures visant à réduire ces coûts pour les consommateurs. Une législation étatique impose aux grands utilisateurs d’électricité, y compris les centres de données, de couvrir la majorité des frais de mise à niveau du réseau. Cela a permis à Portland General Electric d’augmenter les tarifs de 30 % pour les clients utilisant plus de 20 mégawatts, tout en réduisant les coûts de l’électricité résidentielle de 1,3 %.
Malgré de telles protections, la résistance locale peut demeurer forte lorsque les résidents estiment que leur communauté supporte un poids disproportionné par rapport aux bénéfices attendus.
Recherches et réflexions futures
La suspension d’un an des projets donne aux autorités de Salem un moment de réévaluation quant à la manière dont les centres de données s’intègrent dans le cadre de zonage et d’urbanisme local. Une telle pause peut permettre aux communautés de soulever des questions plus difficiles liées à la consommation d’énergie, à l’usage de l’eau et aux incitations fiscales, tout en établissant des safeguards avant le lancement des constructions.
Au niveau de l’État, les règles d’Oregon régissant les grands utilisateurs d’électricité représentent une solution pour éviter que les ménages ne financent des installations énergiquement gourmandes. Enfin, la décision de Kotek d’interrompre la vente du terrain montre que les responsables d’État restent en mesure d’influencer des projets en cours de discussion, même après le dépôt des demandes.
Un porte-parole de Verrus, JP Newmann, a raconté qu’un groupe d’opposants a encerclé des représentants de l’entreprise pendant les délibérations, en proférant des insultes, rendant la situation trop tendue pour continuer.
FAQ
Q1 : Quelles sont les conséquences d’une pause d’un an sur le projet de Verrus ?
La pause permet à Salem de réévaluer le cadre légal et réglementaire pour l’implantation de futurs centres de données, en tenant compte des préoccupations des résidents.
Q2 : Quelles sont les principales préoccupations entourant les centres de données ?
Les inquiétudes majeures incluent la consommation d’énergie, l’usage de l’eau, les impacts environnementaux et l’effet sur les infrastructures locales.
Q3 : Comment l’Oregon gère-t-il la montée des centres de données ?
L’État impose des réglementations aux grands utilisateurs d’électricité pour garantir qu’ils couvrent les coûts associés aux mises à niveau du réseau électrique.
Q4 : Quelle a été la réaction des citoyens à Salem ?
Les citoyens ont exprimé leur mécontentement lors de la réunion du Conseil municipal, en brandissant une guillotine comme symbole de leur colère face au projet.
Q5 : Quel est l’impact de l’intelligence artificielle sur ce phénomène ?
L’essor de l’IA entraîne une demande croissante en centres de données, augmentant les besoins en électricité et soulevant des questions importantes sur l’environnement et la régulation.
