Crédit Photo : Alex Ingle, Schmidt Ocean Institute
Une découverte marine inédite au large du Brésil
Des chercheurs naviguant sur un navire océanographique ont utilisé une technologie avancée, incluant l’imagerie laser, le séquençage ADN à bord et des microscopes de nouvelle génération, pour identifier plus de deux douzaines d’espèces marines en seulement quelques jours. Ce travail, qui d’ordinaire aurait nécessité des années, a permis d’obtenir des résultats remarquables.
Ceux-ci ont exploré une partie peu connue de l’océan, la zone “midwater”, un milieu vaste et faiblement éclairé situé entre la surface de l’eau et le fond marin. Ce secteur demeure l’un des habitats les moins explorés de la planète.
Ce qui s’est passé
Dans les eaux internationales de l’Atlantique Sud tropical, une équipe internationale à bord du Falkor (too) du Schmidt Ocean Institute a découvert une grande variété de forme de vie marine inconnue. Comme rapporté par Ocean News & Technology, les résultats de cette expédition étaient impressionnants.
Les nouvelles espèces identifiées incluent des méduse, des siphonophores, des jellyfish à peigne, des larvacés, un crustacé, un ver transparent se déplaçant rapidement, ainsi que de gigantesques organismes unicellulaires appelés rhizariens.
Une avancée notable provient d’un microscope embarqué nommé Squid, qui a permis aux scientifiques de visualiser pour la première fois les structures internes des cellules d’un microbe marin en trois dimensions, une première pour les recherches en mer.
Les chercheurs ont également utilisé le véhicule télécommandé SuBastian pour scanner des animaux délicats vivant en midwater par laser, créant ainsi des images en 3D sans provoquer de dommages à ces créatures.
En associant ces systèmes d’imagerie avec le séquençage génétique à bord, l’équipe a réussi à déterminer quelle espèce était nouvelle beaucoup plus rapidement que par les méthodes conventionnelles, qui peuvent nécessiter des décennies.
Pourquoi est-ce important ?
La zone midwater joue un rôle crucial dans la circulation du carbone à travers l’océan, le fonctionnement des réseaux alimentaires marins et la régulation du climat de notre planète. Comprendre quels organismes y vivent et comment ils survivent est essentiel pour améliorer la science marine, la recherche sur la pêche et la prévision des changements climatiques.
Des outils plus efficaces peuvent également aider à la préservation de ces écosystèmes. De nombreuses créatures de cette zone sont gélatineuses et sensibles aux filets ou autres méthodes de collecte classiques. Les technologies non invasives permettent donc d’étudier cette vie fragile sans la mettre en danger.
Des avancées de ce type peuvent fournir des informations vitales aux chercheurs pour protéger ces écosystèmes avant que des activités industrielles ou la hausse des températures océaniques ne les perturbent.
Dr. Karen Osborn, la scientifique principale de l’expédition au Musée national d’histoire naturelle du Smithsonian, a déclaré : « Le plus grand habitat de la Terre, la zone midwater, est peuplé d’animaux incroyables que nous commençons juste à comprendre. »
Dr. Manu Prakash de l’Université de Stanford a ajouté que cette avancée en matière d’imagerie à bord « ouvre une nouvelle voie pour étudier la physiologie des profondeurs marines », permettant aux scientifiques d’observer « des processus internes vivants » chez des organismes adaptés à des conditions de forte pression et de noirceur.
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