Après plus de vingt ans de zones d’ombre concernant la qualité de l’air respiré par les New-Yorkais après le 11 septembre, la ville de New York a décidé d’ouvrir un énorme archive de documents relatifs à Ground Zero, à la poussière toxique et aux communications officielles du gouvernement. Ce dévoilement arrive après une attente prolongée et des interrogations persistantes sur ce que les autorités savaient des dangers pour la santé liés à cet événement tragique.
Contexte de la déclassification des données
L’administration de Zohran Mamdani, le maire de New York, met à disposition environ 170 000 pages de documents. D’après des informations rapportées par Common Dreams et revues par Le New York Times avant leur publication, ces documents incluent des rapports sur la qualité de l’air, des enregistrements de contamination, ainsi que des échanges entre hauts fonctionnaires de la ville. Cela pourrait offrir une clarification précieuse sur les connaissances des autorités concernant les risques sanitaires liés à la poussière toxique.
Parmi les personnes qui se réjouissent de cette publication, on trouve Benjamin Chevat, un fervent défenseur des droits des premiers intervenants et des survivants du 11 septembre. Il a remercié le maire Mamdani pour enfin tenter de répondre à la question cruciale : « Que savait la ville des dangers associés aux polluants à Ground Zero, et quand l’a-t-elle su ? »
Détails des documents révélés
Le premier ensemble de documents indique que des substances toxiques, comme l’amiante, ont été trouvées à Ground Zero jusqu’à juillet 2002, soit plus de dix mois après les attaques. Les analyses effectuées par l’Environmental Protection Agency (EPA) ont également détecté des carcinogènes dans le sud de Manhattan, dépassant parfois les seuils acceptables.
Un mémorandum d’octobre 2001, adressé à Robert Harding, alors adjoint au maire Rudy Giuliani, prévoyait l’introduction de jusqu’à 10 000 réclamations de personnes qui avaient été assurées qu’il était sûr de revenir à Lower Manhattan, ainsi que des premiers intervenants qui ne disposaient pas d’équipements de sécurité adéquats.
Les impacts à long terme et le message à la population
Mamdani a également souligné que le nombre de décès liés aux conséquences sanitaires du 11 septembre a probablement dépassé celui des victimes directes des attaques. Il a déclaré : « La vérité dévastatrice est que la souffrance ne s’est pas arrêtée après que la fumée s’est dissipée et que la poussière s’est déposée. Pour de nombreux New-Yorkais qui ont vécu ou travaillé près de Ground Zero, cela n’a été que le début de longues années de difficultés et de maladies. »
Il existe des preuves indiquant que les autorités ont minimisé le danger. Les documents, comme ceux publiés par le bureau de Mamdani, montrent que les responsables évitaient d’utiliser le mot « risque » dans les avis publics, même quand les tests révélaient des niveaux préoccupants d’amiante. Un autre document révélait que les résidents avaient pu recevoir des conseils de nettoyage dangereux, leur recommandant d’utiliser des seaux et des chiffons humides pour traiter l’amiante dans leurs foyers, une tâche qui devrait être effectuée par des professionnels.
Réactions à la divulgation des archives
La mise à jour de ces archives n’est survenue qu’après des années de pression de la part de 9/11 Health Watch, du Conseil municipal et d’un procès. Initialement, le Department of Environmental Protection de la ville avait affirmé que les fichiers étaient manquants, avant de finalement admettre qu’ils étaient conservés dans 68 boîtes bien organisées. Ce retournement a renforcé les craintes d’un coup monté et a conduit un juge à déclarer que le déni de la ville était « arbitraire et capricieux ».
Jerry Nadler, membre du Congrès dont le district inclut Ground Zero, a exprimé à Le New York Times son indignation : « Ils savaient ce qui se passait au niveau de la qualité de l’air, et pour ainsi dire, ils n’ont pas agi. »
Mamdani a résumé la situation en disant que des gens sont tombés malades parce que leurs dirigeants leur ont menti, leur affirmant qu’il était sûr de respirer un air toxique.
FAQ
Pourquoi ces documents ont-ils été gardés secrets si longtemps ?
Ces documents ont longtemps été considérés comme manquants ou inaccessibles, et leur divulgation a nécessité une pression juridique et politique.
Quels types de santé des New-Yorkais sont touchés par ces découvertes ?
Les résidents et premiers intervenants ont souffert de problèmes respiratoires, de cancers et d’autres complications de santé à long terme en raison de l’exposition à des polluants.
Quelles actions légales ont été entreprises pour obtenir ces documents ?
Des groupes comme 9/11 Health Watch ont porté plainte et exercé des pressions sur les autorités pour demander la transparence sur la qualité de l’air et les risques sanitaires.
Quels effets peuvent avoir ces révélations sur les futures politiques de santé publique ?
Ces révélations pourraient inciter à une réévaluation des politiques de santé publique et à des mesures préventives renforcées pour protéger les citoyens lors de futurs événements similaires.
Comment les nouvelles informations influencent-elles la mémoire collective du 11 septembre ?
Ces documents pourraient modifier la compréhension publique des événements suivant le 11 septembre, en révélant des aspects cachés de la réponse à la crise et la gestion des risques sanitaires.
