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Au Laos, une jarre de pierre géante révèle enfin son secret : les ossements de 37 personnes.

Au Laos, une jarre de pierre géante révèle enfin son secret : les ossements de 37 personnes.

Crédit photo : James Cook University

Découverte en terre laotienne

Depuis plusieurs décennies, les archéologues s’efforcent d’étudier les milliers de grands récipients en pierre disséminés dans la Plaine des Jarres, située dans les montagnes du Laos. Une récente découverte pourrait apporter de nouveaux éclairages sur leur fonction.

Au cœur de cette enquête, une des plus grandes jarres révèle un mystère : au lieu de contenir des grains ou des sédiments, des chercheurs ont découvert des ossements humains attribués à au moins 37 personnes.

Que s’est-il passé ?

Dans la province de Xieng Khouang, lors des fouilles effectuées sur le site 75, une équipe dirigée par l’archéologue Nicholas Skopal, de l’Université James Cook, a mis à jour une jarre en pierre massive mesurant près de 2,1 mètres de diamètre à sa base.

D’après un rapport de Earth.com, trois saisons de fouilles ont permis de récolter non seulement des ossements humains entassés dans le récipient, mais également des fragments de poterie, plusieurs perles en verre, une petite cloche en cuivre et une lame en fer.

Ces découvertes suggèrent que ces jarres ont probablement servi de sites funéraires collectifs. En examinant les os et les dents, l’équipe estime que les restes consistent en ceux d’enfants d’environ 18 mois à des adultes.

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Les os n’étaient pas simplement jetés au hasard : les crânes étaient disposés autour du bord extérieur de la jarre, tandis que les longs os étaient regroupés à proximité, indiquant une organisation consciente de ces restes.

La datation au radiocarbone situe l’utilisation de cette jarre entre 900 et 1200 après J.C., une période révélée dansAntiquity.

Pourquoi cette découverte est-elle significative ?

Cette trouvaille apporte des éléments de réponse à une question qui perdure depuis les années 1930, lorsque l’archéologue française Madeleine Colani a été la première à documenter les jarres. Bien que plus de 120 sites de jarres aient été répertoriés sur le plateau, la plupart étant vides, il était ardu de confirmer leur fonction originale.

Les nouvelles preuves suggèrent que ces récipients pourraient avoir été au centre d’une tradition funéraire complexe. Il est probable que les corps se décomposaient dans d’autres locaux avant que les os soient récupérés et placés dans ces grandes jarres. Cela implique aussi que ces rituels engageaient probablement entières communautés, et non seulement un groupe élitiste.

Des éléments retrouvés avec les défunts, comme certaines perles en verre, mettent en lumière des connexions commerciales. Des analyses chimiques ont établi que plusieurs de ces perles étaient liées à l’Asie du Sud, tandis que quelques-unes pourraient provenir de Mésopotamie, et d’autres de Chine ou Vietnam. Ces résultats sont similaires à ceux d’une bague en or retrouvée récemment en Thaïlande, qui signalait un réseau commercial ancien similaire.

Les pratiques funéraires et les objets importés témoignent que le Laos, en altitude, n’était pas isolé. Les communautés ayant utilisé ces jarres semblent avoir été connectées à de vastes réseaux commerciaux et culturels.

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Quelles sont les perspectives actuelles ?

Les chercheurs poursuivent leur travail sur ces restes, notamment à l’Université Nationale d’Australie, où des analyses approfondies des échantillons osseux sont en cours pour tenter de récupérer de l’ADN ancien.

Cette phase de recherche pourrait fournir des informations précieuses sur les relations entre les individus retrouvés.

Les fouilles au site 75 offrent également une nouvelle perspective pour analyser les autres jarres présentes au Laos. Au lieu de considérer ces récipients vides comme inachevés ou pillés, il est possible que certains aient autrefois contenu des restes humains qui se sont ensuite décomposés ou qui ont été déplacés.

Une seule jarre a ainsi transformé le discours autour de toute la région. Après près d’un siècle de spéculations, la Plaine des Jarres commence enfin à dévoiler l’un de ses plus grands secrets.

FAQ

Qu’est-ce que la Plaine des Jarres ?

La Plaine des Jarres est un site archéologique au Laos connu pour ses grands récipients en pierre, dont l’origine et la fonction ont été longtemps débattues.

Existe-t-il d’autres sites similaires dans le monde ?

Oui, d’autres régions possèdent des sites avec des structures ou des pratiques funéraires comparables, bien que chaque culture ait ses propres spécificités.

Quel est l’impact des découvertes sur le patrimoine culturel du Laos ?

Ces découvertes enrichissent la compréhension du patrimoine culturel, en révélant des pratiques funéraires anciennes qui engendraient de vastes réseaux sociaux et commerciaux.

Comment les archéologues datent-ils les ossements ?

Les chercheurs utilisent la méthode de datation au radiocarbone, qui permet d’estimer l’âge des restes organiques basés sur la décomposition de l’isotope de carbone.

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Quels sont les défis actuels rencontrés par les archéologues au Laos ?

Les archéologues doivent faire face à des difficultés telles que la préservation des sites, le manque de fonds pour les recherches et des contraintes politiques dans certaines régions.