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Une île de Fidji entourée de mangroves pourrait être issue de déchets maritimes anciens, selon des chercheurs.

Une île de Fidji entourée de mangroves pourrait être issue de déchets maritimes anciens, selon des chercheurs.

Une île des mangroves de Fidji façonnée par l’homme

Une petite île isolée dans les mangroves de Fidji pourrait en réalité être le fruit d’une longue histoire d’activité humaine plutôt qu’une formation naturelle. Des chercheurs pensent que des siècles de déchets de coquillages, laissés par les communautés côtières, ont contribué à ériger cet espace, transformant les détritus quotidiens en terre ferme.

Historique et découvertes

Une étude récente, publiée dans la revue Geoarchaeology, s’est concentrée sur une île de coquillages à proximité de Culasawani sur l’île de Vanua Levu, s’étendant sur environ trois quarts d’acre. Bien qu’elle émerge à peine des flots, les scientifiques ont constaté que ses dépôts semblaient être principalement composés de restes de produits de la mer, accumulés au fil du temps.

D’après Arkeonews, les analyses montrent que dans certaines zones, la matière riche en coquillages représente entre 70 % et 90 % de la composition de l’île. Les datations au radiocarbone indiquent que cette accumulation a commencé vers l’an 760 de notre ère, avec des échantillons révélant des restes datés entre 420 et 1040. Si ces données sont confirmées, ce lieu pourrait bien être le premier “îlot de déchets” décrit dans le Pacifique tropical, à l’est de l’archipel de Bismarck en Nouvelle-Guinée.

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Les crabes de boue ont attiré l’attention sur cette île en faisant remonter des coquilles et des fragments de poterie à la surface. En 2024, les chercheurs ont effectué une cartographie de la zone, prélevé 20 carottes de sol et creusé plusieurs fosses d’essai, révélant une couche de coquillages d’une épaisseur comprise entre 20 et 40 centimètres, recouvrant une plateforme côtière plus dure.

L’importance de ces découvertes

Comprendre les dépôts présents sur cette île pourrait offrir un aperçu de la manière dont les anciennes communautés côtières de Fidji ont interagi avec leur environnement. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, cette couche ne semble pas être le résultat d’une tempête ou d’un évènement maritimes aléatoires. Elle est principalement composée de coquillages comestibles, notamment des Anadara, et inclut également des morceaux de poterie qui renvoient aux traditions céramiques fijiens pré-modernes.

Ces éléments suggèrent que cet endroit servait surtout à la transformation de coquillages, plutôt qu’à un établissement humain permanent. Les chercheurs n’ont trouvé que peu de preuves de restes animaux ou d’outils en pierre, ce qui laisse penser que les habitants venaient peut-être récolter ces coquillages dans des eaux peu profondes, retiraient la chair sur place, puis transportaient la nourriture ailleurs dans des récipients, abandonnant ainsi les coquilles.

Alors que les recherches archéologiques sur Vanua Levu, la seconde plus grande île de Fidji, sont souvent moins fréquentes que dans d’autres régions de l’archipel, ce site pourrait aider les scientifiques à mieux comprendre les régimes alimentaires anciens, les modèles d’établissement, et comment les populations se sont adaptées à des environnements côtiers changeants.

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Perspectives futures

Actuellement, les chercheurs estiment que l’idée de l’îlot de déchets correspond mieux aux éléments collectés que celle d’un tsunami ou d’une autre vague qui aurait pu rassembler les coquilles en un même endroit. Selon eux, les dépôts sont trop spécifiques, trop localisés, et surtout trop riches en espèces comestibles pour être considérés comme un simple amoncellement de restes marins.

Des études supplémentaires s’avèrent nécessaires. La couche de coquillages est relativement fine et manque d’une stratification interne marquée. Les scientifiques espèrent trouver plus de preuves avant d’écarter d’autres hypothèses. De plus, ils évoquent la possibilité que des structures, comme des plateformes ou des pilotis, aient été utilisées à proximité, bien qu’aucun reste n’ait encore été identifié.

Les recherches à venir porteront sur les traces d’établissements sur le continent, des dépôts de coquillages au large, et les récits oraux locaux qui pourraient contenir des indices sur les événements côtiers passés.

Ce qui nous semble aujourd’hui une île de mangrove anodine pourrait en réalité être le témoignage des efforts cumulés de nombreuses générations. Plus de 1,200 ans plus tard, les repas répétés et les coquilles abandonnées pourraient encore être visibles, préservant ainsi une portion de terre marquée par le passage du temps.

FAQ

Quelles nouvelles méthodes de recherche seront utilisées dans les futures études ?

Les chercheurs prévoient d’utiliser des techniques de datation avancées et d’autres méthodes géophysiques pour mieux comprendre la composition du sol et la formation de l’île.

Des traces d’activités humaines d’autres époques ont-elles été trouvées sur l’île ?

Bien que l’île semble principalement associée à la transformation de coquillages, des études ultérieures pourraient révéler d’autres activités humaines à travers les âges.

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Les communautés actuelles de Fidji sont-elles conscientes de cette découverte ?

Oui, les informations sur les recherches en cours et leur signification pour l’histoire ancienne de Fidji sont diffusées dans les communautés locales, suscitant un intérêt pour le patrimoine et les pratiques traditionnelles.

Cette île jouait-elle un rôle particulier dans la culture fidjienne ancienne ?

Bien que principalement utilisée pour la transformation de coquillages, il existe des théories selon lesquelles des lieux de rassemblement pour des événements culturels ou sociaux auraient également pu être présents aux abords de l’île.

Comment les découvertes sur cette île peuvent-elles influencer la gestion actuelle des ressources côtières ?

Ces recherches pourraient offrir des enseignements précieux sur la façon dont les anciennes communautés ont géré leurs ressources naturelles, fournissant un cadre pour des pratiques durables dans la gestion actuelle des côtes.