Technologie

Découverte de 4 nouvelles espèces de caméléons sur les ‘îles ciel’ du Mozambique, menacées par la déforestation

Découverte de 4 nouvelles espèces de caméléons sur les 'îles ciel' du Mozambique, menacées par la déforestation

Découverte de nouvelles espèces de caméléons

Dans les forêts tropicales isolées qui s’élèvent au sommet des montagnes du Mozambique, des chercheurs ont mis au jour quatre espèces de caméléons jusqu’alors inconnues de la science. Cette découverte illustre à quel point une grande partie du monde naturel reste encore inexplorée ainsi que le risque auquel certaines de ces espèces nouvellement identifiées pourraient être confrontées.

Que s’est-il passé ?

Une étude, parue dans la revue Vertebrate Zoology, examine la biodiversité qui peut émerger dans ce que l’on appelle les « îles célestes » du Mozambique, c’est-à-dire ces zones montagneuses forestières isolées du reste du paysage. Selon ce qu’a rapporté Nautilus, ces habitats élevés et humides se distinguent des savanes environnantes, certaines étant séparées par des zones sèches sur lesquelles les caméléons évoluent rarement.

Pour évaluer le nombre d’espèces présentes, les scientifiques ont effectué une analyse génétique sur 31 caméléons prélevés dans six grandes îles célestes : Mabu, Mulanje, Chiperone, Namuli, Inago et Ribáuè. Ils ont ensuite comparé ces résultats avec les caractéristiques physiques des animaux. Grâce à ces données, des herpétologistes sud-africains sont parvenus à identifier six espèces distinctes, dont quatre étaient nouvelle pour la science.

A lire :  « L'Australie déploie une flotte de drones de surveillance pour surveiller les requins et protéger les baigneurs après une série d'attaques »

Bien qu’ils partagent une morphologie similaire adaptée à la vie forestière, ces populations isolées ont développé des caractéristiques uniques au cours de millions d’années. Par exemple, les caméléons de Mont Ribáuè possédaient des écailles supplémentaires sous la mâchoire inférieure et des écailles surélevées le long des côtés de la tête. Deux des nouvelles espèces ont été nommées en l’honneur de la biologiste des primates Jane Goodall et de la chimiste spécialiste de l’ADN Rosalind Franklin.

Pourquoi est-ce important ?

Ces forêts montagnardes démontrent comment des écosystèmes intacts peuvent accueillir des espèces rares que l’on ne retrouve nulle part ailleurs sur la planète. Leur protection est cruciale pour maintenir les cycles hydriques, stabiliser les paysages locaux, et offrir des avantages futurs aux communautés avoisinantes en lien avec la conservation et la recherche scientifique.

Krystal Tolley, une experte du South African National Biodiversity Institute, décrit ces montagnes en expliquant qu’elles se dressent abruptement au-dessus de la savane environnante, interceptant nuages et pluie et créant ainsi des refuges frais et humides au sein d’un paysage autrement aride.

Cependant, l’exploitation forestière menace déjà certaines de ces forêts, notamment sur les pentes de Mulanje, où le caméléon endémique N. mlanjensis est classé comme vulnérable. Pour des espèces limitées à une seule « île céleste », la perte d’habitat pourrait signifier qu’il n’existe plus aucun endroit où survivre.

Que disent les experts ?

Tolley souligne que l’isolement des montagnes les rend de véritables « îles célestes », ce qui aide à expliquer pourquoi tant de spécimens uniques résultent de l’évolution sur des sommets spécifiques. Elle rejoint d’autres experts pour affirmer que « beaucoup de ces espèces ne se rencontrent nulle part ailleurs sur Terre », insistant ainsi sur l’importance des efforts de conservation dans la région.

A lire :  Une étude explique pourquoi les nouvelles mamans restent épuisées malgré un retour aux heures de sommeil

FAQ

Quels sont les impacts de l’exploitation forestière sur ces espèces ?

L’exploitation forestière dégrade les habitats nécessaires à la survie des caméléons endémiques et augmente leur risque d’extinction.

Comment ces montagnes favorisent-elles la biodiversité ?

L’isolement géographique et les micro-climats créés par l’altitude permettent à des espèces de se développer différemment, augmentant ainsi la richesse en biodiversité.

Quels sont les autres travaux en cours dans la région ?

Des recherches supplémentaires sont menées pour identifier d’autres espèces et évaluer les impacts environnementaux de l’exploitation agricole et forestière.

Quelles mesures de protection peuvent être mises en place ?

La création de zones de protection stricte et le développement de programmes de conservation communautaire pourraient aider à sauver ces espèces menacées.

Comment le grand public peut-il aider à protéger ces espèces ?

Des campagnes de sensibilisation peuvent inciter les gens à soutenir des initiatives de conservation locales et à éviter des produits liés à la déforestation.