L’impact de la qualité de l’air sur les élèves
Dans l’ouest des États-Unis, la fumée des incendies de forêt atteint de plus en plus souvent les établissements scolaires. Cependant, elle n’affecte pas tous les espaces d’apprentissage de la même manière. Selon des recherches menées par des universitaires de l’État de l’Oregon, la qualité de l’air que respirent les élèves à l’intérieur dépend grandement de la ventilation de leurs salles de classe.
Une étude révélatrice
Des résultats préliminaires d’une étude de terrain ont mis en lumière que les salles de classe équipées de ventilation mécanique parviennent à réduire considérablement la pollution de l’air intérieur. Cela offre aux écoles une approche pratique pour mieux protéger les élèves durant la saison des incendies, comme l’a rapporté l’étude. Les résultats ont été présentés par Victoria McCrary, une assistante de recherche et doctorante au sein du laboratoire des Bâtiments Durables, Sains et Résilients à l’Université d’État de l’Oregon.
Au cours de l’étude, McCrary a mesuré les niveaux de PM2.5, une forme de matière particulaire, dans trois salles différentes entre avril 2023 et juillet 2024. Chacune de ces salles avait un système particulier de ventilation :
- Une salle utilisait un climatiseur à fenêtre et un purificateur d’air portable,
- Une autre était dotée d’un système de ventilation mécanique moderne,
- La salle du personnel avait un système de Climatisation à Détente Directe associé à un purificateur portable.
Les résultats ont montré que la fumée provenant de deux incendies a entraîné des niveaux de PM2.5 supérieurs aux recommandations de l’Organisation mondiale de la santé pour un air intérieur sain. Cependant, la performance des salles était inégale.
Résultats significatifs
Lors des jours avec une forte fumée, la salle équipée de ventilation mécanique a maintenu des niveaux de PM2.5 bien inférieurs à ceux des autres salles. Selon McCrary, les résultats préliminaires indiquent que les salles ventilées mécaniquement avaient des ratios de PM2.5 intérieur-extérieur plus bas que celles sans ventilation mécanique, avec une réduction d’environ 50 % par rapport à l’extérieur.
Les dangers des PM2.5
Le PM2.5 est particulièrement dangereux car ces petites particules peuvent pénétrer profondément dans les poumons et même dans le sang. McCrary a cité des recherches de la Bibliothèque nationale de médecine indiquant qu’une augmentation de 10 microgrammes de PM2.5 est associée à une augmentation de 16 % de la mortalité due aux maladies cardiaques, et de 14 % pour les AVC. Cette exposition est d’autant plus préoccupante pour les enfants, qui sont plus vulnérables en raison de leur rapport poids/surface respiratoire.
Les établissements scolaires jouent un rôle crucial pour protéger les élèves lors des épisodes de fumée. Bien que l’Indice de qualité de l’air de l’EPA permette de suivre la qualité de l’air extérieur, il n’existe cependant pas d’indice officiel pour le PM2.5 intérieur. En général, les niveaux d’air intérieur suivent souvent les tendances de la fumée extérieure. L’OMS préconise un seuil de 15 microgrammes par mètre cube pour un air intérieur sain.
Quelles actions entreprendre ?
Pour les écoles qui souhaitent agir rapidement, les travaux de McCrary soulignent l’importance d’une meilleure ventilation. Bien que la fumée pénètre dans toutes les salles, les systèmes mécaniques semblent plus efficaces pour réduire l’exposition que les climatiseurs à fenêtre ou les salles sans ventilation complète.
Cela suggère également que les établissements scolaires doivent envisager des solutions au-delà de la simple fermeture des fenêtres. L’utilisation de filtres, la conception de la ventilation, et les unités de purification portables jouent tous un rôle dans la quantification de la fumée que respirent les élèves à l’intérieur.
Il est essentiel de surveiller d’autres sources intérieures de pollution, comme la cuisine, car celles-ci peuvent également affecter les niveaux de particules. Ces données peuvent orienter les décisions concernant les rénovations des salles de classe, les stratégies de purification de l’air, et les investissements dans des bâtiments scolaires plus sains.
Selon McCrary, il est impératif d’utiliser les infrastructures pour promouvoir la santé et le bien-être des occupants, particulièrement en ce qui concerne les enfants durant les périodes d’incendies de forêt.
FAQ
Quels sont les effets à long terme de l’exposition aux PM2.5 ?
Les études montrent que l’exposition prolongée aux PM2.5 peut mener à des maladies respiratoires chroniques, des problèmes cardiovasculaires, et raccourcir l’espérance de vie.
Quelle ventilation est la plus efficace pour les salles de classe ?
Les systèmes de ventilation mécanique se sont révélés les plus efficaces pour réduire les niveaux de PM2.5, surtout comparés aux climatiseurs à fenêtre ou à l’absence de ventilation.
Comment les parents peuvent-ils protéger leurs enfants de la fumée des incendies ?
Les parents peuvent encourager l’utilisation de purificateurs d’air à la maison, surveiller la qualité de l’air et garder les fenêtres fermées pendant les épisodes de fumée.
Quel rôle les filtres jouent-ils dans la purification de l’air ?
Les filtres de haute efficacité, comme les filtres HEPA, peuvent capturer de nombreuses particules nocives, y compris les PM2.5, améliorant ainsi la qualité de l’air intérieur.
Que peuvent faire les écoles pour améliorer la qualité de l’air pendant les incendies ?
Les écoles peuvent mettre en place des systèmes de ventilation appropriés, investir dans des purificateurs d’air portables, et surveiller régulièrement la qualité de l’air pour protéger la santé des élèves.
