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Une étude révèle que le fond marin de l’Arctique canadien retient la majeure partie du carbone provenant du sol en dégel.

Une étude révèle que le fond marin de l'Arctique canadien retient la majeure partie du carbone provenant du sol en dégel.

Quel est le problème ?

L’un des enjeux majeurs liés au réchauffement climatique concerne le carbone organique ancien entassé sous le pergélisol arctique. Lorsque ce sol gelé commence à fondre, il peut relâcher ce carbone dans les mers côtières, ce qui serait particulièrement préoccupant, car cela pourrait permettre à des microbes de le transformer en gaz à effet de serre supplémentaires. Néanmoins, une nouvelle étude propose une vision différente et affirme qu’une grande partie de ce carbone pourrait en fait être engloutie au fond des océans.

La situation actuelle

D’après un communiqué de presse sur cette recherche, il existe environ 1,43 trillion de tonnes (1,300 gigatonnes) de carbone organique, issu de végétation ancienne, stocké dans le pergélisol arctique. Par ailleurs, des sédiments marins et de deltas fluviaux contiennent encore 441 milliards de tonnes (400 gigatonnes) de ce carbone. Les scientifiques ont observé que, à mesure que l’Arctique se réchauffe plus rapidement que le reste du monde, la dégradation du sol et l’érosion côtière libèrent une partie de ce matériel dans l’océan.

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Sur les côtes de Qikiqtaruk (Île Herschel), au Canada, l’équipe du Institut Alfred Wegener et de MARUM (Université de Brême) a analysé des carottes de sédiments prélevées au fond de la mer. Ces échantillons révèlent près de 50 ans de dépôts provenant de la côte avoisinante. Selon le Dr Manuel Ruben, principal auteur de l’étude, cela correspond à 0,02 gigatonnes de carbone qui pénètrent dans la mer chaque année, avec une projection d’augmentation possible de 70 à 150 % d’ici 2100.

Les implications écologiques

Les résultats de cette recherche ont montré que seulement 10 % du carbone organique présent dans les sédiments avait été converti par les microbes en gaz susceptibles de rejoindre les océans et l’atmosphère. La majorité de ce matériau est donc resté enterré au fond.

Le dégel du pergélisol représente un risque climatique sérieux. En effet, si d’immenses quantités de carbone ancien se décomposent rapidement et se libèrent sous forme de gaz à effet de serre, cela pourrait créer un boucle de rétroaction problématique, augmentant encore le réchauffement. Pourtant, l’étude suggère que ce phénomène pourrait être plus complexe que prévu.

Les découvertes scientifiques

Ces recherches révèlent que les isotopes de carbone constituent des indicateurs clés pour identifier les sources alimentaires des microorganismes. Selon les données isotopiques, les microbes préfèrent souvent des matériaux marins plus récents, tels que des algues, au lieu du carbone organique plus ancien provenant du pergélisol. Si cette tendance se confirme, alors une part moins importante du carbone du pergélisol pourrait être transformée en gaz à effet de serre que ce que les scientifiques avaient initialement craint.

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L’eau côtière de l’Arctique, en charge de matériaux organiques et de sédiments, peut assombrir les eaux et réduire la lumière, ce qui limite la photosynthèse des algues et affecte ainsi les réseaux alimentaires marins. Cela pourrait avoir des répercussions sur la pêche, la faune marine, et les communautés locales.

Quelles sont les prochaines étapes ?

Les chercheurs estiment que ces résultats constituent une avancée importante, mais ils soulignent également qu’il reste encore beaucoup à découvrir. En effet, il est possible qu’une partie du carbone du pergélisol se décompose avant d’atteindre le fond marin, ce qui souligne la nécessité d’une meilleure compréhension des flux de pollution entre les côtes et les océans.

Dans le cadre de la campagne internationale Arctic Pulse prévue jusqu’en 2027, l’équipe prévoit de poursuivre ses recherches en utilisant des méthodes variées telles que le brise-glace de recherche Polarstern, ainsi que des avions et des études terrestres. Ces efforts visent à examiner comment les changements rapides en Arctique modifient les écosystèmes.

De telles recherches pourraient affiner les modèles climatiques et aider les gouvernements, les industries et les communautés à prendre de meilleures décisions en matière d’infrastructures, de pêches et de résilience face aux impacts climatiques.

FAQ

Quels sont les risques du dégel du pergélisol pour les écosystèmes locaux ?

Le dégel peut perturber les habitats marins et affecter les chaînes alimentaires, ce qui impacte la survie de nombreuses espèces, y compris le poisson et les mammifères marins.

Comment les scientifiques mesurent-ils les impacts du carbone organique ?

Ils utilisent des carottes de sédiments et analysent des isotopes de carbone pour étudier les sources de carbone et déterminer combien de carbone se libère dans l’atmosphère.

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Quel est le rôle des microbes dans le cycle du carbone au fond de la mer ?

Les microbes aident à décomposer le carbone organique. Toutefois, leur préférence pour le matériel plus récent pourrait réduire la quantité de carbone ancien convertie en gaz à effet de serre.

Quelles stratégies peuvent être mises en place pour atténuer ces effets ?

Investir dans des alternatives énergétiques durables, renforcer la législation environnementale et soutenir la recherche scientifique sont des moyens cruciaux pour lutter contre le changement climatique.

Que peut-on faire au niveau individuel pour aider à la situation ?

Réduire son empreinte carbone, promouvoir des pratiques durables et s’informer sur les enjeux écologiques sont des actions individuelles qui contribuent à la lutte contre le changement climatique.