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Des chercheurs stupéfaits par les découvertes sur le contenu des intestins des mouches : « Elles pourraient survivre et prendre du poids ».

Des chercheurs stupéfaits par les découvertes sur le contenu des intestins des mouches : « Elles pourraient survivre et prendre du poids ».

Les larves de la mouche soldat noire sont capables de dévorer de la mousse de polyuréthane, et même de prendre du poids en le faisant, selon une recherche parue dans la revue Environmental Entomology.

Un défi de recyclage

Le polyuréthane est un des plastiques les plus difficiles à recycler. On le retrouve dans divers objets tels que les coussins de canapé, les rembourrages en mousse et les matériaux d’emballage. Sa structure moléculaire solide permet à ce matériau de demeurer dans une décharge durant des siècles, souvent au prix de fuites de substances toxiques dans le sol et dans l’eau. Cela soulève des préoccupations majeures pour l’environnement.

Une recherche innovante

Une équipe de l’Université de Technologie de Henan en Chine a voulu évaluer si les larves, déjà reconnues pour leur capacité à consommer des déchets alimentaires et organiques, pouvaient s’attaquer à ce matériau résistant. Pour ce faire, les chercheurs ont divisé les larves en plusieurs groupes : certains ont reçu un aliment classique, d’autres de la mousse de polyuréthane humidifiée, et le reste n’avait que de l’eau.

Les résultats du test

Au cours d’une période d’essai de 16 jours, les larves nourries avec le polyuréthane ont ingéré environ un dixième de la mousse proposée. En moyenne, chaque larve a consommé environ 0,35 milligramme de plastique par jour, tout en prenant 19 milligrammes de poids au total. En comparaison, celles qui avaient accès à un aliment normal ont pris 96 milligrammes, alors que celles qui n’avaient rien perdu de manière continue.

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À l’intérieur des larves, une flore bactérienne dynamique a su s’adapter à ce régime alimentaire peu nutritif. Ces bactéries ont produit des enzymes capables de décomposer les liaisons dans le polyuréthane. Les auteurs de l’étude ont isolé une souche bactérienne, Delftia sp. A2, capable de décomposer le polyuréthane en poudre de manière autonome.

Perspectives d’avenir

Selon Xifeng Wang, le principal auteur de l’étude, “nous avons découvert que les larves de la mouche soldat noire peuvent survivre et prendre du poids en se nourrissant uniquement de polyuréthane, ce qui influe également sur la communauté microbienne de leurs intestins.” Cette découverte ouvre la voie à de nouvelles solutions pour gérer les déchets plastiques qui n’ont aujourd’hui pas de destination.

Si les scientifiques parviennent à identifier et à développer les bonnes enzymes, il pourrait y avoir à l’avenir des systèmes de recyclage biologique capables de décomposer des plastiques que les services de collecte habituels ne peuvent pas traiter. Cela impliquerait moins de plastique dans les décharges, une réduction des produits chimiques toxiques se retrouvant dans les sols environnants, et de potentielles économies sur les coûts de traitement des déchets.

FAQ

Quel est le rôle des larves de mouches soldats noires dans le recyclage ?

Les larves sont capables de décomposer certains types de plastiques, tels que le polyuréthane, grâce à des enzymes produites par leurs bactéries intestinales.

Quels autres matériaux peuvent être traités par ces larves ?

Outre le polyuréthane, ces larves se nourrissent également de déchets organiques comme les restes de cuisine et les débris d’animaux.

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Comment la recherche contribue-t-elle à l’environnement ?

Cette recherche pourrait permettre de développer des solutions innovantes pour le recyclage des déchets plastiques, réduisant ainsi leur impact environnemental.

Y a-t-il des risques associés à l’utilisation de larves pour le recyclage ?

Actuellement, les méthodes de recyclage au moyen de larves sont en phase expérimentale, et il faudra bien évaluer tous les aspects avant une mise en œuvre à grande échelle.

Quelles sont les prochaines étapes pour les chercheurs ?

Les chercheurs cherchent à isoler et à multiplier les souches bactériennes efficaces afin de concevoir des systèmes de traitement des déchets plastiques plus performants.