Dépendance croissante aux abeilles gérées
La dépendance accrue aux ruchettes d’abeilles gérées semble atténuer les conséquences négatives de la décline des pollinisateurs sauvages sur l’agriculture. Une étude récente révèle que les pertes de récolte dues à un manque de pollinisation ont diminué au cours des dernières décennies, principalement grâce à l’utilisation d’abeilles gérées par les agriculteurs.
Que s’est-il passé ?
Selon un rapport de Courthouse News Service, une équipe de chercheurs dirigée par Catarina Siopa, de l’Université de Fribourg et de l’Université de Coimbra au Portugal, a analysé 165 études parues entre 1950 et 2019 concernant l’impact d’une pollinisation insuffisante sur la production agricole.
En examinant 86 cultures cultivées sur plusieurs continents, les chercheurs ont constaté que les lacunes de rendements liées à la pollinisation étaient nettement plus importantes dans les décennies précédentes, atteignant en moyenne 73% avant les années 1980, contre environ 26% dans les années 2010.
Les chercheurs ont déclaré que les pratiques de gestion de la pollinisation actuelles sont devenues beaucoup plus efficaces dans les systèmes de production agricole, ce qui pourrait atténuer les effets néfastes de la diminution des pollinisateurs sauvages.
Courthouse News Service a précisé que l’étude a effectué 790 comparaisons en évaluant les cultures pollinisées naturellement par rapport à celles ayant bénéficié d’une pollinisation manuelle supplémentaire.
Malgré l’efficacité des abeilles gérées, une pollinisation insuffisante est liée à une réduction moyenne des rendements de 36% sur l’ensemble du jeu de données. Environ 42% des champs étudiés utilisaient des pollinisateurs gérés, et parmi eux, 68% dépendaient de l’abeille domestique, Apis mellifera.
Pourquoi est-ce important ?
Environ 75% des cultures majeures à l’échelle mondiale dépendent des pollinisateurs, représentant près d’un tiers de la production alimentaire mondiale, selon Courthouse News Service. Cela signifie qu’un déficit de pollinisation ne touche pas uniquement les exploitations individuelles, mais peut entraîner des récoltes réduites, des marges bénéficiaires plus serrées et potentiellement des factures alimentaires plus élevées. L’étude suggère que les abeilles gérées comblent en partie ce déficit, tout en dissimulant un déclin écologique plus profond.
Les champs utilisant des pollinisateurs gérés ont montré une amélioration continue au fil du temps, tandis que ceux qui n’en utilisaient pas restaient autour de 35% de pertes liées à la pollinisation.
Les chercheurs mettent en garde : cette tendance ne doit pas être interprétée comme une indication que la diminution des pollinisateurs sauvages n’est plus un problème. Ils soulignent une vulnérabilité croissante de l’agriculture lorsqu’elle repose trop sur une seule espèce pour la pollinisation.
Pour assurer une stabilité à long terme, les auteurs de l’étude suggèrent de prendre une approche plus large, incluant la protection des habitats pour les pollinisateurs sauvages, l’intensification de l’utilisation d’espèces gérées comme les abeilles bourdons et les abeilles solitaires, ainsi que la création de variétés de cultures pouvant se polliniser partiellement elles-mêmes.
Les auteurs ajoutent que les niveaux stables de pertes de pollinisation associés à la visite de pollinisateurs sauvages ne devraient pas être perçus comme une absence de déclin des pollinisateurs. Au contraire, cela suggère que le service écosystémique fourni par les pollinisateurs est maintenu dans le temps, probablement via des mécanismes compensatoires ou une résilience fonctionnelle.
Risques de la dépendance
Les chercheurs mettent également en garde contre une dépendance excessive aux abeilles domestiques. Ils insistent sur le fait que la gestion des pollinisateurs repose principalement sur une seule espèce, ce qui représente un risque considérable pour la durabilité agricole.
FAQ
Quelle est la principale conclusion de l’étude ?
L’étude indique que les pertes de récolte dues à un manque de pollinisation ont considérablement diminué grâce à l’utilisation d’abeilles gérées.
Pourquoi la dépendance aux abeilles gérées est-elle préoccupante ?
Une telle dépendance peut accroître la vulnérabilité de l’agriculture si cette unique espèce venait à décliner.
Quels sont les équilibres nécessaires pour maintenir la pollinisation ?
Un bon équilibre nécessite la protection des habitats des pollinisateurs sauvages et l’encouragement de l’utilisation de différentes espèces de pollinisateurs.
Comment les agriculteurs peuvent-ils compenser le déclin des pollinisateurs sauvages ?
Les agriculteurs peuvent diversifier les types de pollinisateurs utilisés, proposer des habitats favorables, et développer certaines variétés de cultures capables de s’auto-polliniser partiellement.
Quel rôle jouent les pollinisateurs sauvages dans l’écosystème ?
Les pollinisateurs sauvages jouent un rôle essentiel en maintenant la biodiversité et l’équilibre écologique, et leur déclin pourrait entraîner des conséquences graves pour la production alimentaire.
