Les habitants de Pontian, en Malaisie, sont préoccupés par des groupes de camions qui déversent des déchets de construction près de leurs domiciles à des heures avancées de la nuit, perturbant ainsi leur sommeil. Certains d’entre eux craignent que ces déchets proviennent de Singapour plutôt que d’un traitement approprié, laissant leur communauté face aux conséquences de cette situation.
Contexte actuel
Après qu’un rapport du média local Kosmo ait été publié le 8 août, les autorités de Johor ont pris des mesures pour fermer plus de cinq sites illégaux de déversement à Pontian et ont lancé des enquêtes sur trois d’entre eux, selon le site The Straits Times. Zainal Fitri Ahmad, directeur de SWCorp pour Johor, a indiqué que des vérifications préliminaires laissent penser que certains de ces déchets proviennent effectivement de Singapour.
Rafi Mohamad Noor, un surveillant de 27 ans dans un pensionnat à Kampung Sungai Senai Belokok, a expliqué : “Cela dure depuis le début de 2025. Nous ne pouvons pas dormir la nuit à cause de ces trains de camions, qui arrivent par groupes de six à huit après minuit.” Au départ, les résidents pensaient que cette activité nocturne était liée à des travaux de construction pour un projet immobilier. Cependant, ils ont ensuite constaté que de l’équipement de construction usagé et des déchets s’accumulaient près du village. Pendant les jours les plus chargés, Rafi a rapporté qu’environ 50 camions se rendaient sur ces sites.
Dans une publication sur Facebook datée du 12 août, Mohd Jafni Md Shukor, président du comité de l’habitat et des gouvernements locaux de l’État de Johor, a averti que toute personne gérant illégalement des déchets solides contrôlés pourrait encourir une amende allant jusqu’à 100 000 ringgits malais, soit environ 25 000 dollars, ou une peine de prison pouvant atteindre cinq ans, ou les deux.
Problèmes de dumping illégal
Des résidents et des activistes interrogés par le journal ont déclaré que le dumping indiscriminé est un problème récurrent à Johor, et ne se limite pas seulement aux sites actuellement sous investigation. L’un des sites de déversement se trouve à environ 33 mètres des maisons, de l’autre côté de la route, et The Straits Times a signalé que deux autres parcelles se trouvent derrière le village. Sur place, les habitants ont pu observer des tuiles brisées, des fragments de ciment, des tubes en caoutchouc, des barres métalliques et de l’équipement de construction jeté, tandis que de la fumée s’élevait du sol.
Amiratul Azwa Kamil, une mère de 35 ans, a décrit comment cette situation perturbe leur quotidien : “Les camions viennent et déversent les déchets, puis une pelleteuse nivelle le tout sur le terrain.” Elle a également mentionné que la poussière pénètre dans les maisons, se dépose sur le linge et cause des démangeaisons et de la toux, particulièrement chez les enfants. Bien que certains propriétaires terriens puissent considérer ces débris comme un matériau de remplissage peu coûteux, cette pratique comporte également des dangers d’incendie et des risques pour la santé.
Actions prises
Dans un rapport publié le 12 août, cité par The Straits Times, SWCorp a indiqué avoir réalisé des opérations de surveillance et d’interventions, notamment en interrogeant un conducteur de camion qui aurait été surpris en train de déverser des déchets mélangés sur Jalan Kampung Sinar Harapan. Ahmad a souligné que l’application de la loi est plus complexe dans les zones rurales, et les défenseurs de l’environnement ont fait remarquer que la frontière représente un obstacle supplémentaire aux interventions. Irwan Alif, fondateur de Sahabat Muda Johor, a expliqué que la surveillance d’activités transfrontalières est difficile, car l’agence ne possède pas de pouvoir aux douanes.
Les autorités mettent également en garde les propriétaires de terrains contre l’utilisation de leurs propriétés pour de telles pratiques. Jafni a déclaré : “Nous ne voulons pas que des terres, y compris des terrains privés, soient utilisées pour un déversement de déchets incontrôlé ou pour du remblayage. Les propriétaires ont la responsabilité de s’assurer que toutes les activités sur leur terrain respectent la loi.” Zainal a averti qu’il est à la fois illégal et dangereux d’utiliser des déchets de construction pour des activités de remblayage ou de nivellement, même à petite échelle, et a conseillé aux résidents de ne pas le faire. “Il suffit qu’une personne jette une cigarette allumée pour provoquer un incendie”, a-t-il ajouté.
FAQ
Quels types de déchets sont concernés par ce dumping illégal ?
Les déchets de construction, y compris des tuiles brisées, du ciment, et de l’équipement de chantier usagé, sont principalement déversés aux abords des habitations.
Quelles sont les conséquences pour ceux qui se livrent à ce type de dumping ?
Les individus reconnus coupables de gestion illégale des déchets peuvent faire face à de lourdes amendes ou des peines de prison allant jusqu’à cinq ans.
Comment la communauté réagit-elle à cette situation ?
Les habitants expriment leur frustration face à cette pollution nocturne qui perturbe leur sommeil et leur quotidien, et ils réclament des mesures plus strictes contre ces activités.
Existe-t-il des organisations qui luttent contre ce phénomène ?
Oui, des groupes de défense de l’environnement et des activistes travaillent à sensibiliser le public et à demander des actions concrètes de la part des autorités publiques pour mettre fin à ces pratiques illégales.
Que peuvent faire les résidents pour signaler cette situation ?
Les résidents peuvent alerter les autorités locales, participer à des forums communautaires pour exprimer leurs préoccupations, ou prendre contact avec des organisations environnementales pour obtenir de l’aide.
