Une découverte fascinante dans le désert occidental égyptien
Une partie du désert occidental de l’Égypte révèle aux scientifiques un aperçu surprenant d’un écosystème qui a disparu depuis longtemps. Des scientifiques ont mis à jour des dents de requins fossilisées dans la région du plateau d’Abu-Tartur, prouvant qu’un endroit actuellement caractérisé par la chaleur et le sable était autrefois un habitat riche en vie marine.
Ce qu’il faut retenir
Une étude parue dans la revue Cretaceous Research a permis de découvrir des dents de requins datant de millions d’années, appartenant à sept espèces différentes. Ces échantillons ont été collectés lors d’expéditions menées entre 2020 et 2022. D’après les informations fournies par Live Science, les fossiles provenaient du plateau d’Abu-Tartur, intégré dans la formation de Duwi du Crétacé supérieur, qui englobe des portions des déserts oriental et occidental de l’Égypte. Parmi les découvertes, une espèce n’avait jamais été observée auparavant en Afrique, et deux autres n’avaient pas encore été recensées en Égypte.
Tarek Yassin, paléontologue à l’université du Caire et principal auteur de l’étude, a affirmé que ce site témoigne du fait que la zone où se trouve le plateau était autrefois un océan débordant de vie marine. Les conditions environnementales de l’époque ont permis un développement florissant de la faune, favorisées par des températures agréables, un ensoleillement adéquat et des niveaux d’oxygène optimaux.
Parmi les espèces notables découvertes se trouve le Scapanorhynchus raphiodon, un ancêtre du requin gobelin moderne. Les chercheurs ont également identifié le Serratolamna serrata et le Squalicorax bassanii, deux espèces jusqu’alors non répertoriées en Égypte.
Contexte supplémentaire
Durant la période du Crétacé, qui s’étend d’environ 145 à 66 millions d’années, la planète était généralement plus chaude, et selon les scientifiques du Musée d’Histoire Naturelle de Londres, le niveau marin aurait pu être supérieur de 170 mètres à celui d’aujourd’hui. Ces conditions propices ont permis à des mers peu profondes de s’étendre dans des régions aujourd’hui désertiques, y compris en Égypte. Des travaux antérieurs dans cette zone avaient déjà mis en lumière des fossiles de poissons, de tortues marines, ainsi que d’autres reptiles marins, ce qui laisse penser qu’un riche environnement océanique avait prospéré.
Le plateau regorge de phosphorite, une roche sédimentaire qui se forme souvent à partir de coquillages marins et d’os. Yassin a précisé que l’équipe s’attendait à découvrir des fossiles de vertébrés dans des dépôts riches en phosphate, bien que les restes de requins soient tout de même une surprise enthousiasmante. Un désert aride aujourd’hui peut ainsi conserver des indices d’une mer ancienne, permettant aux scientifiques de mieux appréhender les variations climatiques, les changements du niveau de la mer ainsi que l’évolution de la vie marine.
Les investigations en cours
Les chercheurs poursuivent leurs travaux sur le plateau d’Abu-Tartur et dans les environs pour découvrir de nouveaux fossiles et dresser un tableau plus précis de l’écosystème qui y existait autrefois. Cependant, ils mettent en garde sur le fait que les sédiments pourraient contenir des restes provenant de différentes époques, ce qui ne signifie pas que ces sept espèces vivaient simultanément dans cette région. Néanmoins, la quantité de dents retrouvées indique que la mer était suffisamment riche en nutriments pour soutenir plusieurs prédateurs au sommet de la chaîne alimentaire.
Cette découverte enrichit le registre fossile de l’Égypte et de l’Afrique, fournissant aux paléontologues davantage d’indications sur les régions où vivaient les espèces anciennes et sur l’évolution des habitats marins au fil du temps.
FAQ
Quelle a été la méthode d’exploration utilisée pour découvrir ces fossiles ?
Les chercheurs ont mené des expéditions de terrain durant trois ans, collectant des échantillons et effectuant des analyses géologiques approfondies des dépôts du plateau.
Existe-t-il d’autres régions similaires en Afrique avec des fossiles marins ?
Oui, de nombreuses autres régions en Afrique portent des témoignages de la vie marine ancienne, particulièrement en Maroc et dans certaines parties de la Tunisie.
Que peuvent nous apprendre ces découvertes sur les changements climatiques ?
Ces fossiles permettent de retracer l’évolution des environnements marins durant le Crétacé, offrant des indices sur la manière dont des changements géologiques et climatiques ont façonné la biodiversité marine.
Quels impacts ces découvertes peuvent-elles avoir sur la paléontologie ?
Elles enrichissent notre compréhension de l’évolution marine, fournissant des éléments précieux sur la diversité des espèces et leur adaptation aux variations environnementales au cours des millions d’années.
Y a-t-il des risques de surexploitation de ce site archéologique ?
Le développement touristique et les activités industrielles pourraient potentiellement menacer le site. Il est essentiel de promouvoir la conservation et la recherche sur ces découvertes uniques pour préserver ce patrimoine précieux.
