Un site de chasse abandonné : le mystère des chasseurs de bisons
Un endroit au cœur du Montana central a attiré les chasseurs de bisons autochtones pendant des siècles, seulement pour tomber dans l’oubli par la suite. Selon une nouvelle étude, ce déclin n’a pas été causé par une raréfaction des bisons dans la région.
Comprendre l’abandon de ce site
Dans une recherche publiée dans Frontiers in Conservation Science, des scientifiques se sont penchés sur une question intrigante : pourquoi un site de chasse du Montana central, utilisé de manière intermittente pendant environ 700 ans, a-t-il été finalement abandonné alors même que des bisons étaient encore présents dans la région ?
Au lieu de se concentrer sur les bisons eux-mêmes, l’équipe de recherche a étudié le paysage environnant. Ils ont effectué plusieurs analyses, notamment en creusant neuf fosses, en effectuant des datations au radiocarbone sur du charbon de bois, et en examinant des sédiments, du pollen et des archives climatiques. Les résultats montrent clairement que l’abandon du site n’était pas dû à un effondrement de l’écosystème ni à un simple déplacement des chasseurs vers d’autres zones où les bisons se seraient réfugiés.
Dr. John Wendt, l’un des auteurs de l’étude, a expliqué : « Les chasseurs de bisons ont cessé d’utiliser ce site de chasse il y a environ 1 100 ans. Apparemment, la raison de cet abandon est liée à des sécheresses sévères et répétées, qui ont diminué la quantité d’eau disponible pour traiter les animaux près d’un ruisseau voisin. L’abandon du site est donc passé en réponse à des facteurs environnementaux et à des pressions sociales et économiques changeantes. »
En parallèle, les modes de chasse évoluaient. Selon ScienceDaily, les grandes chasses coordonnées devenaient plus fréquentes par rapport aux chasses mobiles plus petites, et ces opérations de grande envergure nécessitaient des ressources stables, notamment de l’eau, du combustible et du fourrage, ainsi qu’un terrain propice pour maintenir les bisons en place.
Pourquoi est-ce significatif ?
Ces résultats montrent comment le stress climatique peut influencer les pratiques humaines bien avant qu’une ressource clé ne disparaisse. Dans cette situation, même si les bisons étaient toujours présents, un approvisionnement en eau moins fiable rendait ce site de chasse particulier moins utilisable, car les stratégies de chasse exigeaient davantage de ressources de soutien.
Étant donné que la gestion de la faune et des terres aujourd’hui repose également sur une source d’eau fiable, les chercheurs suggèrent que les programmes liés aux bisons pourraient mieux faire face aux changements environnementaux si les gestionnaires étaient capables de modifier à la fois les sites de chasse et les méthodes employées.
L’étude met l’accent sur la capacité d’adaptation plutôt que sur un effondrement. Les populations humaines ont ajusté leurs stratégies, se sont réorganisées et se sont appuyées sur des connaissances accumulées au fil des générations face à des conditions climatiques changeantes.
Points de vue des experts
Dr. Wendt réfute une interprétation simpliste de l’abandon, affirmant : « Cela ne signifie pas que le site est devenu écologiquement inadapté dans un sens absolu. Les bisons étaient toujours là, la végétation n’avait pas changé, et il n’y a pas eu de modifications significatives des activités d’incendie. »
Il souligne aussi l’importance de l’adaptation : « Bien que les populations aient adapté leurs pratiques face au climat depuis bien plus longtemps, l’abandon de Bergstrom montre que les gens se sont réorganisés en réponse à des sécheresses répétées au cours des 2 000 dernières années. »
FAQ
Quels étaient les principaux facteurs de l’abandon du site de chasse ?
Les sécheresses répétées ont réduit la disponibilité d’eau pour traiter les bisons, ce qui a rendu l’utilisation du site de chasse moins viable.
Comment les chasseurs se sont adaptés aux changements environnementaux ?
Ils ont modifié leurs stratégies de chasse et ont changé leurs méthodes pour mieux faire face aux défis liés à la disponibilité des ressources.
Y a-t-il eu un changement dans les modes de chasse à cette époque ?
Oui, il y a eu une transition vers des chasses plus grandes et mieux coordonnées qui dépendaient de ressources stables comme l’eau et le fourrage.
Que signifie cette recherche pour la gestion actuelle des ressources naturelles ?
Elle suggère que les gestionnaires peuvent apprendre des adaptations passées pour mieux gérer la faune face aux changements climatiques contemporains.
Existe-t-il d’autres exemples de changements de pratiques de chasse face à des conditions climatiques changeantes ?
Oui, l’histoire de nombreuses cultures montre des ajustements similaires dans le comportement de chasse en réponse à des variations climatiques, ce qui souligne l’importance de l’adaptabilité.
