Une nouvelle approche pour traiter les morsures de serpents venimeux
Des chercheurs du Maryland ont peut-être trouvé une stratégie innovante pour traiter les morsures de serpents venimeux. Ils envisagent d’utiliser des protéines que possèdent déjà les serpents dans leur propre circulation sanguine, qui les protègent contre leur propre venin.
Découvertes prometteuses
Dans des expériences en laboratoire, des mélanges de protéines prélevées sur des serpents à sonnette ont montré une efficacité supérieure aux antivenins classiques dérivés de moutons. Ces mélanges se sont avérés efficaces contre le venin de plusieurs espèces de vipères particulièrement dangereuses.
Ces résultats ont été publiés le 29 juillet dans la revue PNAS, par un groupe de l’Université du Maryland dirigé par Sean B. Carroll, professeur de biologie. Le projet a porté sur des protéines présentes dans le sang des serpents à sonnette diamant, qui pourraient jouer un rôle dans leur protection contre leur propre venin.
Une recherche approfondie
Des études antérieures menées par Carroll avaient identifié une protéine protectrice, nommée FETUA-3. Dans cette nouvelle étude, Carroll et ses co-auteurs, dont Elda Sánchez, directrice du Centre national des toxines naturelles de la Texas A&M University-Kingsville, ont élargi leur recherche à l’ensemble de la famille des protéines FETUA.
Bien que certaines protéines individuelles puissent réduire certains effets du venin, comme les saignements ou l’activité enzymatique, aucune d’entre elles n’était capable d’empêcher totalement la mort. En revanche, lorsque plusieurs protéines étaient combinées, les résultats étaient nettement meilleurs.
D’après les chercheurs, ces protéines pourraient “neutraliser complètement la létalité du venin de serpent à sonnette avec une puissance environ dix fois supérieure à celle des antivenins commerciaux”.
Importance de ces découvertes
Les morsures de serpents sont souvent sous-estimées en tant que danger de santé publique. L’Organisation mondiale de la santé estime que ces morsures entraînent chaque année entre 80 000 et 140 000 décès et laissent des centaines de milliers d’autres personnes avec des handicaps permanents, surtout dans les zones rurales où les soins peuvent être difficiles d’accès.
Bien que les antivenins existants puissent sauver des vies, ils présentent de nombreuses limites. Ils sont généralement créés en injectant du venin à de grands animaux comme les chevaux ou les moutons, puis en récoltant les anticorps qu’ils produisent. Ce procédé peut être coûteux et parfois causer de graves réactions immunitaires.
Le développement d’un antivenin plus puissant et plus large, fabriqué en laboratoire, pourrait garantir un traitement plus sûr, une meilleure disponibilité, et des résultats améliorés pour les personnes mordues, en particulier celles éloignées des hôpitaux majeurs.
Carroll souligne : “Pourquoi s’en tenir aux anticorps de cheval alors que la nature a déjà créé un antidote efficace au sein même du serpent ?”
Vers de nouvelles solutions
Les chercheurs voient cela comme un point de départ. Identifier la meilleure composition nécessitera encore des recherches. Le venin de serpent est chimiquement complexe : un seul venin peut contenir environ 100 protéines toxiques provenant de différentes familles. L’équipe du Maryland continue d’explorer des combinaisons d’inhibiteurs naturels pour lutter contre un plus grand nombre de ces toxines.
Les combinaisons de protéines ayant donné les meilleurs résultats lors des tests en laboratoire ont complètement bloqué les effets mortels du venin de serpent à sonnette tout en offrant une protection contre d’autres venins de vipères, même ceux issus de lignées ayant évolué pendant des millions d’années.
Carroll conclut : “Les ingrédients sont là. Nous devons simplement continuer à tester différentes mélanges.” Il est convaincu que les premières applications commerciales de ces antidotes à base de protéines pourraient être dans le domaine de la vétérinaire, suivies de traitements pour les morsures de serpents chez l’humain.
FAQ
Quels sont les principaux dangers des morsures de serpents ?
Les morsures de serpents venimeux peuvent provoquer des effets graves comme des saignements internes, des lésions nerveuses et même la mort si elles ne sont pas traitées rapidement.
Comment sont fabriqués les antivenins classiques ?
Les antivenins classiques sont fabriqués en immunisant de grands animaux, tels que des chevaux, en leur injectant des venins afin de récolter leurs anticorps.
Pourquoi les protéines des serpents sont-elles une bonne alternative ?
Les protéines présentes dans le sang des serpents ont évolué pour les protéger contre leur propre venin, offrant ainsi une réponse naturelle et potentiellement plus efficace aux morsures de serpents.
Peut-on s’attendre à une commercialisation rapide de ces découvertes ?
Bien que prometteuses, ces recherches nécessiteront encore beaucoup de tests et d’évaluations avant d’arriver à une commercialisation.
Quelles autres applications pourraient avoir ces protéines ?
En plus des morsures de serpents, ces protéines pourraient également avoir des applications dans le traitement d’autres intoxications ou troubles liés aux venins d’animaux.
