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Un jeune en tête de la lutte contre un danger sanitaire majeur dans sa communauté : « À nous de changer les choses »

Un jeune en tête de la lutte contre un danger sanitaire majeur dans sa communauté : « À nous de changer les choses »

Un adolescent indien a décidé de ne plus regarder ses écosystèmes dépérir. À 17 ans, Dev Karan a créé Pondora, une organisation qui aide les villages à suivre la qualité de l’eau de leurs mares et à en reprendre la garde au quotidien. Son action lui a valu l’un des cinq prix décernés par le Young Activists Summit (YAS), un événement soutenu par l’ONU, salué par la presse nationale.

Pourquoi les mares comptent autant en Inde

Pendant des siècles, d’innombrables villages indiens se sont organisés autour de mares et d’étangs qui assuraient l’eau pour la vie quotidienne, l’irrigation et l’élevage. Ces plans d’eau étaient entretenus collectivement et faisaient partie de l’identité locale. Mais l’essor de grands aménagements hydrauliques, la surexploitation des nappes et la dégradation des zones humides ont affaibli ces écosystèmes. À mesure que les nappes baissaient, l’attention portée aux mares diminuait, et beaucoup se sont envasées, polluées ou abandonnées.

Quand restaurer ne suffit pas

Ces dernières années, des programmes publics, dont Amrit Sarovar (lancé en 2022), ont misé sur des chantiers de revitalisation. Sur le papier, les mares renaissent. Sur le terrain, Dev Karan et ses camarades ont constaté un autre phénomène: une fois les travaux finis, sans suivi et sans implication des riverains, nombre d’étangs retombent vite en friche. Autrement dit, la réhabilitation ponctuelle ne remplace pas une gouvernance locale et des gestes réguliers.

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Pondora: remettre les habitants aux commandes

Face à ce constat, Pondora part d’une idée simple: les personnes qui vivent au bord de l’eau doivent en être les gardiennes. L’organisation forme des “Pond Ambassadors”, des élèves qui animent des actions concrètes:

  • campagnes d’éducation environnementale dans les écoles et les quartiers;
  • journées de nettoyage et de désenvasement léger encadrées;
  • rappels des gestes anti-pollution (usage raisonné des détergents, gestion des déchets, entretien des berges);
  • relais auprès des autorités pour des besoins techniques plus lourds.

Des kits de suivi et une application pour voir les progrès

Pondora équipe les villages de kits de maintenance qui mesurent la qualité de l’eau et envoient les résultats vers une application mobile. Les communautés visualisent l’évolution des indicateurs (par exemple clarté de l’eau, odeurs, présence d’algues), repèrent rapidement les anomalies et peuvent agir sans attendre. Ces données facilitent:

  • la priorisation des interventions locales;
  • la coordination avec les services publics;
  • la motivation des riverains grâce à des preuves visibles des progrès.

Des bénéfices écologiques et économiques tangibles

Remettre une mare en bonne santé ne profite pas qu’à la nature. Cela renforce:

  • l’agriculture locale en sécurisant de l’eau d’appoint;
  • des opportunités de tourisme de proximité dans les zones urbaines, comme le souligne un mémo de politique de The Nature Conservancy;
  • la biodiversité, en offrant un habitat à des oiseaux, serpents, grenouilles et à une multitude d’invertébrés;
  • la résilience des villages face aux épisodes de sécheresse.

Une reconnaissance et un message clair

Le YAS, soutenu par l’ONU, a récompensé Dev Karan pour ce modèle centré sur la participation citoyenne, une distinction relayée par des médias comme NDTV. En ligne, les retours sont enthousiastes: beaucoup saluent une initiative “inspirante”. Le message de Karan est sans détour: le changement ne vient pas des tours d’ivoire; il naît du terrain, des mains qui se mouillent, des habitudes qui évoluent.

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Comment chacun peut contribuer

  • Rejoindre ou lancer un collectif local de suivi des mares.
  • Participer à des journées de nettoyage et à des ateliers de sensibilisation.
  • Signaler les déversements et les sources de pollution diffuse.
  • Plaider pour des budgets de maintenance et non pas uniquement pour des travaux ponctuels.
  • Encourager les écoles à créer des clubs nature et des projets de sciences participatives.

FAQ

Qui est Dev Karan ?

C’est un lycéen indien engagé pour la restauration des mares. Il a fondé Pondora pour que les villages suivent la qualité de l’eau et deviennent les stewards de leurs plans d’eau. Son travail a été primé par le Young Activists Summit.

Qu’appelle-t-on “qualité de l’eau” dans une mare ?

Ce sont des signaux comme la transparence, les odeurs inhabituelles, l’état des berges, la présence d’algues ou d’écume, et, lorsque c’est possible, des mesures simples (température, pH, oxygénation). Pris ensemble, ils indiquent la santé de l’écosystème.

Un village peut-il commencer sans matériel sophistiqué ?

Oui. Observer régulièrement, tenir un carnet de bord, organiser des tournées de berge, éviter les déchets et limiter les produits chimiques près de l’eau sont déjà des pas décisifs. Des kits simples peuvent venir ensuite.

Les mares urbaines ont-elles un intérêt au-delà de l’esthétique ?

Oui. Elles rafraîchissent les quartiers, attirent la faune, offrent des espaces éducatifs et peuvent créer un petit tourisme local lorsqu’elles sont bien entretenues et intégrées à des parcs.

Comment s’impliquer si on n’a pas de mare près de chez soi ?

On peut soutenir des associations qui œuvrent pour les zones humides, relayer des bonnes pratiques anti-pollution, participer à des projets d’inventaires naturalistes, ou aider une école à monter un programme d’observation de l’eau.

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