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Fossile d’ape vieux de 17 millions d’années en Égypte : une révélation sur nos origines humaines

Cette Fossile d'Ape Ancien Pourrait Révolutionner Nos Origines Humaines
Reconstruction de Masripithecus moghraensis par Mauricio Antón. Crédit : Professeur Hesham Sallam

Une découverte majeure concernant les ancêtres des singes modernes a été réalisée en Égypte, avec l’identification d’un fossile d’un primate jusque-là inconnu. Cette nouvelle espèce pourrait potentiellement modifier nos conceptions anciennes sur l’origine des primates actuels.

Un vide géographique comblé

L’histoire évolutive des singes avait jusqu’à présent un important manque géographique. Tandis que de nombreuses découvertes fossiles en Afrique de l’Est, en Europe et en Asie ont permis de retracer l’histoire des singes modernes, l’Afrique du Nord faisait cruellement défaut dans ces recherches. La découverte récente d’un fossile en Égypte est sur le point de corriger cette lacune.

Dans une étude publiée dans le journal Science, une équipe de chercheurs du Centre de Paléontologie Vertébrale de l’Université de Mansoura et de l’Université de Californie du Sud a mis en lumière une nouvelle espèce nommée Masripithecus moghraensis, qui aurait vécu entre 17 et 18 millions d’années, durant le Miocène précoce. Ce fossile a été mis au jour sur le site de Wadi Moghra dans le nord de l’Égypte et représente le premier fossile de primate clairement identifié de cette région.

Hesham Sallam, un paléontologue à l’Université de Mansoura, a souligné l’importance de cette découverte en précisant : « Nous avons passé cinq ans à rechercher ce type de fossile car, lorsqu’on examine l’arbre généalogique des singes anciens, il devient évident qu’il manque une pièce, et l’Afrique du Nord contient cette pièce manquante. »

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Fossiles et diversité des singes

Bien que des fossiles de singes plus récents aient été découverts en Afrique, en Asie et en Europe, le lien entre ces fossiles et l’histoire géographique de leurs ancêtres reste un sujet de débat scientifique. L’absence de fossiles en Afrique du Nord a alimenté l’idée que les ancêtres des singes vivaient principalement plus au sud. La découverte de Masripithecus suggère pourtant qu’il y avait des ancêtres des singes dans cette région à cette époque précise, tout en indiquant une différence nette par rapport aux singes d’Afrique de l’Est contemporains. Le nom du genre Masripithecus provient du mot arabe pour Égypte, Masr (مصر), combiné avec le terme grec píthēkos, qui désigne “singe”. Le nom de l’espèce fait référence à Wadi Moghra, un site fossilifère bien connu où les fossiles ont été découverts par l’équipe de Sallam lors de leurs travaux de terrain entre 2023 et 2024.

Une anatomie révélatrice

Actuellement, les fossiles retrouvés se limitent à un fragment de mâchoire inférieure, mais ce fossile présente des caractéristiques distinctives qui ne sont observées chez aucun autre primate connu de la même période. On y trouve notamment des dents canines et prémolaires particulièrement grandes, ainsi que des molaires aux surfaces de mastication arrondies et fortement texturées.

D’après Shorouq Al-Ashqar, chercheur au Centre de Paléontologie Vertébrale de l’Université de Mansoura et premier auteur de l’étude, tout cela indique que Masripithecus avait une adaptabilité alimentaire. Ces caractéristiques suggèrent un régime principalement basé sur les fruits, avec la capacité de consommer des aliments plus durs comme des noix ou des graines au besoin. Cette flexibilité alimentaire aurait permis à Masripithecus de prospérer durant une période de changements climatiques importants, renforçant la saisonnalité en Afrique du Nord et dans la péninsule arabique.

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Une nouvelle lumière sur l’évolution des singes

Mais l’anatomie ne constitue qu’une partie des preuves. Masripithecus occupe aussi une position cruciale dans l’arbre généalogique des singes. En utilisant des méthodes bayésiennes avancées, l’équipe a rassemblé des données anatomiques provenant d’espèces de singes vivants et éteints, ainsi que des âges géologiques des espèces fossiles, afin d’estimer leurs relations et les périodes de divergence. Leur analyse a révélé que Masripithecus est plus étroitement lié aux singes modernes qu’à tout autre singe connu du Miocène précoce en Afrique de l’Est.

Des analyses biogéographiques menées par l’équipe suggèrent également que l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient étaient probablement le lieu d’origine de l’ancêtre commun de tous les singes vivants, estimé à avoir vécu durant le Miocène précoce. À cette époque, la région représentait un couloir naturel permettant le déplacement des animaux en raison des mouvements des plaques tectoniques et des variations du niveau de la mer, réduisant ainsi les barrières marines.

Perspectives de futures découvertes

Erik Seiffert, paléontologue à l’Université de Californie du Sud et co-auteur de l’étude, a mentionné que sa vision des origines des singes a considérablement évolué grâce à cette découverte. Il avait toujours supposé que l’ancêtre commun des singes vivants avait vécu en Afrique de l’Est, mais ces nouvelles découvertes et analyses mettent ce postulat en question. Les chercheurs estiment que davantage de travaux de terrain dans cette région pourraient révéler d’autres fossiles cruciaux pour comprendre comment les singes modernes sont apparus et ont commencé à se diversifier. Masripithecus moghraensis illustre combien il reste d’éléments non explorés dans notre récit évolutif.

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FAQ

Qu’est-ce que Masripithecus moghraensis ?

Masripithecus moghraensis est une nouvelle espèce de primate découverte en Égypte, qui aurait vécu entre 17 et 18 millions d’années durant le Miocène précoce. Cette découverte comble une lacune dans l’histoire évolutive des singes.

Pourquoi l’Afrique du Nord est-elle importante pour l’étude des origines des singes ?

L’Afrique du Nord pourrait avoir joué un rôle crucial dans l’évolution et la dispersion des singes, comme le montre la découverte de Masripithecus, suggérant que cette région a été un carrefour important pour les ancêtres des singes modernes.

Quels types d’adaptations alimentaires présente Masripithecus moghraensis ?

Les caractéristiques anatomiques de Masripithecus indiquent qu’il avait une alimentation principalement fruitée, avec la capacité de consommer des aliments plus durs comme des noix, lui permettant de s’adapter à des changements climatiques.

Comment Masripithecus se compare-t-il aux singes d’Afrique de l’Est ?

Masripithecus montre des différences notables par rapport aux singes contemporains d’Afrique de l’Est, ce qui suggère une diversification des espèces de singes dans différentes régions de manière indépendante.

Quelle est l’importance de l’analyse biogéographique dans cette recherche ?

L’analyse biogéographique a montré que l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient étaient probablement le berceau de l’ancêtre commun des singes vivants, permettant ainsi de revisiter les théories sur l’origine des singes modernes.