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L’ADN Ancien Révèle que les Derniers Chasseurs-Cueilleurs d’Europe Ont Persisté Bien Plus Longtemps Que Prédit.

L'ADN Ancien Révèle que les Derniers Chasseurs-Cueilleurs d'Europe Ont Persisté Bien Plus Longtemps Que Prédit.

Découvertes génomiques sur l’Europe

Des recherches génétiques montrent que certaines communautés de chasseurs-cueilleurs en Belgique et aux Pays-Bas ont survécu des millénaires plus longtemps que les autres populations européennes, même à l’époque où l’agriculture se répandait. Ce constat a été mis en évidence par des chercheurs de l’Université de Huddersfield qui ont analysé l’ADN ancien pour retracer l’histoire sociale et culturelle de cette époque. Plus particulièrement, ils soulignent le rôle essentiel des femmes dans cette transition, qui a conduit à un changement culturel progressif vers l’agriculture.

Cette étude fait partie d’un projet international rassemblant des généticiens et des archéologues, coordonné par David Reich de l’Université de Harvard. Les résultats de cette collaboration ont été publiés dans la revue Nature.

Les travaux à Huddersfield ont été menés par Alessandro Fichera, un chercheur en doctorat, et le Dr Francesca Gandini, sous la supervision du Dr Maria Pala, du professeur Martin B. Richards et du Dr Ceiridwen Edwards du groupe de recherche en archéogénétique au sein de l’École des sciences appliquées.

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Une grande synergie entre plusieurs institutions

Le financement a été fourni par une bourse doctorale accordée par le Leverhulme Trust au professeur Richards et au Dr Pala. Pour mener à bien leurs travaux, l’équipe a collaboré avec le professeur John Stewart, paléoécologue à l’Université de Bournemouth, ainsi qu’avec des archéologues de l’Université de Liège en Belgique. Ces deux équipes ont contribué à l’excavation et à la conservation des restes humains anciens utilisés dans la recherche.

Redéfinir l’histoire préhistorique européenne

Pour comprendre cette époque de la préhistoire européenne, les chercheurs ont séquencé des génomes complets d’individus ayant vécu entre 8500 et 1700 avant notre ère dans une zone correspondant aujourd’hui à la Belgique, l’Allemagne et les Pays-Bas. Ce moment marquait une ère de migrations massives et de transformations culturelles. Avant l’existence des frontières modernes, les communautés parcouraient largement le continent, initiant des échanges avec des populations locales, modifiant ainsi le paysage génétique et introduisant de nouvelles langues, traditions et modes de vie.

Ces bouleversements ont laissé une empreinte durable sur l’ascendance européenne moderne. En effet, la majorité des populations contemporaines du continent portent des traces de trois principaux ancêtres : un composant de chasseurs-cueilleurs, un autre lié aux premiers agriculteurs du Proche-Orient, et enfin, un troisième généré par les pasteurs venus de Russie.

La pauvreté de transformation génétique au cours de l’agriculture

D’après cette recherche, l’introduction de l’agriculture dans la région, vers 4500 avant notre ère, n’a pas entraîné le changement radical de la composition génétique observé ailleurs en Europe. Au contraire, les chasseurs-cueilleurs locaux ont acquis des pratiques agricoles de manière inégale, avec une influence génétique minimale des fermiers nouvellement arrivés.

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Les données génomiques suggèrent qu’une grande partie de ce flux migratoire provenait de femmes qui s’unissaient à des hommes des communautés locales, apportant ainsi avec elles leur savoir-faire et leurs gènes. Ce phénomène était particulièrement limité aux zones humides et côtières, où les ressources naturelles ont permis aux populations locales de conserver plusieurs pratiques de chasse-cueillette tout en intégrant certaines activités agricoles.

La persistance de l’ascendance de chasseurs-cueilleurs

L’ascendance de chasseurs-cueilleurs est demeurée élevée dans la région, jusqu’à la fin du Néolithique, vers 2500 avant notre ère, lorsque de nouveaux groupes ont commencé à migrer à travers l’Europe. Ces nouvelles populations ont minglé intensément avec les communautés locales, ce qui a finalement aligné la trajectoire génomique de la région avec celle des zones environnantes.

Un rôle central des femmes dans la transmission des connaissances

Le professeur Stewart a souligné l’absence d’un changement brusque entre les anciennes populations de chasseurs-cueilleurs et les agriculteurs plus récents dans les plaines des Pays-Bas et de Belgique. Il a évoqué une sorte d’atsmosphère où le temps semblait s’arrêter, en observant l’évolution progressive.

Le Dr Pala a déclaré que les études sur l’ADN ancien mettent souvent en lumière des aspects inattendus du passé. Bien que l’on s’attende à de nouvelles découvertes dans des régions encore peu explorées, les résultats en plein cœur de l’Europe sont d’autant plus frappants. Elle a également ajouté que ce projet a révélé l’importance des femmes dans la transmission des connaissances entre les agriculteurs et les chasseurs-cueilleurs. Grâce à ces études, l’impact historique des femmes sur l’évolution humaine est désormais mis en lumière.

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FAQ

Pourquoi les femmes ont-elles joué un rôle aussi important dans cette transition culturelle ?

Les femmes ont souvent été à l’origine de l’introduction des pratiques agricoles dans les communautés de chasseurs-cueilleurs. En épousant des hommes locaux, elles ont pu transférer leurs connaissances tout en contribuant à la diversité génétique de la population.

Quelle est la signification des découvertes faites par cette équipe de recherche ?

Ces découvertes apportent une meilleure compréhension des échanges culturels et biologiques entre les différentes populations européennes, contribuant ainsi à une révision de l’histoire préhistorique du continent.

Quelles méthodes les chercheurs ont-ils utilisées pour analyser l’ADN ancien ?

Les chercheurs ont séquencé des génomes complets d’individus trouvés dans des sites archéologiques, permettant d’étudier les différences et similitudes génétiques au fil des siècles.

Comment l’arrivée de l’agriculture a-t-elle été perçue dans d’autres régions d’Europe ?

Dans d’autres parties du continent, l’arrivée de l’agriculture a provoqué des changements génétiques plus radicaux, souvent en raison de la migration de grands groupes d’agriculteurs interagissant avec les populations locales.

Quel est l’avenir des recherches sur l’ADN ancien ?

Les recherches sur l’ADN ancien continuent d’évoluer, ouvrant des perspectives pour comprendre l’impact des migrations et des interactions culturelles sur l’humanité. Ces études peuvent révolutionner notre compréhension de l’histoire humaine et de l’évolution.