Avancée dans l’interface cerveau-machine
Dans une étape significative vers la connexion des cerveaux humains aux machines, des scientifiques ont mis au point un système d’interface cerveau-ordinateur (ICO) capable d’interpréter les signaux neuronaux sans contact direct avec le cerveau. Traditionnellement, les implants neuronaux doivent être placés sur ou à l’intérieur du cerveau, ce qui peut endommager les tissus cérébraux de manière encore mal comprise par les chercheurs. Cependant, une entreprise nommée Synchron adopte une approche novatrice : elle développe des systèmes ICO qui se faufilent vers le cerveau via la veine jugulaire, éliminant ainsi la nécessité de la chirurgie cérébrale.
Le progrès technologique
Récemment, Wired rapporte que Synchron a franchi une nouvelle étape avec son dernier ICO. Ce dernier n’a même pas besoin d’atteindre directement le cerveau pour capter ses signaux. L’implant, qui reste dans le système vasculaire près du cerveau, a réussi à interpréter des signaux neuronaux indiquant l’intention de bouger un muscle.
Deux patients atteints de la maladie de Lou Gehrig, ayant reçu cet appareil expérimental, ont pu l’utiliser pour communiquer et envoyer des messages texte, comme le souligne une étude publiée dans le Journal of NeuroInterventional Surgery.
Les implications de la technologie
Le directeur de Synchron, Thomas Oxley, neuroscientifique, déclare : « La technologie des stents auto-expansibles a déjà fait ses preuves dans des applications cardiaques et neurologiques pour traiter d’autres maladies. Nous exploitons cette caractéristique en plaçant des électrodes au sommet du stent. » Il précise que l’implantation est entièrement réalisable : les patients peuvent rentrer chez eux en quelques jours et il est conçu pour être facile d’utilisation.
Bien sûr, pour les patients, la réalité est un peu plus complexe. Ils doivent passer plusieurs semaines à former le logiciel d’intelligence artificielle du système, afin qu’il apprenne à reconnaître leurs signaux neuronaux. Une fois que le système a compris quels impulsions cérébrales signifient quoi, les patients sont capables de déplacer un curseur sur l’écran d’un ordinateur avec un suivi oculaire et de cliquer simplement par pensée.
Un équilibre entre invasif et non-invasif
Andrew Pruszynski, neuroscientifique à la Western University au Canada, commente : « Il y a un compromis entre le niveau d’invasivité souhaité et la quantité d’informations collectées. Nous tentons de trouver un juste milieu en insérant un cathéter près de l’activité neuronale. C’est certes invasif, mais pas autant que de placer des électrodes directement dans le cerveau. »
FAQ
Qu’est-ce qu’une interface cerveau-ordinateur (ICO) ?
Une interface cerveau-ordinateur est un dispositif qui permet de connecter le cerveau humain à un ordinateur, permettant ainsi la communication et le contrôle d’appareils externes par la pensée.
Quels sont les risques associés aux implants neuronaux traditionnels ?
Les implants traditionnels peuvent causer des dommages aux tissus cérébraux, entraîner des infections et provoquer des complications dues à la chirurgie, ce qui rend leur utilisation plus risquée.
Quelles applications futures pourrait avoir cette technologie ?
Cette technologie pourrait potentiellement révolutionner les soins des personnes atteintes de paralysie, leur permettant de récupérer une certaine autonomie, et pourrait également être utilisée dans des applications médicales avancées, comme le cybernétique.
Les patients doivent-ils continuer l’entraînement après l’implantation ?
Oui, les patients doivent continuer à former le système d’intelligence artificielle pour s’assurer qu’il enregistre correctement leurs signaux neuronaux, ce qui nécessite du temps et des efforts.
Existe-t-il des alternatives à cette technologie ?
Oui, plusieurs autres recherches sont en cours sur des dispositifs sans contact, comme les casques EEG, qui mesurent l’activité cérébrale par des capteurs externes, mais ils ne sont pas encore aussi précis que les implants neuronaux.
