Exploration des microbes dans les vallées sèches de McMurdo
Les vallées sèches de McMurdo, situées dans le territoire de Victoria en Antarctique, présentent des ressemblances frappantes avec la planète Mars. Leur environnement aride et hostile, où des vents puissants génèrent uniquement du gravier libre, pourrait fournir des indices importants sur la manière dont la vie végétale extraterrestre pourrait survivre dans de telles conditions.
Microorganismes et lichens : les résidents de ces vallées
Dans ce milieu extrême, seuls quelques organismes, tels que les microorganismes cryptoendolithiques et certains lichens, parviennent à survivre. Ces micro-organismes trouvent refuge dans les fissures des roches afin de résister aux conditions climatiques défavorables.
Envoi de champignons dans l’espace
Des chercheurs européens se sont lancés dans une expérience passionnante pour en savoir plus sur la capacité de résistance des organismes dans l’espace. Ils ont collecté deux espèces de champignons cryptoendolithiques, à savoir Cryomyces antarcticus et Cryomyces minteri, que l’on a ensuite envoyées à la Station Spatiale Internationale (ISS) pour étudier leur réaction face à des conditions semblables à celles de Mars.
Conditions expérimentales
Les champignons ont été placés dans des cellules sur une plateforme expérimentale nommée EXPOSE-E, conçue par l’Agence Spatiale Européenne pour résister à des environnements extrêmes. Cette plateforme a été amenée à l’ISS par la navette spatiale Atlantis et a été installée à l’extérieur du module Columbus.
Pendant 18 mois, la moitié des champignons a été exposée à une atmosphère ressemblant à celle de Mars, comprenant des niveaux élevés de dioxyde de carbone et de radiation ultra-violette.
Études complémentaires sur les lichens
Les scientifiques n’ont pas uniquement étudié les champignons, mais ont également observé deux espèces de lichens, Rhizocarpon geographicum et Xanthoria elegans, provenant de la Sierra de Gredos en Espagne et des Alpes autrichiennes. Étant donné que ces lichens survivent déjà dans des environnements de haute montagne extrêmes sur Terre, les chercheurs s’interrogeaient sur leur capacité à résister à des conditions martiennes.
Résultats de l’expérience : des révélations surprenantes
Certaines des espèces de lichens mises à l’épreuve dans des conditions similaires à celles de Mars ont montré deux fois plus d’activité métabolique par rapport à celles exposées uniquement à des conditions spatiales. Par exemple, Xanthoria elegans a présenté une augmentation de 80 % de son activité. Les champignons antarctiques se sont également révélés résistants, avec 35 % des cellules conservant leur membrane intacte.
Selon Rosa de la Torre Noetzel, chercheuse à l’Institut National de Technologie Aérospatiale en Espagne, plus de 60 % des cellules des communautés étudiées ont maintenu leur intégrité après une exposition simulée aux conditions martiennes. Cela signifie que la stabilité de leur ADN cellulaire était encore élevée.
Perspectives d’avenir de l’expérimentation
Ce projet, nommé Lichens and Fungi Experiment (LIFE), marque le début d’une recherche approfondie sur la survie de diverses communautés d’organismes lithiques dans l’espace. De la Torre explique que les résultats obtenus fourniront des informations cruciales sur la capacité de survie et la stabilité à long terme des microorganismes sur la surface de Mars, aspect fondamental pour les futures missions de recherche de vie sur la planète rouge.
FAQ
Quels types d’organismes vivent dans les vallées sèches de McMurdo ?
Les vallées accueillent principalement des micro-organismes cryptoendolithiques et quelques espèces de lichens qui s’adaptent à l’environnement extrême.
Quel est l’objectif principal de l’expérience menée sur la plateforme EXPOSE-E ?
L’objectif est de tester la résistance et la survie d’organismes dans des conditions similaires à celles de Mars, en étudiant leur réaction à divers facteurs environnementaux pendant un long séjour dans l’espace.
Quelles implications cette recherche pourrait-elle avoir pour la recherche de vie sur Mars ?
Les résultats aideront à mieux comprendre comment la vie pourrait subsister sur Mars, ce qui est essentiel pour concevoir de futures missions d’exploration sur cette planète.
Comment ces recherches sont-elles financées ?
Ces études sont souvent financées par des agences gouvernementales comme l’Agence Spatiale Européenne et des institutions scientifiques collaborant à des projets de recherche spatiale.
Les résultats de ces études pourront-ils être appliqués à d’autres environnements extrêmes sur Terre ?
Oui, les résultats pourraient potentiellement être appliqués à d’autres environnements extrêmes, comme les déserts ou les profondeurs marines, pour mieux comprendre la résilience de la vie.
