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<em>Image : CDC via Unsplash / Futurism</em>
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Les soupçons autour du laboratoire de Wuhan
Au cours de l’année écoulée, le Institut de virologie de Wuhan (WIV) a été au centre de nombreuses discussions, en particulier en ce qui concerne les théories sur l’origine de la pandémie de coronavirus. Bien que les causes réelles restent floues, il est inquiétant de constater que la possibilité d’une fuite de laboratoire, c’est-à-dire la libération accidentelle d’un agent pathogène dangereux à partir d’un établissement de recherche, est relativement élevée.
Une étude alarmante sur la sécurité des laboratoires
D’après un article publié dans The Conversation, rédigé par Filippa Lentzos, chercheuse spécialisée dans les menaces biologiques à King’s College London, et Gregory Koblentz, directeur de la défense biologique à l’Université de George Mason, il est révélateur que seulement environ 25 % des laboratoires de biosécurité de niveau 4 (BSL4) à travers le monde possèdent des protocoles de sécurité et de biosécurité adéquats. Ces laboratoires sont responsables de l’étude des agents pathogènes les plus dangereux que nous connaissons.
Les lacunes des réglementations sur la recherche
De plus, la plupart des pays dotés de ces laboratoires échouent à réglementer la recherche à double usage, c’est-à-dire des expériences menées pour des raisons bienveillantes mais qui peuvent être mal utilisées à des fins nuisibles ou militaires. très peu d’entre eux exercent un contrôle sur la recherche de gain de fonction, domaine qui vise à renforcer la virulence des pathogènes.
Les auteurs de l’article soulignent que cette situation est particulièrement préoccupante. En effet, la recherche sur les coronavirus est susceptible de croître, les scientifiques cherchant à mieux comprendre ces virus et à identifier ceux qui présentent un risque accru de transmission de l’animal à l’homme, ou entre humains.
Incertitudes sur l’origine de la pandémie
Il est crucial de noter que, même si la communauté scientifique s’inquiète de la sécurité des laboratoires manipulant ces agents pathogènes, cela ne prouve en rien comment la pandémie de COVID-19 a commencé. L’hypothèse selon laquelle le SARS-CoV-2 aurait échappé du WIV pourrait rester indémontrable. Toutefois, le fait que la Chine n’ait pas rejoint le Groupe international d’experts en biosécurité et régulation — qui favorise le partage des meilleures pratiques en matière de sécurité — ne fait qu’ajouter à la controverse.
Malgré tout, il faut noter que seulement 40 % des pays ayant des laboratoires BSL4 ont effectivement adhéré à ce groupe, et aucun n’a adopté le système de gestion des risques biologiques proposé en 2019 pour améliorer la sécurité.
La nécessité d’une recherche responsable
Les auteurs concluent que la pandémie de COVID-19 a servi de rappel violent des dangers que représentent les maladies infectieuses et du besoin d’une recherche biomédicale robuste pour sauver des vies. Néanmoins, il est tout aussi crucial de garder à l’esprit les risques inhérents à cette recherche. Une science rigoureuse et des politiques intelligentes sont essentielles pour maîtriser ces dangers et permettre à l’humanité de bénéficier de ces avancées.
FAQ
Qu’est-ce qu’un laboratoire BSL4 ?
Un laboratoire BSL4 est une installation de recherche qui manipule des agents pathogènes susceptibles de provoquer des maladies graves ou mortelles chez l’homme, avec un risque de transmission sans traitement connu.
Quels sont les exemples de pathogènes étudiés dans les laboratoires BSL4 ?
Les laboratoires BSL4 étudient des agents tels que le virus de l’Ebola, le virus de Marburg et d’autres virus émergents ayant un fort potentiel épidémique.
Pourquoi est-il important de réguler la recherche à double usage ?
La recherche à double usage peut potentiellement être utilisée à des fins militaires ou pour causer du tort, d’où la nécessité de réglementations strictes pour assurer la sécurité mondiale.
Quels sont les impacts d’une recherche mal régulée ?
Une recherche mal régulée peut conduire à des fuites accidentelles de pathogènes, augmenter les risques d’incidents biologiques, ou encore contribuer à des programmes d’armement biologique.
Que peut-on faire pour améliorer la sécurité des laboratoires ?
Il est important de renforcer les directives de biosécurité, de promouvoir le partage des meilleures pratiques, et de s’assurer que tous les laboratoires suivent des protocoles stricts de sécurité.
