UNE ENTREPRISE FAMILIALE. Phil et Anthony Butler ne sont pas seulement père et fils, mais aussi associés en affaires. Le père est professeur de physique, et le fils enseigne le bioingénierie. Cette semaine, leur société, MARS Bioimaging, a lancé un scanner à rayons X révolutionnaire, dont le développement a duré dix ans.
Pour comprendre comment fonctionne l’imagerie par rayons X, il faut savoir que ces rayons traversent le corps humain. Ils sont absorbés par les matériaux denses comme les os, tandis qu’ils passent à travers les tissus plus mous, tels que les muscles. Les rayons X qui réussissent à traverser totalement frappent un film placé derrière votre corps, apparaissant comme des zones noires. Les endroits où ils sont bloqués par les os se présentent sous forme de zones blanches.
EN COULEURS VIVES. Recentrons-nous sur l’invention des Butler. Ce scanner innovant utilise une technologie appelée Medipix, développée initialement pour aider les scientifiques du CERN à suivre les particules au sein du Grand Collisionneur de Hadron. Grâce à cette technologie et à des algorithmes informatiques, le scanner produit des images en couleur en 3D.
Plutôt que de simplement enregistrer les rayons X en fonction de leur passage ou non à travers le corps, ce dispositif mesure précisément les niveaux d’énergie des rayons X au contact de chaque particule corporelle. Il traduit ensuite ces données en différentes couleurs symbolisant les os, muscles et d’autres tissus.
UN DIAGNOSTIC AMÉLIORÉ. Bien que les rayons X classiques en noir et blanc utilisés par les médecins soient souvent suffisants pour détecter une fracture de l’os, ils sont limités pour fournir des informations sur les tissus environnants. Les nouveaux rayons X en 3D pourraient aider les médecins à diagnostiquer des problèmes tant au niveau des os que des tissus associés.
« Cette technologie rend cet appareil exceptionnel d’un point de vue diagnostique, car sa petite taille de pixel et sa précision énergétique permettent d’obtenir des images introuvables avec d’autres appareils », a déclaré Phil Butler dans un communiqué du CERN.
ESSAIS EN COURS. Le scanner MARS est déjà utilisé dans plusieurs études, y compris celles portant sur le cancer et les AVC. Anthony Butler a précisé au CERN que « tous ces travaux montrent des résultats préliminaires prometteurs. L’utilisation régulière de l’imagerie spectrale en clinique devrait permettre de réaliser des diagnostics plus précis et de personnaliser les traitements. »
Les chercheurs prévoient de tester cette technologie dans un essai ciblant des patients en orthopédie et en rhumatologie en Nouvelle-Zélande. Néanmoins, même si cette phase est couronnée de succès, il pourrait falloir plusieurs années avant que l’appareil reçoive l’approbation réglementaire nécessaire pour une utilisation généralisée.
POUR EN SAVOIR PLUS : Première image 3D en couleur d’un humain réalisée grâce à la technologie du CERN [CERN]
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## FAQ
#### Quelle est la principale différence entre les rayons X traditionnels et ceux développés par MARS Bioimaging ?
La principale différence réside dans le fait que le nouvel appareil produit des images en 3D et en couleur, offrant une meilleure visualisation des tissus environnants par rapport aux rayons X classiques en noir et blanc.
#### Où le scanner MARS est-il actuellement utilisé ?
Le scanner est déjà utilisé dans diverses études cliniques, notamment pour la recherche sur le cancer et les AVC, fournissant des résultats préliminaires prometteurs.
#### Combien de temps a duré le développement de ce scanner ?
Le développement a pris dix ans, rassemblant des ressources et des recherches de pointe dans le domaine.
#### Quels sont les prochains tests prévus pour cette technologie ?
Les chercheurs envisagent de tester le scanner dans des essais cliniques en Nouvelle-Zélande, spécifiquement pour des patients en orthopédie et en rhumatologie.
#### Quand pourrait-on voir cette technologie utilisée dans les hôpitaux ?
Bien que des essais soient en cours, il pourrait falloir plusieurs années avant que le scanner obtienne l’approbation nécessaire pour une utilisation généralisée dans les établissements de santé.
