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Tchernobyl : des scientifiques alertent sur le risque d’une nouvelle catastrophe

Tchernobyl : des scientifiques alertent sur le risque d’une nouvelle catastrophe

Des réactions qui persistent sous les décombres

Des décennies après l’explosion du réacteur 4 de Tchernobyl, des traces d’activité nucléaire subsistent encore sous la carcasse de l’installation. Enfouis sous le béton et les ruines, des amas de combustible à base d’uranium se réveillent par moments et déclenchent de petites réactions de fission. L’image la plus juste n’est pas celle d’un brasier enflammé, mais de braises qui couvent lentement et peuvent, à l’occasion, se ranimer.

Ces phénomènes ne ressemblent pas à une reprise brutale de l’accident. Ils se manifestent par une augmentation graduelle de la réactivité dans certaines poches de matériaux fondus (le « corium »), ce qui attire l’attention des spécialistes qui suivent le site depuis des années.

Pourquoi c’est préoccupant, mais pas immédiat

Des mesures effectuées par des organismes de sûreté en Ukraine, dont l’ISPNPP (Institut des Problèmes de Sûreté des Centrales Nucléaires), indiquent que la réactivité augmente dans quelques zones. Bonne nouvelle: cette hausse est lente. Cela laisse a priori plusieurs années pour observer, modéliser et décider d’un plan d’action adapté.

Le revers, c’est l’incertitude. La géométrie des décombres, l’humidité, la composition des matériaux et la manière dont les neutrons sont ralentis ou absorbés rendent les prévisions délicates. Un nouvel accident majeur paraît improbable à court terme, mais les autorités ne peuvent pas l’écarter totalement. Le risque le plus réaliste serait une montée de puissance locale, capable de déstabiliser des zones fragiles et de remettre en circulation des poussières radioactives.

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Comment agir sans aggraver la situation

Les équipes envisagent des réponses qui privilégient la prudence et l’intervention à distance:

  • Intensifier la surveillance: détecteurs de neutrons, capteurs de température et d’humidité, mesures radiologiques pour repérer tôt toute dérive.
  • Ajouter des absorbeurs de neutrons (par exemple du bore ou du gadolinium) dans les zones où la réactivité grimpe, afin d’étouffer les réactions.
  • Employer des robots, des bras télé-opérés ou des outils de forage contrôlés à distance pour éviter d’exposer des travailleurs aux fortes doses de rayonnements.
  • Stabiliser mécaniquement certains volumes pour limiter les effondrements susceptibles de modifier la configuration des matériaux fissiles.

L’option la plus risquée serait d’introduire de l’eau de manière non contrôlée: elle peut refroidir, mais aussi accroître la modération des neutrons et encourager la fission si la géométrie s’y prête. Chaque geste doit donc être modélisé et validé avant exécution.

Des obstacles techniques considérables

Accéder aux matériaux actifs n’a rien d’évident. Ils se trouvent:

  • Profondément enfouis sous des couches de béton et de débris,
  • Dans des zones où la radioactivité reste élevée,
  • Au sein de structures mécaniquement instables.

Même si le site est recouvert par la Nouvelle Confinement Sûr (l’arche installée pour encapsuler le vieux sarcophage et faciliter les travaux), le chemin vers les poches réactives demeure complexe. Avant toute intervention, il faut cartographier précisément les volumes, comprendre la chimie des matériaux in situ et s’assurer que l’action envisagée n’induira pas d’effet secondaire dangereux.

Ce que le monde peut en apprendre

La façon dont l’Ukraine gère ces « braises » nucléaires pourrait éclairer d’autres chantiers, notamment la gestion des débris de Fukushima Daiichi au Japon. Les défis se ressemblent: robotique en environnement irradié, stabilisation de matériaux combustibles altérés, mesures à long terme et décisions graduelles basées sur les données. Chaque solution validée à Tchernobyl enrichit un catalogue de bonnes pratiques utile ailleurs.

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En résumé

  • Des amas d’uranium sous Tchernobyl montrent encore des réactions de fission faibles mais détectables.
  • La tendance est lente, offrant du temps pour analyser et se préparer.
  • L’incertitude persiste; il faut surveiller de près et intervenir avec méthode.
  • L’accès difficile et la radioactivité élevée imposent la robotique et des absorbeurs de neutrons.
  • Les enseignements profiteront à la gestion internationale des sites accidentés.

FAQ

Que signifie « braises nucléaires » dans ce contexte ?

C’est une image pour décrire de petites réactions de fission résiduelles qui ne s’emballent pas, mais restent actives à bas niveau dans des matériaux contenant de l’uranium.

Les populations autour de la zone sont-elles en danger immédiat ?

Les données disponibles indiquent un risque faible à court terme pour les habitants en dehors de la zone d’exclusion. Le danger principal concerne les équipes qui interviennent sur site, d’où l’usage d’équipements à distance et de protections renforcées.

Comment surveille-t-on ces réactions ?

Par des détecteurs de neutrons, des mesures de dose et de température, des capteurs d’humidité, et des campagnes régulières de cartographie radiologique pour suivre l’évolution des zones actives.

Pourquoi ne pas retirer simplement tout le combustible restant ?

Parce que ces matériaux sont mêlés à des débris, souvent inaccessibles et très irradiants. Les extraire demande du temps, des techniques robotiques spécialisées et une planification qui évite d’aggraver la réactivité.

Combien de temps cela peut-il durer ?

La décroissance peut s’étaler sur des années voire des décennies. L’objectif est de maintenir la stabilité et de réduire progressivement la réactivité par des interventions ciblées et une surveillance continue.

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