Militaire

Les États-Unis déploient un drone économique inspiré de l’Iranien Shahed capturé

Les États-Unis déploient un drone économique inspiré de l’Iranien Shahed capturé

Une nouvelle ère de la guerre par drones aux États-Unis

Les États-Unis ont discrètement lancé une phase inédite de guerre par drones en déployant une flotte de drones d’attaque économiques s’inspirant du Shahed-136 d’Iran. En décembre dernier, le Commandement central des États-Unis (CENTCOM) a annoncé la création de la Task Force Scorpion Strike (TFSS) et le début opérationnel des Low-cost Unmanned Combat Attack Systems, connus sous le nom de LUCAS.

Concept et déploiement de LUCAS

Ces munitions à utilisation unique ont été conçues pour un vol autonome et pour être déployées massivement à un coût abordable. Cette stratégie s’appuie sur une technologie que les États-Unis ont acquise en analysant un Shahed-136 capturé. Dans un communiqué de presse daté du 3 décembre, CENTCOM a souligné que les drones LUCAS proposent une large portée et offrent plusieurs options de lancement, incluant des catapultes et des systèmes montés sur véhicules.

Les États-Unis considèrent ces systèmes comme cruciaux pour maintenir leurs opérations au Moyen-Orient, où les drones Shahed sont régulièrement utilisés par l’Iran et ses groupes de milices contre les troupes américaines ainsi que leurs partenaires régionaux.

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Un changement stratégique vers des drones reconditionnables

Contrairement à des plateformes plus avancées et coûteuses comme le MQ-9 Reaper, évalué à environ 30 millions de dollars l’unité, les drones LUCAS se situent autour de 35 000 dollars chacun. Cette différence de coût permet à l’armée américaine d’accepter des pertes plus importantes tout en répondant de manière appropriée aux attaques des drones Shahed, sans mettre en péril des aéronefs cruciaux pour les missions de renseignement, de surveillance et d’action. Cela représente une rare époque où Washington adopte une stratégie de drone axée sur le coût, à haut volume, similaire à celle utilisée par l’Iran et, plus récemment, par la Russie dans les zones de conflit.

Ces drones Shahed, tels que le Shahed-136 et le Shahed-131, ont été utilisés par le réseau de milices iraniennes dans tout le Moyen-Orient, ainsi que par la Russie lors de son offensive contre les villes et infrastructures ukrainiennes. Leur faible coût permet de saturer les défenses aériennes et de frapper des cibles civiles. L’Iran a également partagé son expertise technologique et ses capacités de production, permettant à Moscou de fabriquer des dérivés locaux en quantité suffisante, ce qui engendrerait des frictions avec Téhéran.

Le retour du reverse engineering

Le programme LUCAS constitue un renversement surprenant de l’histoire où l’Iran a régulièrement réussi à copier la technologie militaire américaine sans autorisation. Comme le souligne le journaliste spécialisé, Paul Iddon, dans un article de Forbes, Téhéran a depuis les années 1980 construit des versions non autorisées de systèmes américains, que ce soit par des voies secrètes, des héritages de l’époque du Shah, ou par capturage lors de conflits.

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Des exemples notables comprennent le missile antichar Toophan, basé sur le système américain TOW, et le missile air-air de longue portée Fakour-90, dérivé de composants des systèmes AIM-54 Phoenix et MIM-23 Hawk. Les efforts de reverse engineering de l’Iran se sont intensifiés après la capture d’un drone RQ-170 Sentinel américain en 2011, ce qui a conduit à plusieurs aéronefs stealth produits localement.

Cette fois-ci, les États-Unis ont emprunté la même approche qu’Iran. Les entreprises américaines ont examiné un drone Shahed-136 endommagé qu’elles avaient acquis précédemment et ont intégré les enseignements de sa conception dans le développement du LUCAS.

L’importance des composants occidentaux

Les analystes ont fréquemment noté que les drones Shahed s’appuient largement sur des composants occidentaux, y compris des puces de navigation fabriquées aux États-Unis. Cela signifie que le drone que Washington a étudié ne peut pas être considéré comme un produit iranien entièrement indigène. Iddon, dans son article pour Forbes, a mentionné que le système LUCAS s’inscrit dans un modèle plus large : les pays du Moyen-Orient réutilisent ou reverse-engineer souvent des munitions non explosées ou capturées. Ce cycle continue, la Russie transférant apparemment des missiles Javelin américains capturés à l’Iran pour étudier leur technologie.

Avec la mise en service de LUCAS au sein de la TFSS, les États-Unis semblent prêts à s’engager dans le même secteur des drones axé sur le coût que l’Iran a contribué à définir. Bien que les implications stratégiques demeurent majeures, le message technologique est clair. Cette décision reflète une évolution de la stratégie américaine, où l’accessibilité et la possibilité de reproduction rapide de systèmes déterminent désormais le rythme des conflits modernes, indépendamment de leur origine.

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FAQ

Quels types de missions LUCAS peut-il exécuter ?

Les drones LUCAS sont conçus pour exécuter des missions d’attaque ciblée, avec un accent sur la neutralisation d’objectifs stratégique dans des environnements contestés, tout en minimisant les pertes d’équipements coûteux.

Quelle est la portée des drones LUCAS ?

Ces drones offrent une portée étendue grâce à diverses options de lancement, permettant ainsi d’atteindre des cibles éloignées en toute sécurité.

Comment les États-Unis ont-ils acquis des informations sur le Shahed-136 ?

Les États-Unis ont étudié un Shahed-136 capturé, en bénéficiant des données techniques et de la compréhension de son fonctionnement pour informer le développement du programme LUCAS.

Quels pays adoptent des stratégies similaires aux États-Unis et à l’Iran ?

D’autres pays, comme la Russie, adoptent également des stratégies axées sur des drones économiques, en apprenant et en intégrant des technologies de différents belligérants dans les zones de conflit.

Quelle est la réaction des forces adverses face à l’utilisation de drones économiques ?

Les forces adverses doivent s’adapter rapidement à la tactique des drones économiques, souvent en renforçant les défenses aériennes ou en cherchant à contrer cette nouvelle menace par des moyens technologiques ou stratégiques.