L’état des lois sur la reconnaissance faciale aux États-Unis
À la fin de l’année 2024, quinze États américains avaient mis en place des législations interdisant certaines formes de reconnaissance faciale. Ces lois s’appuient souvent sur l’idée que cette technologie constitue une atteinte grave à la vie privée et qu’elle est en outre peu fiable.
Une entreprise innovante face aux restrictions
Dans ce contexte, une nouvelle société cherche à contourner ces limitations — probablement pas de la manière que l’on pourrait imaginer. Un rapport du MIT Technology Review évoque un outil d’intelligence artificielle, nommé Track, qui n’a pas pour objectif d’améliorer la reconnaissance faciale, mais plutôt de s’en servir comme solution de contournement par rapport aux lois en vigueur. Cela ressemble à un récit classique où la technologie est utilisée pour exploiter une faille juridique.
La technologie derrière Track
Track a été développé par Veritone, une entreprise spécialisée dans l’analyse vidéo. Ce système, dit « non biométrique », permet à ses utilisateurs d’analyser des vidéos dans des endroits où la reconnaissance faciale est interdit ou lorsque les visages sont couverts. D’ores et déjà, 400 clients utilisent cet outil dans de telles situations. De plus, l’été dernier, Veritone a annoncé que le bureau du procureur américain avait élargi son mandat d’opération, autorisant ainsi l’entreprise à mener des activités de surveillance.
Comment fonctionne Track ?
La capacité de Track réside dans son aptitude à trianguler l’identité des individus à partir d’éléments tels que leurs chaussures, vêtements, forme du corps, genre, cheveux et autres accessoires, le tout sans avoir besoin de voir leur visage. Les types de vidéo qu’il peut analyser vont des cameras de sécurité aux enregistrements de drones en passant par des vidéos issues de réseaux sociaux.
Interface utilisateur simplifiée
Lors de l’utilisation de Track, les opérateurs peuvent sélectionner divers critères dans un menu déroulant pour identifier leurs sujets. Ces critères peuvent inclure des attributs tels que les accessoires, le corps, le genre, ainsi que des spécificités sur les vêtements. Chaque catégorie dispose de sous-catégories, rendant l’outil très détaillé. Une fois les attributs sélectionnés, Track présente une série d’images qui correspondent aux critères, permettant ainsi de suivre le parcours de la personne ciblée.
Les implications éthiques de cette technologie
Si tout cela semble similaire aux systèmes de reconnaissance faciale actuels, ce point de vue n’est pas nécessairement partagé par l’équipe de Veritone. Selon leur PDG, cet outil est leur « outil Jason Bourne », qui pourrait même avoir des effets exonérateurs pour ceux qui sont mal identifiés. Cette stratégie astucieuse leur permet de contourner les interdictions relatives aux systèmes de suivi par reconnaissance faciale en proposant une alternative qui ne relève pas exactement des données biométriques. En agissant ainsi, Signal offre aux forces de l’ordre la possibilité d’effectuer des opérations de surveillance que la législation a strictement régulées.
Cependant, il est essentiel de noter que ce type de surveillance pourrait être tout aussi nuisible que celle permise par la reconnaissance faciale. La possibilité que certaines personnes soient ciblées en raison de leur apparence ou de leurs vêtements soulève d’importantes questions éthiques, surtout dans un contexte déjà marqué par des accusations infondées.
Conclusion
Des voix s’élèvent pour alerter sur les risques associés à cette nouvelle technologie, comme l’explique Nathan Wessler, un avocat de l’American Civil Liberties Union, qui souligne que Track crée une toute nouvelle dimension de violation de la vie privée et de potentielle abus.
FAQ
Quelles sont les failles de la technologie Track ?
Track pourrait potentiellement engendrer des erreurs d’identification tout comme les systèmes de reconnaissance faciale, ce qui mène à des inculpations erronées.
Comment les lois sur la reconnaissance faciale évoluent-elles ?
Les lois continuent d’évoluer à mesure que la technologie progresse, et certains États envisagent maintenant des restrictions plus strictes.
Qui est Veritone et que fait cette entreprise ?
Veritone est une entreprise d’analyse vidéo qui développe des outils comme Track, cherchant à aider les forces de l’ordre tout en contournant les lois existantes.
Quels types de données sont collectés par Track ?
Track collecte des données visuelles relatives à des attributs non biométriques, comme les vêtements et accessoires, mais évite d’utiliser des données faciales.
Comment les utilisateurs de Track peuvent-ils l’employer de manière éthique ?
Les utilisateurs doivent être formés aux implications éthiques et aux risques de surveillance pour éviter des abus et respecter les droits civils.
