Intelligence Artificielle

Un site d’actualités utilise l’IA pour générer des articles signés par de faux auteurs d’origines variées, de manière ‘responsable’

Un site d'actualités utilise l'IA pour générer des articles signés par de faux auteurs d'origines variées, de manière 'responsable'

Un Réseau d’Actualités Locales et l’Utilisation d’Auteurs Fictifs

Un réseau national de sites d’actualités locales, connu sous le nom de Hoodline, a recours à des auteurs fictifs ayant des noms racialement diversifiés pour signer des articles générés par intelligence artificielle.

La Justification du Réseau

Le directeur de publication de Hoodline insiste sur le fait que cette méthode est employée de manière tout à fait classique et humaine. Cependant, une analyse menée par Nieman Lab sur le contenu et ses auteurs conteste fermement cette affirmation. Autrefois, les sites de Hoodline étaient réputés pour leur reportage de proximité et leur couverture humaine. À présent, lorsque l’on consulte un de leurs sites, on se rend compte que les articles sont rédigés par une multitude d’auteurs complètement inventés.

Au Cœur de la Direction de Hoodline

Hoodline est géré par une société nommée Impress3, dirigée par Zack Chen. En avril, Chen a publié un article sur le site de San Francisco pour expliquer que le réseau de nouvelles utilisait des pseudonymes afin de publier des contenus générés par l’IA. Ce terme est souvent utilisé quand des publications se retrouvent à devoir justifier la présence d’auteurs fictifs dans leurs colonnes. Dans cet article parfois difficile à interpréter, Chen a précisé que ces noms d’emprunt n’étaient associés à aucun journaliste ou éditeur vivant.

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L’Utilisation des Pseudonymes

Chen a affirmé que les variantes indépendantes du modèle d’IA utilisé sont liées à des pseudonymes précis, mais qu’elles restent soumises à des ajustements par des humains. Pourtant, il semble qu’il y ait un mépris pour la définition même d’un pseudonyme. Contrairement aux auteurs fictifs découverts par Futurism dans d’autres médias, les écrivains de Hoodline arborent de petits badges “IA” à côté de leurs noms. Cela soulève des questions éthiques, car si le réseau se montre transparent concernant ses pratiques d’utilisation de l’IA, pourquoi ne pas publier simplement sous un nom générique tel que “Bot Hoodline”?

L’Identité des Auteurs Inventés

La seule raison d’inclure un nom d’auteur est d’ajouter une certaine identité à l’article, même si celle-ci est entièrement fabriquée. Chen a souligné que l’objectif est de donner une personnalité à ces articles. Chaque site de Hoodline présente une liste sur mesure d’auteurs fictifs. En mai, il a déclaré que les noms d’artistes étaient choisis de manière aléatoire. Cependant, il a été révélé que ces noms semblent souvent refléter la démographie locale de chaque région, ce qui amène à se demander si cette coïncidence est fortuite.

Une Apparence Diversifiée

Par exemple, le site centré sur San Francisco mentionne des noms comme “Nina Singh-Hudson” ou “Leticia Ruiz”. En revanche, le site de Boston privilégie des noms comme “Will O’Brien” et “Sam Cavanaugh” qui, eux, correspondent à une réalité bien différente. Il semble donc que les pseudonymes aient été soigneusement choisis pour séduire les habitants de ces villes, créant une fausse impression d’une équipe de rédaction humaine, et de plus, racialement diverse. En réalité, l’industrie du journalisme aux États-Unis est fortement critiquée pour son manque de diversité raciale.

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Une Randomisation Illusoire

Il est intéressant de noter que les auteurs de Hoodline n’étaient peut-être pas aussi aléatoires que Chen l’a initialement laissé supposer. Il a reconnu que, bien que les noms soient “randomisés”, des détails avaient été intégrés au modèle d’IA pour en ajuster les résultats. Par conséquent, le biais observé pourrait être opposé à ce que Hoodline avait réellement envisagé.

Une Équipe de Recherche Humaine

Chen a affirmé que Hoodline disposait d’une équipe de chercheurs journalistes qui participent à la collecte d’informations et à la vérification des faits, mais des recherches ont révélé des incohérences et des erreurs dans les publications, suggérant qu’il pourrait y avoir moins d’implication humaine que déclaré. De plus, les sites de Hoodline ne présentent pas de masthead, ce qui soulève des doutes concernant la diversité de l’équipe de recherche par rapport aux auteurs fictifs.

Éthique de l’Utilisation d’IA

Cette situation soulève des préoccupations similaires à celles rencontrées chez d’autres médias comme Sports Illustrated, où des auteurs aux noms diversifiés étaient également utilisés. L’attribution d’auteurs générés par IA à des noms fictifs, qu’ils soient accompagnés d’un badge “IA” ou non, est problématique. Créer une diversité nécessaire dans le journalisme en inventant une équipe de rédaction au lieu d’employer réellement des individus issus de minorités soulève des questions éthiques profondes.

Conclusion

Pour Hoodline, cependant, la notion de journalisme de qualité semble être interprétée différemment. Leurs articles sont présentés comme étant une combinaison de technologie et d’expertise éditoriale, tout en respectant les valeurs de la profession.

FAQ

Quels sont les dangers de l’utilisation d’auteurs fictifs en journalisme ?

L’utilisation d’auteurs fictifs peut entraîner la désinformation et miner la confiance du public envers les médias.

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Hoodline a-t-il des rédacteurs humains ?

Chen affirme qu’une équipe de chercheurs journalistes participe à l’élaboration du contenu, mais les preuves suggèrent qu’il pourrait y avoir moins d’engagement humain.

Pourquoi des noms diversifiés ?

Les noms sont choisis pour refléter les démographies locales, ce qui donne l’illusion d’une équipe rédactionnelle variée, tout en étant des créations fictives.

Quelle est l’importance de la diversité dans le journalisme ?

La diversité permet une représentation plus exacte des voix et des histoires au sein d’une communauté, renforçant la crédibilité des médias.

Comment les lecteurs peuvent-ils reconnaître la désinformation ?

Les lecteurs doivent être vigilants quant à la transparence des sources et des auteurs, et mieux comprendre d’où provient l’information qu’ils consomment.