Intelligence Artificielle

« Les Travailleurs Indiquent que l’Utilisation d’OpenAI les A Traumatisés pour 2 $ de l’Heure »

« Les Travailleurs Indiquent que l'Utilisation d'OpenAI les A Traumatisés pour 2 $ de l'Heure »

Les Répercussions Émotionnelles des Travailleurs

Quatre anciens modérateurs de contenu ont récemment soumis une demande auprès du gouvernement kényan pour qu’une enquête soit menée sur l’entreprise de modération de contenu Sama. Ils accusent l’entreprise d’imposer à ses employés des conditions de travail exploitées et préjudiciables durant un contrat de huit mois avec OpenAI, entre 2021 et 2022, comme le rapporte le média The Guardian.

Dans cette demande, les modérateurs déclarent n’avoir pas été avertis des contenus choquants qu’ils allaient devoir traiter. Ils expliquent avoir été rémunérés entre 1,46 et 3,74 dollars pour examiner des « scènes de violence, d’automutilation, de meurtre, de viol, de nécrophilie, d’abus d’enfants, de bestialité et d’inceste » dans le cadre de la formation des produits OpenAI.

Après la fin brusque du contrat entre Sama et OpenAI, ces travailleurs affirment qu’ils n’ont reçu aucun soutien pour gérer les effets psychologiques durables de leur activité de modération.

« Mon état mental a été gravement affecté », a partagé Mophat Okinyi, un plaignant de 27 ans, au Guardian. Après avoir lu des textes particulièrement horrifiants, il a souffert de paranoïa et est devenu introverti. Sa femme enceinte a finalement décidé de le quitter, lui reprochant d’avoir changé.

A lire :  Le PDG de Google DeepMind Décrit l'Industrie de l'IA comme un Terrain de Hype et de Charlatans

La Lutte pour la Reconnaissance

Une autre plaignante, Alex Kairu, 28 ans, a relaté une situation similaire, déclarant que son travail de modérateur sur ChatGPT a causé des tensions dans son mariage, le forçant à retourner vivre chez ses parents. Il a décrit sa situation comme “un désastre total”.

Les anciens modérateurs demandent à la gouvernement d’instaurer des réglementations écrites concernant l’externalisation des emplois liés aux technologies « dangereuses et nocives » au Kenya. Ils souhaitent aussi que la législation actuelle soit modifiée pour considérer l’exposition à des contenus nocifs comme un risque professionnel. De plus, ils appellent à une enquête sur le ministère du travail du pays pour son inaction contre l’abus des jeunes par les sociétés d’externalisation.

Pour sa part, Sama, qui a également collaboré avec de grandes entreprises comme Facebook, Google et Microsoft, a nié en général les accusations. L’entreprise soutient qu’elle offrait à ses employés un salaire décent et un soutien en matière de bien-être. Elle précise que, après l’arrêt soudain du contrat avec OpenAI, des postes dans d’autres projets de modération ont été proposés aux employés.

Cependant, ce n’est pas la première fois que Sama se retrouve dans une situation délicate. Ce cas rappelle que l’industrie naissante de l’IA repose sur une vaste infrastructure de travail humain, souvent très pénible et exploitant. Les sous-traitants doivent améliorer leurs pratiques, mais il est crucial que les grandes entreprises comme OpenAI qui les emploient fassent de même.

Autres informations sur Sama et OpenAI : OpenAI aurait apparemment payé des personnes dans le monde en développement 2 dollars de l’heure pour examiner des contenus parmi les plus perturbants.

FAQ

Quelles sont les conséquences psychologiques du travail de modérateur ?

Les modérateurs peuvent souffrir de troubles tels que l’anxiété, la dépression ou des problèmes relationnels en raison de l’exposition continue à des contenus traumatisants.

A lire :  Les Signes Croissants de l'Impact de l'IA sur le Marché de l'Emploi

Comment est régulée la modération de contenu au Kenya ?

Actuellement, il existe peu de réglementations spécifiques concernant la modération de contenu, laissant place à des abus et à des conditions de travail inéquitables.

Quelles mesures pourraient être mises en place pour protéger les travailleurs ?

Il serait essentiel d’établir des lois reconnaissant l’exposition à des contenus nuisibles comme un risque professionnel et fournissant un soutien psychologique adéquat.

Quels sont les défis rencontrés par les travailleurs de ce secteur ?

Les travailleurs font souvent face à des salaires très bas, à un manque de reconnaissance de leurs droits et à l’absence de soutien face aux effets traumatiques de leur travail.

Pourquoi est-il important de discuter de ces pratiques ?

Aborder ces problématiques permet de sensibiliser le public aux conditions de travail précaires dans l’industrie de l’IA et de pousser les entreprises à améliorer leurs politiques de ressources humaines.