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Faut-il connaître la nature d’un interlocuteur ?
Un questionnement persiste : avez-vous le droit de savoir si vous communiquez avec un robot ? Et que dire de ces robots ? Ont-ils le droit de dissimuler cette information ? Ces interrogations s’intensifient depuis que Google a présenté Duplex, une intelligence artificielle capable d’effectuer des appels téléphoniques comme un humain.
L’essor des bots en ligne
Les bots, ces comptes en ligne qui prétendent être contrôlés par des humains alors qu’ils fonctionnent grâce à l’intelligence artificielle, s’avèrent être omniprésents sur Internet, surtout sur les réseaux sociaux. Certains estiment que forcer ces entités à se déclarer non humaines apporterait des bénéfices, tandis que d’autres voient cela comme une atteinte à leur liberté d’expression. En effet, certains soutiennent que les bots devraient disposer des mêmes droits que les humains en matière de premier amendement aux États-Unis.
Les enjeux du débat
Voici un aperçu des arguments des deux côtés pour que vous puissiez vous forger votre propre opinion.
Réduire au silence les bots
L’organisation Common Sense Media, une ONG qui se concentre sur les effets des médias et de la technologie sur les enfants, révèle que Facebook et Twitter comptabilisent ensemble environ 100 millions de comptes de bots. Ces derniers créent des désordres en ligne. Dans un communiqué, ils évoquent des récits inquiétants concernant l’influence de certains de ces robots, notamment durant les élections, où l’impact de bots russes non étiquetés était particulièrement destructeur.
Un sénateur de Californie, Robert M. Hertzberg, explique également que ces bots donnent une apparence de crédibilité à de fausses informations, accentuant ainsi le problème des fake news. Il prône une législation connue sous le nom de Bolstering Online Transparency Act (B.O.T. Act), qui obligerait les bots à s’identifier comme tels.
Hertzberg souligne : « Le cœur du problème est simple : nous devons savoir si nos discussions se font avec de véritables personnes ou si nous sommes trompés. » Ce projet de loi aurait donc pour but d’encadrer ce nouvel espace numérique chaotique.
Laissez-les s’exprimer
En revanche, la Electronic Frontier Foundation (EFF), qui défend les libertés civiles à l’ère numérique, critique vigoureusement le B.O.T. Act. Selon elle, bon nombre de ces bots représentent les créateurs humains derrière eux. Dans certaines situations, obliger à révèler leur nature pourrait restreindre la liberté d’expression des utilisateurs.
L’EFF met en avant que les bots sont utilisés pour des activités protectrices d’expression, comme la poésie, l’humour politique et d’autres formes d’art. Elle affirme que forcer la divulgation de leur nature nuirait à la créativité et à l’évolution de la pensée.
Cela étant dit, l’EFF reconnaît que certains bots, en particulier ceux liés aux élections, devraient s’identifier. Mais généraliser la réglementation à tous les bots serait, selon elle, contraire à la Constitution.
Une expression protégée ?
Une autre question se pose : même si un robot ne reflète pas directement les opinions de son créateur, ses paroles sont-elles pour autant protégées par la Constitution ? Le premier amendement stipule qu’aucune loi ne doit restreindre la liberté d’expression, sans préciser que cela s’applique uniquement aux humains.
John Frank Weaver, un avocat spécialisé dans le droit de l’intelligence artificielle, argue que l’expression autonome des IA doit être défendue. « Si nous ne restons pas fidèles à nos valeurs lorsque celles-ci sont mises à l’épreuve, alors nous ne pouvons pas vraiment les considérer comme de véritables valeurs. »
FAQ
Les bots peuvent-ils être tenus légalement responsables ?
Actuellement, la législation sur la responsabilité des bots en ligne est peu claire. La responsabilité incombe principalement à leurs créateurs.
Existe-t-il des lois sur la transparence des bots ?
Certaines initiatives comme le B.O.T. Act existent, mais elles sont encore très contestées et n’ont pas été largement adoptées.
Comment identifier un bot en ligne ?
Un compte bot présente souvent des comportements répétitifs, une absence d’interaction humaine réelle, ou un profil avec peu d’informations personnelles.
Les bots influencent-ils réellement l’opinion publique ?
Oui, les bots contribuent à propager des informations, qu’elles soient vraies ou fausses, et peuvent ainsi avoir un impact sur les opinions publiques, surtout lors d’événements critiques comme les élections.
Y a-t-il des efforts pour réguler l’utilisation des bots ?
Plusieurs discussions et propositions de loi émergent afin de mieux réglementer la présence des bots sur les réseaux sociaux, bien que les opinions divergent sur la meilleure approche à adopter.
