Une application de santé controversée
Une nouvelle application de santé prétend détecter les infections sexuellement transmissibles (IST) avec un taux de précision de 94,4 %. Cependant, elle semble rencontrer des difficultés pour faire la différence entre des objets de divertissement en forme de pénis et de véritables organes génitaux.
Une évaluation décevante
Dans des tests menés par le Los Angeles Times sur l’application Calmara.ai, un journaliste a constaté que l’application attribuait des résultats « clairs » à des objets tels qu’un gâteau et un vase en forme de phallus. De plus, l’application ne parvenait pas à identifier des IST évidentes à partir d’images provenant de sites de santé, tout en signalant des irrégularités normales sur des organes non infectés comme étant problématiques.
En scrutant un échantillon d’images fournies par divers professionnels de santé, le Los Angeles Times a noté que Calmara était, en général, capable de détecter certaines infections comme la chlamydia, l’herpès, et le virus du papillome humain responsable des verrues génitales.
Des résultats alarmants
Toutefois, des problèmes subsistent. Par exemple, l’application a jugé « claire » une photo d’un individu présentant des symptômes graves de syphilis, où le prépuce ne pouvait pas se rétracter.
Cette négligence soulève de sérieux questionnements : des spécialistes, comme le Dr. Ina Park, professeur à l’Université de Californie à San Francisco et consultant pour le CDC, expriment leur inquiétude quant au fonctionnement de l’application. Selon elle, les tests IST comportent toujours un risque de faux négatifs et faux positifs, et il semble que Calmara soit particulièrement sujette à ces erreurs.
Les limites de l’intelligence artificielle
Jeffrey Klausner, un spécialiste des maladies infectieuses à l’Université de Californie du Sud et conseiller scientifique de HeHealth, la société derrière l’application, admet que Calmara ne peut pas être considérée comme un outil de dépistage fiable. Il insiste sur le fait que le dépistage des IST doit passer par des tests sanguins ou urinaires. Observer visuellement un pénis, qu’il s’agisse d’une personne ou d’une intelligence artificielle, ne permet pas de diagnostiquer les infections telles que le VIH, la syphilis, la chlamydia ou la gonorrhée. Même l’herpès peut souvent être asymptomatique.
D’autres préoccupations
D’autres inquiétudes se posent autour de l’application, notamment le risque de télécharger des photos de pénis sans consentement ou d’utiliser des images d’individus mineurs. De plus, le langage employé par Calmara a tendance à stigmatiser certaines différences anatomiques normales, en les qualifiant de « suspectes ».
Une étudiante, Joni Roberts, professeure assistante à Cal Poly San Luis Obispo, fait valoir que si un jeune de 18 ans prend une photo d’une partie normale de son corps et reçoit un message indiquant que cela semble « suspect », cela peut causer un stress inutile.
Conclusion
Face à l’échec des tests et aux préoccupations qui en découlent, le véritable problème semble résider dans les fondements même de l’application Calmara.
FAQ
Quelles sont les infections que l’application Calmara est censée détecter ?
Calmara est censée détecter des infections comme la chlamydia, l’herpès et le virus du papillome humain (VPH).
Quels sont les risques liés à l’utilisation de cette application ?
Les principaux risques incluent des diagnostics erronés, le téléversement de photos sans consentement et le stigmate sur des différences anatomiques normales.
Peut-on remplacer un test médical par cette application ?
Non, les professionnels de santé insistent sur le fait que des tests sanguins et urinaires sont nécessaires pour un dépistage approprié des IST.
Les jeunes peuvent-ils se sentir stigmatisés par cette application ?
Oui, un langage inapproprié peut exacerber le stress chez les jeunes utilisateurs, surtout s’ils reçoivent des alertes sur des anomalies qui ne sont pas problématiques.
Quelles alternatives existent pour le dépistage des IST ?
Les tests de dépistage en laboratoire, les cliniques de santé sexuelle et les consultations médicales restent les meilleures méthodes pour obtenir un diagnostic fiable.
