Un consensus populaire affirme que pour résoudre les problèmes contemporains, il faut adopter des solutions modernes. Cependant, il ne faut pas ignorer qu’une approche plus ancienne, bien qu’apparemment désuète, peut s’avérer bien plus divertissante.
Nous vous présentons **Matthias Phelps**, professeur d’allemand à l’Université de Cornell. Elle s’oppose à la frénésie liée à l’intelligence artificielle et à une certaine paresse intellectuelle en demandant à ses étudiants d’utiliser des machines à écrire pendant ses cours. Le Associated Press en fait état.
Cette pratique est limitée à un seul exercice chaque semestre, mais l’impact qu’elle laisse sur les élèves semble durable. En travaillant sur ces machines, ils sont contraints de s’appuyer sur eux-mêmes et leurs camarades plutôt que sur des écrans. La seule interruption qu’ils pourraient entendre est celle du carillon de la machine à écrire, les avertissant qu’ils s’approchent de la fin de la ligne.
Ratchaphon Lertdamrongwong, étudiant en informatique, évoque son expérience : « J’ai réalisé que taper sur une machine à écrire ne change pas seulement notre interaction avec l’équipement, mais également la façon dont nous interagissons avec notre environnement. »
En rédigeant son essai, il a dû davantage communiquer et socialiser, ce qui était courant à l’époque de la machine à écrire, mais très différent des interactions en classe d’aujourd’hui où chacun est absorbé par son ordinateur portable ou son téléphone.
Phelps a commencé cette initiative au printemps 2023, frustrée par l’utilisation excessive par ses étudiants d’outils d’IA et de traduction en ligne pour leurs travaux. Elle s’est demandée : « À quoi bon que je lise ce texte s’il est déjà parfait et que vous ne l’avez pas écrit vous-même ? Pouvez-vous produire un travail sans votre ordinateur ? »
Elle a donc récupéré quelques vieilles machines à écrire et a intégré un devoir « analogique » dans son programme, dans le but de donner aux étudiants un aperçu de l’apprentissage avant l’ère numérique.
Bien que cette méthode ne soit pas une solution universelle face à l’invasion de l’IA dans l’éducation, elle illustre une tendance plus générale observée dans les écoles et universités qui adoptent des pratiques plus analogiques pour contrer cette situation. Par exemple, certains enseignants préfèrent les examens oraux et imposent des notes manuscrites. De plus, les documents Word sont de plus en plus remplacés par des essais rédigés sur papier, et de nombreux lycées explorent l’interdiction des téléphones pendant les heures de classe.
« Cela peut sembler négatif, mais j’ai dû penser par moi-même à ce problème au lieu de déléguer à l’IA ou à Google, » a ajouté Lertdamrongwong.
Catherine Mong, étudiante en première année dans le cours d’introduction à l’allemand de Phelps, a qualifié le devoir de rédiger un poème à la machine « d’amusant et de stimulant ». Elle a pris plaisir à expérimenter et à composer de la poésie fragmentée à la manière du poète du milieu du XXe siècle, **e e cummings**.
« Je vais probablement les afficher sur mon mur, » a déclaré Mong avec fierté. « Je suis un peu fascinée par les machines à écrire. J’ai dit à tous mes amis que j’avais passé un test d’allemand sur une machine à écrire ! »
Néanmoins, la leçon la plus difficile a été physique : la plupart des étudiants ont découvert que leurs doigts manquaient de force pour toucher les touches de ces vieux dispositifs.
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FAQ
Pourquoi ce retour à la machine à écrire ?
Ce retour à des outils d’écriture traditionnels vise à encourager les étudiants à réfléchir par eux-mêmes, à communiquer davantage et à se concentrer sur l’essence même de l’écriture sans aide technologique.
Quels sont les bénéfices anticipez pour les étudiants ?
Les étudiants pourraient développer de meilleures compétences en communication, une concentration accrue, ainsi qu’une appréciation du processus d’écriture.
Comment les étudiants réagissent-ils à cet exercice ?
Les retours des étudiants sont généralement positifs, beaucoup trouvant l’expérience amusante et enrichissante, tout en notant les défis physiques de l’utilisation des machines à écrire.
Existe-t-il d’autres approches analogiques dans l’éducation ?
Oui, certaines institutions sont en train d’explorer d’autres méthodes sans technologie, comme des examens oraux et des activités interactives, pour contrer l’influence de l’IA sur l’éducation.
Quels défis Phelps a-t-elle rencontrés en introduisant cette méthode ?
L’un des principaux défis était de remettre en question l’attitude des étudiants face à l’utilisation de la technologie et de les convaincre des avantages des méthodes plus traditionnelles.
