Énergie

La Russie sous le feu des critiques pour avoir stocké des bombes dans une centrale nucléaire

La Russie sous le feu des critiques pour avoir stocké des bombes dans une centrale nucléaire

Une centrale sous tension

La centrale nucléaire de Zaporizhzhia, la plus grande d’Europe, se trouve toujours sous contrôle russe. Selon l’AIEA (Agence internationale de l’énergie atomique), des mines antipersonnel ont été observées à l’intérieur du site pour le deuxième mois consécutif, en plus d’engins explosifs repérés autour du périmètre. Les autorités russes justifient cette présence par une « décision militaire », affirmant que les zones concernées sont gérées par leurs forces. De son côté, l’AIEA a fait savoir qu’elle n’acceptait pas cette logique et a formalisé une nouvelle plainte.

Pourquoi la présence d’explosifs pose problème

Même si les évaluations initiales de l’AIEA indiquent qu’une éventuelle détonation ne devrait pas compromettre directement les systèmes de sûreté nucléaire de la centrale, la simple présence d’explosifs n’est pas compatible avec les normes de sûreté et les recommandations en matière de sécurité nucléaire.
Au-delà de l’aspect technique, l’Agence insiste sur un point souvent négligé: l’impact psychologique. Savoir qu’il y a des mines et des charges sur leur lieu de travail ajoute une pression considérable aux employés, déjà confrontés à la gestion d’une installation sensible en contexte d’occupation et de conflit. Cette tension accrue peut influencer la qualité des opérations, la prise de décision et la vigilance, des facteurs essentiels pour maintenir un haut niveau de sécurité.

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La position de l’AIEA et la réponse de Moscou

Rafael Grossi, directeur général de l’AIEA, a rappelé que ses équipes avaient déjà signalé la présence de mines sur et autour du site. Les inspecteurs ont de nouveau soulevé la question, et la réponse reçue reste la même: il s’agit d’une option militaire choisie par les forces en place. L’AIEA considère cette situation comme inacceptable, car elle contrevient aux bonnes pratiques visant à maintenir les installations nucléaires à l’écart de toute militarisation.

Ce que l’Agence peut faire, concrètement

Les pouvoirs de l’AIEA se limitent à la vérification, au rapport et à la pression diplomatique. Elle ne peut pas forcer un retrait d’armes. Néanmoins, sa présence continue sur le terrain permet:

  • de suivre l’état des systèmes essentiels (alimentation électrique, refroidissement, radioprotection) ;
  • d’alerter rapidement en cas de dégradation de la situation ;
  • de maintenir un canal de dialogue avec les responsables du site ;
  • de rappeler, sans relâche, les standards internationaux qui doivent s’appliquer à toute centrale nucléaire, même en temps de guerre.

Contexte en bref

  • La centrale de Zaporizhzhia est un site stratégique majeur en Ukraine.
  • Elle a changé de contrôle au début du conflit et demeure au cœur d’un bras de fer militaire et diplomatique.
  • Les inquiétudes actuelles ne portent pas seulement sur les dommages matériels potentiels, mais sur l’accumulation de risques: accès restreints, personnel sous pression, dispositifs explosifs à proximité d’équipements sensibles et incertitudes liées au conflit.

Ce qui va se passer ensuite

L’AIEA entend poursuivre ses inspections, publier des mises à jour régulières et maintenir un dialogue étroit avec toutes les parties. L’objectif est clair: éviter toute escalade sur le site, réduire les risques et préserver la sécurité nucléaire au quotidien.

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FAQ

Les mines antipersonnel sont-elles interdites par le droit international ?

Une grande majorité d’États a interdit les mines antipersonnel via la Convention d’Ottawa. Toutefois, tous les pays n’en sont pas parties. Le cadre juridique dépend donc de la participation des États et du respect de leurs engagements.

Quels risques concrets en cas de détonation près d’une centrale ?

Même si les systèmes de sûreté sont conçus pour résister à de multiples aléas, une explosion peut provoquer des incendies, entraver les accès pour les équipes d’intervention, endommager des lignes électriques ou perturber des opérations critiques. Le risque majeur vient souvent des effets indirects.

Que surveille l’AIEA sur ce type de site ?

L’AIEA contrôle la disponibilité des sources d’alimentation, le bon fonctionnement du refroidissement, l’intégrité des barrières de confinement, le niveau de rayonnements et l’état des systèmes d’urgence. Elle vérifie aussi que le personnel peut travailler en conditions sûres.

La communauté internationale peut-elle réduire les risques sur place ?

Oui, par la médiation, la pression diplomatique, le soutien à des zones démilitarisées autour des installations et l’appui logistique pour améliorer la sécurité du site (fournitures, équipements, expertise).

Comment le personnel est-il protégé psychologiquement ?

Des mesures comme des briefings réguliers, des procédures de rotation, un accès à un soutien psychosocial et des exercices de préparation aux incidents peuvent atténuer la fatigue et le stress, même si la situation reste difficile tant que des explosifs demeurent à proximité.