Énergie

Un nouveau revêtement propulse l’efficacité des cellules solaires en pérovskite à 27 %

Un nouveau revêtement propulse l’efficacité des cellules solaires en pérovskite à 27 %

Une percée qui associe rendement et stabilité

Une équipe de chercheurs internationale a mis au point une couche interfaciale fluorée ultrafine qui s’insère entre la perovskite et le contact supérieur en C60 (buckyballs). Grâce à ce film moléculaire, les cellules ont atteint un rendement proche de 27 % tout en améliorant fortement leur stabilité. Au-delà du chiffre, l’essentiel tient à la fiabilité: l’appareil conserve ses performances sur de longues périodes d’utilisation, un verrou majeur pour la commercialisation.

Pourquoi c’est déterminant

Les cellules solaires à perovskite sont réputées pour être légères, bon marché et très efficaces, mais elles souffrent d’une instabilité plus marquée que les panneaux au silicium. Cette fragilité limite leur diffusion industrielle, malgré des progrès fulgurants ces dix dernières années. En isolant chimiquement la perovskite de sa couche de contact, la nouvelle approche s’attaque directement à la principale cause de pertes de performance et de dégradation en conditions réelles.

Ce qui change dans l’architecture

Les chercheurs ont déposé une couche moléculaire fluorée extrêmement mince, proche d’un film monomoléculaire, à l’interface perovskite/C60. Cette couche agit comme un revêtement de type “Teflon”:

  • elle forme une barrière chimique qui empêche la formation de défauts,
  • elle maintient une connexion électrique efficace,
  • elle homogénéise et densifie la couche de C60, la rendant plus compacte et uniforme,
  • elle limite les états pièges et les pertes d’énergie aux interfaces, là où se jouent les performances des cellules minces.
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Cette ingénierie d’interface ne modifie pas le cœur actif de la cellule; elle optimise le point le plus sensible: la frontière entre matériaux.

Résultats et endurance mesurés

  • Les cellules atteignent un rendement d’environ 27 % et conservent ce niveau après environ 1 200 heures de fonctionnement continu, soit l’équivalent d’une année d’ensoleillement naturel.
  • À titre de comparaison, des échantillons de référence sans la couche fluorée ont perdu près de 20 % de performance en seulement 300 heures.
  • En tests sévères de vieillissement thermique, les dispositifs ont résisté à environ 1 800 heures à 85 °C (185 °F).
  • Ils ont également passé 200 cycles thermiques entre -40 °C et 85 °C sans chute notable de rendement, signe d’une robustesse mécanique et d’un transport de charge plus réguliers.

Ces observations montrent que la stabilisation interfaciale peut se traduire par des gains tangibles, aussi bien en laboratoire qu’en protocole d’endurance.

Qui porte ces travaux

La recherche est dirigée par le Helmholtz-Zentrum Berlin (HZB), centre de référence pour les matériaux énergétiques, en collaboration avec des équipes en Chine, Allemagne, Suisse et Italie. Les chercheurs soulignent que l’idée d’utiliser des molécules de type Teflon pour créer un film intermédiaire remonte à des travaux antérieurs menés dans des laboratoires pionniers de la perovskite. L’étude rassemble ainsi des expertises complémentaires en chimie des interfaces, physique des semi‑conducteurs et fiabilité.

Ce que cela ouvre pour l’industrie

  • Cette stratégie d’interface est compatible avec les procédés de dépôt minces et pourrait être scalée sur de grandes surfaces.
  • En renforçant la durabilité, elle rapproche la perovskite des exigences de certification, de banquabilité et d’assurance nécessaires au marché.
  • Les applications vont des toitures résidentielles aux dispositifs flexibles, en passant par les tandems perovskite–silicium, où chaque gain d’interface peut améliorer l’ensemble du module.
  • À mesure que les rendements approchent les 30 %, le facteur décisif devient la longévité en conditions réelles; la couche fluorée contribue précisément à combler ce fossé.
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Référence scientifique

Les résultats sont publiés dans la revue Nature Photonics (DOI: 10.1038/s41566-025-01791-1), avec un descriptif détaillé des protocoles, matériaux et tests de fiabilité.

À propos de l’autrice

Basée à Skopje (Macédoine du Nord), elle publie régulièrement sur les batteries, l’éolien, le transport maritime durable et les innovations énergétiques. Ses articles sont parus, entre autres, dans le Daily Mail, le Mirror, le Daily Star, Yahoo, NationalWorld, Newsweek et Press Gazette. Lorsqu’elle n’explore pas les prochaines avancées scientifiques, elle voyage, découvre de nouvelles cultures et apprécie la gastronomie — idéalement avec un bon vin.

FAQ

Qu’est-ce qu’une perovskite et pourquoi est-elle prometteuse ?

Les perovskites sont une famille de matériaux cristallins capables d’absorber très efficacement la lumière. Elles se déposent en couches minces à basse température, ce qui promet des coûts de production plus faibles et des supports légers ou flexibles.

La couche fluorée complique‑t‑elle la fabrication à grande échelle ?

Non, l’approche s’intègre aux procédés de revêtement minces déjà utilisés en industrie. Le défi portera surtout sur le contrôle d’uniformité à grande surface et le choix des solvants, mais la nature ultrafine du film facilite son intégration.

Quid de l’environnement (composés fluorés et plomb) ?

Les films fluorés sont très minces et utilisés pour stabiliser l’interface. Comme pour toutes les perovskites au plomb, il faut des encapsulations fiables et des filières de fin de vie pour éviter les fuites. L’industrie travaille sur des barrières améliorées et des protocoles de recyclage.

Quand ces cellules pourraient‑elles arriver sur les toits ?

Si les performances se confirment en extérieur et après certification, des produits pilotes pourraient émerger en quelques années. Le calendrier dépendra des tests de fiabilité longue durée et de l’acceptation industrielle.

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Cette technique convient‑elle aux tandems perovskite–silicium ?

Oui, en principe. En améliorant l’interface de la cellule supérieure en perovskite, on peut réduire les pertes et renforcer la stabilité des tandems. Des ajustements optiques et électriques seront toutefois nécessaires selon l’empilement choisi.