Énergie

Oubliez les éoliennes : en Norvège, une aile volante de 600 kW révolutionne l’énergie propre

Oubliez les éoliennes : en Norvège, une aile volante de 600 kW révolutionne l’énergie propre

La Norvège met de côté les éoliennes classiques et se souvient d’une idée venue des États‑Unis: un cerf‑volant capable de produire 600 kW, imaginé pour bouleverser les règles des énergies propres. Même si Google/Alphabet a arrêté le projet Makani en 2020, il reste dans les mémoires comme une tentative audacieuse d’obtenir de l’électricité renouvelable à moindre coût.

De la Californie au large de la Norvège: naissance d’une éolienne volante

À l’origine, une bande de kitesurfeurs californiens se dit qu’un cerf‑volant peut servir à autre chose qu’à glisser sur les vagues. Leur intuition: les vents d’altitude sont plus forts et plus réguliers que ceux captés par les mâts d’éoliennes classiques. De là naît l’idée d’un système aérien qui vole en boucle pour extraire l’énergie du vent, puis renvoie cette énergie au sol par un câble.

Plus tard, la technologie est testée au large des côtes norvégiennes, avec le soutien de Shell, pour démontrer qu’un cerf‑volant peut opérer là où les turbines fixées au fond marin peinent à s’implanter. L’intérêt est double:

  • accéder à des vents plus puissants en altitude;
  • s’installer dans des zones où l’infrastructure lourde est impossible ou trop coûteuse.
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Comment fonctionne une éolienne qui vole

La machine phare, la M600, ne ressemble pas à une éolienne traditionnelle. Elle décolle verticalement grâce à ses rotors, puis, une fois à environ 300 mètres d’altitude, passe en vol transversal (crosswind): elle décrit des arcs rapides, et ses rotors, entraînés par le vent, actionnent un générateur. L’électricité produite descend le long d’un câble conducteur jusqu’à une station au sol ou à bord d’un navire.

L’ensemble est piloté par des capteurs et un logiciel de guidage qui ajuste en continu la trajectoire pour rester dans le cœur du vent. Par rapport à un mât d’éolienne, le système utilise moins de matériaux, promet une maintenance allégée et peut être déployé sur des sites où le fond marin profond ou les contraintes logistiques rendent les turbines classiques impraticables.

Pourquoi Alphabet a tiré un trait

Sur le papier, la promesse était forte: une énergie propre, potentiellement moins chère qu’avec les turbines conventionnelles. Dans la pratique, le chemin vers une solution commerciale s’est révélé long: fiabilité par tous temps, sécurité aérienne et maritime, opérations offshore, assurance, certification, et besoin de capitaux importants sur plusieurs années.

En 2020, Alphabet met fin au programme, jugeant le délai et les ressources nécessaires trop élevés. Cette décision n’invalide pas la viabilité scientifique du concept: l’équipe publie la collection The Energy Kite Collection (données de vol, plans, méthodes) pour permettre à d’autres ingénieurs et chercheurs de reprendre le flambeau.

Un héritage qui dépasse un prototype

Le projet Makani a popularisé l’éolien aéroporté, une famille de technologies qui cherchent à capturer l’énergie du vent avec des systèmes légers, pilotés, et capables d’atteindre des couches d’air plus stables. Il a aussi montré que la réduction de matières premières et la modularité peuvent changer la donne en mer comme sur terre.

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Même si la M600 ne vole plus, l’idée d’un cerf‑volant de 600 kW continue d’inspirer: elle rappelle qu’il est possible de produire de l’électricité avec peu de ressources matérielles, en exploitant mieux le vent là où il est le plus généreux.

Ce que Makani a prouvé, en clair

  • Un système volant peut capter des vents plus forts que ceux atteignables par un mât.
  • Le déploiement est envisageable dans des zones où l’éolien classique est bloqué.
  • La commande par logiciel et capteurs permet un suivi fin de la trajectoire.
  • Le passage à l’échelle industrielle reste un défi qui demande temps, normes et financements.

Une légende utile à revisiter

Makani n’est plus un produit Google, mais demeure une référence: un projet qui a ouvert la voie, partagé ses connaissances, et montré qu’une éolienne volante de 600 kW n’est pas de la science‑fiction, mais une piste réaliste pour l’énergie propre du futur.

Note importante

Notre traitement est informatif et descriptif. Il ne constitue ni conseil en investissement, ni recommandation.

FAQ

Qu’appelle‑t‑on “éolien aéroporté” ?

C’est l’ensemble des technologies qui récupèrent l’énergie du vent avec des systèmes volants (cerfs‑volants, ailes, drones) reliés au sol par un câble. L’objectif est d’atteindre des vents plus rapides et stables en altitude, avec moins de structure fixe.

Quels sont les avantages potentiels par rapport aux éoliennes classiques ?

  • Moins de matériaux (pas de grand mât ni de fondations massives).
  • Accès à des sites difficiles (fonds marins profonds, zones isolées).
  • Possibilité d’installation et de transport plus rapides avec des moyens légers.
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Quels sont les principaux défis à surmonter ?

La fiabilité par gros temps, la sécurité (aérienne et maritime), la certification, la maintenance en mer, et l’intégration au réseau sont des points clés. Il faut aussi des campagnes d’essais longues pour valider les performances.

Où une éolienne volante serait‑elle particulièrement utile ?

En offshore profond, sur des îles, pour des sites temporaires (bases ou chantiers), ou comme complément à des parcs éoliens existants afin d’élargir la plage de vent exploitée.

Le bruit et l’impact sur la faune sont‑ils comparables à ceux des turbines ?

Les systèmes aéroportés sont généralement plus discrets au sol et n’ont pas de mât. L’évaluation de l’impact sur les oiseaux, les chauves‑souris et la vie marine reste toutefois nécessaire au cas par cas, comme pour tout projet éolien.