Énergie

Le Liban plongé dans le noir : effondrement total du réseau électrique

Le Liban plongé dans le noir : effondrement total du réseau électrique

Coupure générale du réseau

Le pays a connu une panne totale d’électricité lorsque ses deux principales centrales sont tombées à l’arrêt faute de carburant. Depuis des mois, les foyers n’avaient déjà droit qu’à quelques heures de courant par jour. L’épuisement du diesel a provoqué l’arrêt complet du réseau national et le retour à la normale pourrait prendre plusieurs jours.

Ce qui s’est passé

  • Le réseau reposait surtout sur deux sites clés. Quand leurs réserves ont été épuisées, l’équilibre fragile du système a cédé.
  • Les coupures partielles étaient devenues la norme; cette fois, la panne a touché l’ensemble du pays, sans électricité de secours suffisante pour stabiliser la demande.
  • Les habitants, déjà habitués aux coupures planifiées, se retrouvent sans alimentation électrique fiable pour la réfrigération, l’eau pompée, les ascenseurs, les commerces ou l’accès à internet.

Réponse immédiate des autorités

Les autorités tentent de sécuriser du carburant d’urgence auprès de l’armée et d’autres stocks publics ou privés, afin d’alimenter provisoirement le réseau. L’objectif est de tenir jusqu’à la réception et la distribution d’un envoi de pétrole en provenance d’Irak. Les priorités d’alimentation concernent les hôpitaux, les systèmes de pompage d’eau, les télécommunications et certains services municipaux.

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Une crise qui dépasse l’électricité

La panne s’inscrit dans une crise économique et institutionnelle de longue durée. L’effondrement du système bancaire en 2019 a fait basculer une grande partie de la population dans la pauvreté. La Banque mondiale a classé cette débâcle parmi les pires des 150 dernières années.

Pendant des décennies, le pays n’a pas réussi à assurer un approvisionnement 24 h/24. La combinaison de corruption, de mauvaise gestion, d’investissements insuffisants dans les infrastructures et de pertes techniques a affaibli le réseau. Résultat: une dépendance accrue aux générateurs privés, coûteux et polluants, qui ne peuvent pas couvrir tous les besoins, surtout en cas de pénurie de carburant.

Vivre avec quelques heures de courant

Même lorsque l’électricité revient par intermittence, elle suffit tout juste à couvrir des besoins essentiels pendant une courte durée: recharger les téléphones, faire tourner un réfrigérateur, pomper un peu d’eau, ou effectuer des tâches ménagères urgentes. Cette intermittence perturbe la santé (conservation des médicaments, fonctionnement des équipements médicaux), l’éducation (cours à distance, révision), et l’économie (commerce, artisanat, services). Les responsables reconnaissent que cette situation est intenable: quelques heures aident, mais ne remplacent pas un service continu.

Et après ? Pistes et incertitudes

  • Approvisionnement: garantir un flux régulier de carburant à court terme pour redémarrer les centrales et stabiliser le réseau.
  • Réparations et optimisation: remettre en service les unités à l’arrêt, réduire les pertes techniques, planifier des coupures maîtrisées et transparentes le temps de rééquilibrer l’offre et la demande.
  • Réformes: améliorer la gouvernance du secteur, publier des comptes clairs, lutter contre les fraudes et sécuriser des contrats d’énergie durables.
  • Diversification: accélérer des solutions renouvelables (solaire sur toits, mini-réseaux), qui, sans tout régler immédiatement, peuvent réduire la dépendance au diesel et améliorer la résilience locale.
  • Calendrier: sans carburant suffisant et sans réformes, le risque de blackouts répétés reste élevé. Un rétablissement solide exigera du temps, des financements et une coordination étroite entre l’État, les municipalités et les partenaires internationaux.
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FAQ

Pourquoi le carburant manque-t-il autant ?

La crise des devises complique l’achat d’hydrocarbures à l’étranger. Les subventions et les distorsions de prix ont encouragé gaspillage et contrebande, tandis que les réserves stratégiques sont limitées et coûteuses à reconstituer.

Comment les hôpitaux s’organisent-ils pendant la panne ?

Les hôpitaux s’appuient sur des générateurs, priorisent les urgences et reportent certains actes non critiques. Leur principal défi est d’obtenir assez de diesel pour maintenir les équipements vitaux.

Les énergies renouvelables peuvent-elles aider rapidement ?

À court terme, elles ne remplaceront pas tout le réseau, mais des installations solaires décentralisées, avec batteries, peuvent soutenir des bâtiments publics, des cliniques, des écoles et des commerces, réduisant la pression sur le système.

Que peuvent faire les ménages pour tenir ?

Rationner l’usage (réfrigération, éclairage LED, charge des appareils), mutualiser des générateurs au niveau de l’immeuble ou du quartier si c’est sûr et abordable, et envisager de petites solutions solaires pour l’éclairage et la recharge.

Quand un retour à la normale est-il réaliste ?

Tout dépend de l’arrivée régulière du carburant, de la réhabilitation des centrales et de réformes crédibles. Sans ces éléments, seule une amélioration partielle et instable est à prévoir à court terme.