Énergie

Un agriculteur alimente une opération de minage de Bitcoin grâce au biogaz issu du fumier de vache

Un agriculteur alimente une opération de minage de Bitcoin grâce au biogaz issu du fumier de vache

Un secteur du numérique très gourmand

Le minage de Bitcoin s’appuie sur des rangées de machines qui calculent sans relâche. Résultat : une consommation d’électricité énorme, au point de dépasser celle de certains pays. Dans un contexte de crise climatique, cette dépense d’énergie alimente les critiques contre les cryptomonnaies, accusées d’alourdir l’empreinte carbone mondiale.

Une ferme galloise qui change la donne

En Pays de Galles, la ferme de Philip Hughes a choisi une voie inattendue pour alimenter ses machines : récupérer le méthane issu de la décomposition des déjections bovines et s’en servir comme source d’énergie. Plutôt que d’utiliser des combustibles fossiles, l’exploitation transforme ses déchets en électricité pour faire tourner ses équipements de minage. L’idée est simple : valoriser un gaz qui, autrement, s’échapperait dans l’atmosphère.

D’où vient l’électricité ?

Le fumier en se décomposant libère du méthane, un gaz très inflammable. Ce gaz est capté puis brûlé dans un moteur (du type gros six-cylindres) qui entraîne un générateur. L’électricité produite alimente les ordinateurs dédiés au minage. Ce n’est pas un bricolage à faire chez soi : il faut des installations adaptées, des capteurs, des conduites étanches et des dispositifs de sécurité pour gérer un gaz potentiellement dangereux.

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Pourquoi brûler le méthane peut aider

L’objectif n’est pas de faire disparaître les émissions, mais de les réduire. Le méthane a, sur cent ans, un pouvoir de réchauffement environ 25 fois supérieur à celui du CO2. En le brûlant, on le transforme en CO2 : on émet toujours un gaz à effet de serre, mais nettement moins puissant que si le méthane était relâché tel quel. Cette stratégie ne remplace pas les énergies renouvelables comme le solaire ou l’éolien, mais elle peut être plus vertueuse que d’alimenter des mines avec des pétroles et gaz issus de sites fossiles.

Une solution imparfaite mais plus intelligente

  • Côté positif : on valorise un déchet, on limite une partie des émissions et on localise l’énergie au plus près du besoin.
  • Côté limites : cela reste une activité énergivore ; tant que le protocole reste inchangé, le minage continuera de réclamer beaucoup d’électricité. Et développer des sources propres en priorité reste la voie la plus durable.

Ce que cela dit de l’industrie

Cette initiative montre que le secteur des cryptos peut évoluer vers des modèles plus sobres, ou au moins moins nocifs. À l’autre extrémité du spectre, certaines opérations de minage s’installent près d’infrastructures fossiles pour profiter d’énergie bon marché, ce qui pose des questions environnementales majeures. Entre ces deux approches, la pression publique et l’innovation joueront un rôle clé pour orienter l’avenir du minage.

Et après ? Les pistes à surveiller

  • L’essor de cryptomonnaies ou de mises à jour de réseau utilisant des mécanismes de validation beaucoup moins énergivores.
  • L’intégration de mix énergétiques plus verts dans les fermes de minage (solaire, éolien, hydraulique).
  • La montée en puissance de la valorisation des déchets agricoles ou industriels pour produire de l’électricité locale.
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FAQ

Le minage alimenté au fumier élimine-t-il toutes les émissions ?

Non. La combustion du méthane produit du CO2. L’intérêt est de remplacer un gaz très puissant (méthane) par un gaz moins puissant (CO2), ce qui réduit l’impact global, sans le supprimer.

Quelle échelle faut-il pour que ce soit viable ?

Il faut une quantité de déchets organiques suffisante pour fournir un flux de méthane stable et un générateur dimensionné en conséquence. En pratique, ce modèle devient pertinent pour des fermes avec un cheptel significatif et une consommation continue d’électricité.

Est-ce dangereux de manipuler du méthane ?

Le méthane est inflammable ; des installations professionnelles, des détecteurs, des soupapes de sécurité et une ventilation adéquate sont indispensables. Les systèmes sérieux sont conçus pour fonctionner de manière sécurisée et contrôlée.

Pourquoi ne pas passer à des cryptos moins énergivores ?

Certains réseaux utilisent des mécanismes de consensus beaucoup plus sobres que le minage traditionnel. À impact égal, privilégier ces solutions réduit fortement la consommation d’électricité et les émissions associées.

Peut-on revendre l’électricité produite au réseau ?

Selon la réglementation locale, il est parfois possible d’injecter le surplus sur le réseau ou de conclure des contrats spécifiques. Toutefois, beaucoup d’exploitations préfèrent autoconsommer pour maximiser la valeur et éviter les coûts d’interconnexion.