Énergie

Batterie au zinc aqueux : 1 000 cycles grâce à un hydrogel d’origine végétale

Batterie au zinc aqueux : 1 000 cycles grâce à un hydrogel d'origine végétale

Développement d’un hydrogel à base de cellulose

Une équipe de chercheurs a mis au point un hydrogel durable dérivé de cellulose végétale destinés à résoudre un problème majeur des batteries à ions de zinc : les dendrites. Pendant le processus de charge, des picots métalliques en forme de cristaux, appelés dendrites, se forment souvent. Si ce phénomène n’est pas contrôlé, ces croissances métalliques peuvent traverser la membrane interne de la batterie et provoquer un court-circuit, entraînant une défaillance prématurée en quelques semaines.

Une solution innovante

Pour surmonter cette difficulté, l’équipe de recherche de l’Université de Technologie du Sud de la Chine à Guangzhou a décidé de s’inspirer de la nature. Contrairement aux séparateurs en fibres de verre commercial qui présentent des faiblesses après seulement 120 heures d’utilisation, cet hydrogel organique a résisté à 1 100 heures de cyclage sans perte de tension.

Élaboration de l’hydrogel

La conception de cet hydrogel repose sur une architecture innovante. Les chercheurs ont commencé par dissoudre de la cellulose microcristalline dans un bain de soude et d’urée. Grâce à l’utilisation de borax, ils ont pu assembler les polymères pour former une base solide. Par la suite, cette structure a été renforcée avec des nanofibres d’origine bambou, traitées par oxydation TEMPO. Ces nanofibres, bien que mesurant seulement 3 nanomètres, présentent de nombreux groupes carboxyles, qui permettent d’attirer les ions de zinc comme un aimant chimique.

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Un aspect fascinant de ces nanofibres est qu’elles jouent un rôle double : non seulement elles renforcent l’hydrogel, mais elles agissent également comme des “routes express” qui facilitent le déplacement des ions de zinc à travers la batterie. Grâce à cette avancée, la vitesse de transport des ions est presque doublée par rapport aux matériaux végétaux classiques.

Performance et durabilité

En dépit de son épaisseur d’à peine 1 millimètre et de sa grande transparence, cet hydrogel est extrêmement résistant : il est quatre fois plus solide que la cellulose normale, même lorsqu’il est exposé à des produits chimiques de batteries. Lors de tests comparatifs, les batteries utilisant cet hydrogel ont fonctionné pendant 1 100 heures, tandis que celles avec des séparateurs commerciaux ont échoué après seulement 120 heures. De plus, cet hydrogel résiste à des températures élevées allant jusqu’à 45 °C, surpassant les batteries liquides traditionnelles.

Quand il est intégré dans une batterie, cet hydrogel offre une puissance impressionnante et maintient environ 80 % de sa capacité après 1 000 cycles de charge, surpassant ainsi les électrolytes liquides classiques.

Écologique et économique

L’examen des surfaces des batteries a confirmé les bienfaits de cet hydrogel. Les images de microscopie montrent que les batteries classiques se couvrent de nodules rugueux, tandis que la surface protégée par l’hydrogel reste exceptionnellement lisse. De plus, les matériaux utilisés pour sa fabrication – cellulose, bambou et borax – sont abordables et largement disponibles. Le gel est conçu pour être produit en rouleaux, une méthode semblable à la fabrication de papier, ce qui pourrait réduire les coûts de production à seulement 8 % de ceux d’un séparateur commercial standard.

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Lorsque la batterie atteint sa fin de vie, il n’est pas nécessaire d’avoir recours à des installations de déchets dangereux. Une simple immersion dans une solution enzymatique de cellulase permet de décomposer la membrane en seulement quatre heures.

Un avenir prometteur

La technologie de cet hydrogel est également robuste. Des pochettes de batterie flexibles en utilisant ce gel ont démontré leur efficacité, même lorsqu’elles sont pliées à 90 degrés sous un poids lourds, ce qui les rend parfaites pour les vêtements intelligents et la technologie portable.

Des financements sont en cours en Chine pour des essais à grande échelle, ce qui pourrait permettre à cet hydrogel de quitter le laboratoire et de passer à des lignes de production pilotes, transformant les déchets végétaux en une solution pour des batteries de prochaine génération, plus sûres.

Applications futures

La chimie derrière cet hydrogel ne se limite pas aux ions de zinc. Elle pourrait également être adaptée pour les batteries à sodium ou aluminium, ouvrant la voie à une solution durable pour le stockage d’énergie écologique.

Cette recherche a été publiée dans le Journal of Bioresources and Bioproducts.

FAQ

Qu’est-ce qu’un dendrite dans le contexte des batteries à ions de zinc ?

Les dendrites sont des cristaux de zinc qui se forment sur les électrodes lors de la charge des batteries à ions de zinc, pouvant provoquer des courts-circuits.

Pourquoi cet hydrogel est-il considéré comme plus durable ?

Il est fabriqué à partir de matériaux végétaux bon marché et peut se décomposer facilement, sans nécessiter de processus de destruction dangereux à la fin de sa vie.

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Quels sont les avantages de l’utilisation de nanofibres ?

Les nanofibres renforcent la structure de l’hydrogel tout en facilitant la conduction des ions, ce qui améliore l’efficacité et la longévité des batteries.

Peut-on utiliser ce gel dans d’autres types de batteries ?

Oui, les chercheurs envisagent déjà de l’adapter pour des batteries à sodium et aluminium, ce qui pourrait ouvrir de nouvelles perspectives pour les systèmes de stockage d’énergie écologique.