Des archéologues en Irak ont récemment fait une découverte majeure : deux cylindres en terre cuite portant des inscriptions. Ces objets représentent le premier texte connu faisant état de la restauration d’une ziggourat dans l’ancienne ville de Kish.
Auparavant, les fouilles archéologiques n’avaient révélé que des références à la ziggourat de Kish sur des briques estampées. Cependant, cette nouvelle trouvaille inclut une inscription royale attribuée au plus grand bâtisseur de Babylone, le roi Nabuchodonosor.
Une découverte inédite
Les cylindres, presque identiques, offrent une description détaillée des plans de Nabuchodonosor pour restaurer la ziggourat, initialement construite sous un roi dont le nom reste inconnu. On y trouve des éléments presque mythologiques, où le roi évoque son inspiration divine pour entreprendre cette reconstruction. Il affirme que les dieux Zababa et Ishtar l’ont poussé à achever ce projet, soulignant que le temple était tombé en délabrement.
Les chantiers de Nabuchodonosor sont déjà entourés de légendes, mais ces cylindres apportent le premier témoignage écrit sur l’étendue de ses réalisations, ainsi que ses propres paroles pour expliquer ses motivations, qu’il présente comme étant dues à l’, influence divine.
L’inscription royale
En 2013, des habitants locaux ont remis ces cylindres, en forme de barils, à la Commission des Antiquités et du Patrimoine de l’État irakien. Selon une étude publiée dans la revue Iraq, ils les ont découverts au hasard sur le site de Tell Al-Uhaimir, qui abrite les ruines de l’ancienne Kish.
Les inscriptions sur les cylindres sont structurées en deux colonnes, séparées par une ligne verticale. Dès l’introduction, le roi énonce son titre et évoque certaines de ses œuvres religieuses avant d’aborder le sujet principal. Il narre l’histoire de la ziggourat, signalant qu’elle avait été construite par un roi ancien, puis restaurée par un autre roi. Il se positionne dans cette lignée et détaille son projet, le dédiant aux divinités de la ville, Zababa et Ishtar.
Un spécialiste de cette étude a expliqué à Phys.org que « Zababa est le dieu de la guerre, et sa compagne Ishtar est la déesse de la guerre et de l’amour. La plupart des dieux et de leurs épouses dans l’ancienne Mésopotamie étaient adorés dans le même temple. De plus, Ishtar était vénérée à Uruk comme la déesse principale de la ville et dans plusieurs autres cités. »
La restauration du temple pour les dieux
L’inscription annonce : « … La ziggourat de Kish, qui avait été construite par un roi du passé, avait vu ses murs se déformer. Un roi précédent avait restauré ces murs abîmés, mais avec le temps, la structure s’est de nouveau affaiblie, et les pluies ont emporté sa maçonnerie. »
Cependant, les chercheurs se sont interrogés sur l’absence de mention d’un roi précédent, ce qui les a laissés perplexes. « Il est difficile de dire pourquoi il ne l’a pas mentionné », ont-ils noté.
Néanmoins, il évoque les dieux, affirmant qu’il a « embelli son apparence extérieure et l’a fait briller » pour eux. Il termine son inscription par une prière : « Ô Zababa et Ishtar, regardez ce qui est fait et, par votre commandement exalté, que mes jours soient longs, que je parvienne à un âge avancé, que je triomphe de mes ennemis, et que je les neutralise avec vos redoutables armes. »
Ces cylindres sont décrits comme de véritables capsules temporelles qui conservent les réalisations et la dévotion religieuse des anciens rois.
FAQ
Où se situe la ziggourat de Kish ?
La ziggourat de Kish est située à Tell Al-Uhaimir, en Irak, où des fouilles archéologiques continuent d’explorer les vestiges de cette ancienne cité.
Que représente la ziggourat dans la culture mésopotamienne ?
La ziggourat est souvent considérée comme un symbole religieux, servant de temple et de lieu de culte, où les gens se rendaient pour honorer les dieux.
Quelles autres découvertes ont été faites à Kish ?
D’autres découvertes significatives incluent des sculptures, des tablettes d’argile et divers artefacts illustrant la vie quotidienne et les pratiques religieuses des habitants de Kish.
Qui étaient les dieux Zababa et Ishtar ?
Zababa était le dieu mésopotamien de la guerre, tandis qu’Ishtar, sa compagne, était la déesse de la guerre et de l’amour, ayant une importance particulière dans plusieurs villes, dont Uruk.
Pourquoi la mention du roi précédent est-elle importante ?
La mention du roi qui a précédé Nabuchodonosor pourrait fournir des contextes historiques et culturels additionnels qui enrichissent notre compréhension de la continuité et des changements dans la civilisation babylonienne.
