Residents d’Eastport, dans le Maine, s’opposent à un projet ambitieux qui prévoit l’installation d’équipements de centres de données sous-marins alimentés par des marées. Selon certaines voix locales, cette initiative pourrait mettre en danger les eaux côtières fragiles de la région, ce qui, pour beaucoup, est une question de préservation de l’économie de la pêche et de leur mode de vie.
Que se passe-t-il ?
La société DeepGreen Western Passage SPV LLC, originaire du Massachusetts, a déposé une demande de permis fédéral préliminaire pour un projet novateur comprenant des serveurs IA sous-marins ainsi qu’une infrastructure utilisant l’énergie marémotrice. Ce site est situé près de Kendall Head et de Moose Island.
D’après des documents initiaux divulgués, il est prévu de construire jusqu’à 170 turbines et 34 modules renfermant des serveurs d’intelligence artificielle. Cependant, de nombreux résidents d’Eastport jugent cet emplacement trop sensible en raison de l’importance des zones de pêche et des routes migratoires à proximité.
Le responsable de la ville, Brian Schuth, a souligné que la demande de permis est encore à ses débuts et n’implique pas une autorisation de construction. “Ce n’est pas un feu vert pour construire,” a précisé Schuth, qualifiant cette étape de précaution en attendant des études de faisabilité.
Des résidents comme Deborah Gillespie affirment que cette zone est l’un des corridors migratoires de poissons les plus importants du secteur, tandis que Suellen Hendrix a exprimé sa frustration d’avoir découvert le projet après le dépôt de la demande.
Pourquoi est-ce important ?
Le débat qui se joue à Eastport est emblématique d’un phénomène plus vaste observé dans tout le pays : comment développer les infrastructures technologiques tout en préservant les écosystèmes locaux et en respectant la confiance du public. La pêche, au même titre que l’économie locale, revêt une importance culturelle pour la communauté d’Eastport.
Certains s’interrogent également sur les conséquences potentielles de ces serveurs sous-marins sur la température de l’eau et la biodiversité marine. Même si ces effets ne se matérialisent pas, les résidents estiment qu’il incombe aux promoteurs de démontrer que les eaux resteront saines.
L’enjeu s’inscrit dans une discussion plus large sur l’intelligence artificielle et le réseau électrique. Bien que l’IA puisse améliorer l’efficacité des systèmes d’énergie verte, les centres de données nécessitant énormément d’électricité et de refroidissement pourraient engendrer une hausse de la consommation d’eau et mettre à l’épreuve les systèmes électriques locaux.
Quelles actions sont entreprises ?
Face à la montée des inquiétudes, un comité a été formé pour recueillir des signatures et proposer deux ordonnances. Schuth a indiqué que ces deux propositions avaient atteint le nombre requis de signatures, et des audiences publiques devraient avoir lieu en août. Si le conseil municipal les adopte, cela mettrait un terme à la discussion. Dans le cas contraire, les propositions pourraient être soumises aux électeurs en novembre.
Néanmoins, tous les habitants d’Eastport ne s’opposent pas à l’idée. Gillespie mentionne que certains voient des opportunités économiques en termes de revenus fiscaux potentiels si le projet se concrétise. Pour sa part, Louis Wolfson, membre directeur de DeepGreen, a précisé que le projet était mal interprété comme un projet immédiat. “Un permis préliminaire est simplement une demande nous permettant d’investir dans des études environnementales et d’ingénierie,” a-t-il expliqué. Il a ajouté que la première phase serait limitée à 5 mégawatts et ne s’étendrait que si des données démontrant la neutralité biologique de l’infrastructure étaient établies.
Wolfson a aussi commencé à dialoguer avec les dirigeants de la Nation Wabanaki et des Passamaquoddy pour garantir que toutes les données futures soient examinées avec les communautés locales.
Pour des résidents comme Gillespie, l’enjeu est d’une importance personnelle cruciale. Elle a déclaré : “C’est notre identité.” Hendrix a ajouté : “Nous n’avons pas besoin de cela. Personne ne nous a demandé si cela nous intéressait.”
FAQ
Quel est l’objectif du projet ?
Le projet vise à créer une infrastructure produisant des serveurs d’intelligence artificielle sous l’eau, tout en utilisant l’énergie des marées.
Quelles sont les principales préoccupations des résidents ?
Les résidents craignent des impacts négatifs sur la pêche locale et la biodiversité marine. Ils demandent des garanties sur la sécurité de l’eau.
Que se passe-t-il lors des audiences publiques ?
Les audiences publiques permettent aux résidents d’exprimer leurs opinions et préoccupations concernant le projet avant que des décisions officielles ne soient prises.
Est-ce que tous les habitants sont opposés au projet ?
Non, certains voient des avantages économiques potentiels, tels que des revenus d’impôts qui pourraient en découler.
Qui est impliqué dans le dialogue autour du projet ?
DeepGreen a engagé des discussions avec des membres de la Nation Wabanaki et des dirigeants passamaquoddy pour prendre en compte les perspectives locales.
