Crédit photo : Getty Images
Bryan Johnson, un entrepreneur et investisseur, a pris la décision d’arrêter la prise de **rapamycine**, un médicament qu’il croyait propice à une vie prolongée, en raison d’effets secondaires préoccupants.
Ce retournement de situation met en lumière une tendance parmi les figures influentes de la tech, illustrant que les désirs d’immortalité peuvent parfois précéder les avancées scientifiques.
Que s’est-il passé ?
Âgé de 48 ans, Johnson avait intégré la **rapamycine**, conçue pour maîtriser le système immunitaire et prévenir le rejet d’organes lors de greffes, à son programme médiatisé nommé **Blueprint** en 2019. Au fil des ans, il a expérimenté différentes doses et horaires. Cependant, il a décidé de mettre fin à cette expérience en septembre 2024.
D’après un rapport de **Scientific American**, Johnson a associé le médicament à des infections cutanées récurrentes, des taux de glucose élevés, des lipides sanguins anormaux, ainsi qu’à un rythme cardiaque au repos accru. Dans un message publié sur **X**, il a déclaré : « N’ayant identifié aucune autre cause sous-jacente, nous avons suspecté la rapamycine. Comme les ajustements de dosage n’ont eu aucun effet, nous avons décidé de l’arrêter complètement. »
Cette décision illustre une tendance plus large au sein de la communauté de la longévité à **Silicon Valley**, où des influenceurs et des dirigeants explorent publiquement divers suppléments et interventions avant qu’il n’y ait des preuves cliniques solides. Certains produits perdent ensuite leur popularité.
En mars, **Tim Ferriss** et **Kevin Rose**, un autre investisseur, ont utilisé un podcast pour avertir leurs auditeurs sur des suppléments contenant du **1,3-butanediol**, Ferriss conseillant de « le traiter comme de l’éthanol » et prévenant que « consommer cela tous les jours n’est pas une bonne idée. »
Pourquoi cela a-t-il de l’importance ?
Les conseils de santé partagés par des personnalités connues peuvent avoir un impact considérable, dépassant largement le cercle des ultra-riches. Quand ces influenceurs publient des graphiques de biomarqueurs, des régimes posologiques ou des affirmations concernant l’« âge biologique », ils peuvent faire paraître des traitements non prouvés comme ayant une légitimité rassurante.
Il est crucial de comprendre qu’un médicament disponible, ou même prescrit hors indication, ne signifie pas qu’il soit éprouvé pour ralentir le vieillissement humain. La **Food and Drug Administration** (FDA) a également mis en garde contre les infusions de **plasma jeune**, une autre méthode anti-âge populaire dans les cercles de bien-être élitistes.
Faye Mythen, fondatrice de **Reborne Longevity** à Londres, a qualifié ce phénomène de “problème de phase deux” caché. Elle a noté que de nombreux fondateurs de start-up tech et célébrités participent à des expérimentations sur eux-mêmes, avant que ces pratiques ne soient adoptées par le grand public.
Un autre aspect financier mérite d’être mentionné. Certains influenceurs de la longévité commercialisent leurs propres suppléments, brouillant ainsi les frontières entre expérience personnelle et marketing.
Quelles actions sont mises en place ?
Les scientifiques spécialisés dans le vieillissement ne rejettent pas complètement la recherche sur la longévité. Beaucoup estiment que certaines interventions pourraient finalement s’avérer bénéfiques pour prolonger la vie ou la **durée de vie en bonne santé**, c’est-à-dire les années sans maladies chroniques. Toutefois, ils prônent que ces études soient menées dans le cadre de **essais cliniques contrôlés**, plutôt que sur les réseaux sociaux.
Les études légitimes, y compris celles explorant si des médicaments existants peuvent retarder les maladies liées à l’âge, sont conçues pour répondre à ces questions de manière plus rigoureuse et sécurisée.
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