Une remontée inattendue des baleines grises près de Kodiak
Des nombreuses baleines grises observées autour de l’île Kodiak donnent aux communautés alaskiennes et aux scientifiques marins une lueur d’espoir. Durant l’été 2025, Matt Van Daele, responsable des ressources naturelles de la tribu Sun’aq, s’attendait à apercevoir seulement quelques baleines près de la baie de Pasagshak. Quelle ne fut pas sa surprise de découvrir un groupe bien plus important.
Selon un rapport de KMXT, l’afflux était si conséquent que ça “ressemblait à des cheminées avec toutes les baleines en train de respirer”.
Que s’est-il passé ?
Le phénomène observé a été marquant. Alors qu’en 2024, Matt avait noté environ 20 à 30 baleines grises, il a estimé près de 150 individus cette fois-là, et ce chiffre a grimpé à près de 300 d’ici la fin de la saison. Des signes préliminaires laissent même penser que 2026 pourrait voir des chiffres similaires, si ce n’est plus élevés.
D’autres chercheurs à travers l’Alaska notent des tendances semblables. Lauren Wild, biologiste de recherche à l’Université de l’Alaska Southeast, se souvient qu’étant enfant, à peine “10 ou 15 baleines” venaient se nourrir chaque année. En 2020, cela a radicalement changé. Lors d’une collecte d’œufs de hareng avec une amie, elle a compté quasiment 200 baleines.
Une des raisons évoquées est que ces baleines se dirigent vers des lieux comme Kodiak car leurs zones d’alimentation habituelles dans l’Arctique ne leur offrent plus suffisamment de nourriture. Si elles n’arrivent pas à prendre du poids dans les mers de Bering et de Chukotka, des zones alternatives comme Kodiak gagnent en importance. “Elles sont très intelligentes et s’orientent vers où se trouve la nourriture,” dit Van Daele.
Pourquoi est-ce important ?
Cette modification migratoire arrive à un moment préoccupant pour les baleines grises. Après une remontée de leur population suite à l’interdiction de la chasse, ces animaux font face à de nouveaux défis depuis plusieurs années. Les chiffres le confirment : selon la National Oceanic and Atmospheric Administration, on a recensé 61 échouages de baleines grises sur la côte ouest en 2024, 179 en 2025, et au moins 127 cette année.
Les chercheurs suspectent que le réchauffement à long terme de l’Arctique, lié à un changement climatique, affecte l’écosystème et réduit la disponibilité de proies dans les zones surveillées. John Calambokidis, co-fondateur de la Cascadia Research, a déclaré à KMXT que “l’Arctique a été le théâtre de changements écosystémiques assez dramatiques au cours des dernières décennies.”
L’impact varie d’une région à une autre. Par exemple, dans la baie de San Francisco, les changements ont été associés à des morts dues à la famine et à des collisions avec des bateaux. En revanche, dans certaines parties de l’Alaska, les baleines semblent quitter ces eaux en meilleure condition qu’à leur arrivée, ce qui suggère que certains habitats survivent encore malgré les transformations océaniques.
FAQ
Quelles sont les principales menaces qui pèsent sur les baleines grises aujourd’hui ?
Les principaux défis incluent la dégradation de leur habitat, la reduction de proies alimentaires, ainsi que les impacts du changement climatique sur leur environnement.
Comment les scientifiques étudient-ils les baleines grises ?
Les chercheurs utilisent divers outils, notamment des balises GPS et des observations aériennes, pour suivre les migrations et analyser les comportements des baleines.
Quelle est la durée de vie moyenne des baleines grises ?
Les baleines grises peuvent vivre jusqu’à 70 ans, bien qu’une partie de leur population ne dépasse pas 50 à 60 ans en raison des menaces environnementales.
Quelles initiatives existent pour protéger les baleines grises ?
Différentes lois et organisations travaillent à la protection des baleines grises, notamment des programmes de suivi et des campagnes de sensibilisation pour réduire les nuisances humaines dans les habitats marins.
Quels rôles jouent les baleines grises dans l’écosystème marin ?
Les baleines grises contribuent à la santé des océans en recyclant les nutriments grâce à leurs déjections, aidant ainsi à maintenir un écosystème marin équilibré.
